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 Benedicté signe de croix

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E-M Laugier
Sénéchal


Nombre de messages : 1781
Date d'inscription : 29/08/2006

MessageSujet: Benedicté signe de croix    Mar 24 Aoû - 0:27

Mgr Gaume in Le signe de la croix a écrit:
Pour nous, comme pour nos pères, le signe de la croix, avant et après le repas,
doit être une chose sacrée. Ainsi le commandent la raison, l’honneur, la
liberté.
La raison. Si tu demandes à tes camarades pourquoi ils ne font pas le
signe de la croix avant de prendre leur nourriture, chacun te dira : « Je ne
veux pas me singulariser, en faisant autrement que les autres. Je ne veux
pas me faire remarquer et moquer de moi, en observant une pratique
inutile et passée de mode. »
Ils ne veulent pas se singulariser ! Pour leur honneur, je veux croire
qu’ils ne comprennent pas la valeur des mots. Se singulariser veut dire
se mettre au singulier, s’isoler, ne pas faire comme tout le monde. Dans
ce sens, on peut très bien se singulariser sans être ridicule. Quelquefois
même on est obligé de le faire, sous peine d’être coupable. Au milieu d’un
hôpital de fous, l’homme raisonnable qui fait des actes sensés ; dans un
pays de voleurs, l’honnête homme qui respecte la propriété d’autrui, se
mettent au singulier. Sont-ils ridicules ?
Au sens où le prennent tes camarades, se singulariser veut dire se
mettre au singulier, en faisant une chose qui tranche ridiculement sur les
usages reçus. Reste à savoir si faire le signe de la croix, avant et après le
repas, est se mettre au singulier et s’y mettre d’une manière ridicule.
Nul doute, répondent-ils, puisque c’est faire autrement que les autres.
Mais il y a autres et autres. Il y a les autres qui font le signe de la croix,
et les autres qui ne le font pas. Ainsi, en le faisant, nous ne nous mettons
pas plus au singulier qu’en ne le faisant pas ; nous restons parfaitement
au pluriel. Sommes-nous ridicules ? Pour répondre, il suffit de voir quels
sont les autres qui font le signe de la croix, et les autres qui ne le font pas.
Les autres qui le font, c’est toi, c’est moi, c’est ta respectable famille,
c’est la mienne : et nous ne sommes pas seuls. Derrière nous, autour de
nous, avec nous, sont tous les catholiques vrais, instruits et courageux,
de l’Orient et de l’Occident, depuis dix-huit siècles. Or, nous l’avons vu,
ces catholiques-là forment, ni plus ni moins, l’élite de l’humanité. On est
si peu ridicule de demeurer en pareille compagnie, qu’on se rend parfaitement
ridicule en n’y demeurant pas. Excepté pour les autres qui se
payent de mots et qui voudraient en payer les autres, la proposition est
indiscutable.
Que l’élite de l’humanité ait toujours fait le signe de la croix avant de
manger, rien n’est mieux établi. Les Pères que je t’ai cités, Tertullien, saint
Cyrille, saint Éphrem, saint Chrysostome, ne laissent aucun doute sur
l’universalité de cette religieuse pratique, chez les chrétiens de la primitive
Église.
J’en ajoute quelques autres. « Lorsqu’on se met à table, dit saint Athanase,
et qu’on prend le pain pour le rompre, on fait dessus trois signes de
croix, et on rend grâces. Après le repas, on renouvelle l’action de grâces en
disant trois fois : Le Seigneur bon et miséricordieux a donné la nourriture
à ceux qui le craignent : Gloire au Père, etc. » Saint Jérôme : « Que jamais
on ne se mette à table sans avoir prié, et que jamais on n’en sorte sans
avoir rendu grâces au Créateur. » Saint Chrysostome 4étrit comme ils
le méritent ceux qui se dispensent de cette loi sacrée de la sagesse et de
la reconnaissance : « Il faut prier avant et après le repas. Entendez cela,
pourceaux qui vous nourrissez des dons de Dieu, sans lever les yeux vers
la main qui vous les donne []. »
La bénédiction de la table par le signe de la croix n’était pas en usage
seulement dans les familles et dans la vie civile ; les soldats eux-mêmes,
dans la vie des camps, l’observaient avec une religieuse 3délité. À ce propos,
saint Grégoire de Nazianze rapporte un fait demeuré célèbre.
Julien l’Apostat grati3e ses troupes d’une distribution extraordinaire
de vivres et d’argent. Près de l’empereur est une cassolette allumée. Chaque
soldat y laisse tomber quelques grains d’encens. Les soldats chrétiens
le font comme les autres, sans soupçonner qu’ils se rendaient coupables
d’un acte d’idolâtrie. La distribution terminée, on se réunit pour fêter le
prince.
Au commencement du repas, la coupe est présentée à un soldat chrétien
qui, suivant l’usage, la bénit par le signe de la croix.
Aussitôt une voix
s’élève qui lui crie : Ce que tu fais est en contradiction avec ce que tu viens
de faire. — Qu’ai-je fait ? — As-tu donc oublié l’encens et la cassolette ?
Ne sais-tu pas que tu as fait un acte d’idolâtrie et renié ta foi ?
À ces mots, lui et ses braves compagnons d’armes se lèvent de table,
poussent des gémissements, s’arrachent les cheveux, sortent sur la place,
se déclarent hautement chrétiens, accusent l’empereur de les avoir indignement
trompés, et demandent une nouvelle épreuve pour confesser
leur foi.
L’apostat les fait arrêter, lier, condamner à mort, et conduire au lieu
du supplice.Mais, pour ne pas faire de martyrs, il leur accorde la vie et les
relègue aux frontières les plus reculées de l’empire.


Lorsqu’un prêtre se trouvait parmi les convives, c’est à lui que revenait
l’honneur de faire le signe de la croix sur les aliments.
On regardait la bénédiction de la table comme tellement sainte, que
nous voyons encore, au neuvième siècle, les Bulgares, convertis à la foi,
demander au pape Nicolas Ier, si le simple 3dèle pouvait remplacer le
prêtre dans cette fonction. « Sans aucun doute, répondit le pape ; car il a
été donné à chacun de préserver, par le signe de la croix, tout ce qui lui
appartient, des embûches du démon, et par le nom de Notre-Seigneur de
triompher de toutes ses attaques. »

Les âges suivants ont vu l’usage du signe de la croix, avant et après les
repas, se perpétuer chez les vrais catholiques de l’Orient et de l’Occident :
et tu sais qu’il y subsiste encore.

Nous connaissons les autres qui font le signe de la croix avant de manger. Voyons quels sont les autres qui ne le font pas, et auxquels tes camarades donnent la préférence.
Les païens ne le font pas ; les Poldèves ne le font pas ; les mahométans ne le font pas ; les hérétiques ne le font pas ;
les athées ne le font pas ; les mauvais catholiques ne le font pas ; les catholiques ignorants ou esclaves du respect humain ne le font pas.
Voilà les autres qui ne font pas le signe de la croix, et qui se moquent
de ceux qui le font. De quel côté est la singularité ridicule ?
À ma première lettre, la suite de l’objection...

Pour ma part j'en étais resté à une réponse reçue selon laquelle seul le prêtre pouvait faire le signe de croix sur les aliments. J'en restais à me signer sans plus: comme quoi on en découvre tout les jours.

Merci mon Dieu de nous avoir suscité le génial Mgr Gaume. Je ne serais pas étonné un jour qu'il soit sur les autels ... voir docteur de l'Eglise Catholique.
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