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 Martyr de Frère Poyvet, frère Prêcheur Angevin.

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E-M Laugier
Thèsounours
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Date d'inscription : 29/08/2006

MessageSujet: Martyr de Frère Poyvet, frère Prêcheur Angevin.   Mer 24 Fév - 17:40

toujours dans "Les Victimes du Fanatisme Huguenot", Michel Féretti. pages 61-63

Mais parmi tout ces martyrs il en est un qu'il nous tient à cœur d'évoquer dans cette revue des fils de Saint Dominique; il s'agit de celui du dominicain angevin René Poyvet, tombé sous les coups des huguenots à Angoulême, et qui préfigure, deux siècles avant, le martyre du célèbre Noël Pinot monté à l'échafaud avec ses ornements sacerdotaux, le 21 février 1794, en pleine Terreur. [1]

Théologien réputé et redouté des protestants, Frère Poyvet prêchait le carême à Chartres dans l'église cathédrale quand il apprit les horreurs qui se déroulaient dans la ville: son couvent était pillé et brûlé, plusieurs religieux avaient été sauvagement martyrisés et mis à mort, les autres dispersés. Il revient en hâte à Angoulême.
Sa présence obligea les huguenots à modérer leurs discours. Prenant aussitôt l'offensive, Frère Poyvet invita les protestants à une discussion publique, et en attendant leur réponse il commença à réfuter victorieusement leurs erreurs et leurs mensonges. Furieux de trouver sur leur route une fois de plus ce courageux défenseur de la foi, les hérétiques essayèrent d'abord de l'intimider. Pénétrant un jour dans les ruines du couvent, ils y trainèrent derrière eux Frère Michel Greslet, gardien des cordeliers. L'amiral Coligny en personne présidait la scène. On fit venir Frère Poyvet; après l'avoir accablé d'injures et de menaces on le conduisit à la suite de la victime dans le jardin du couvent où l'on pendit sous ses yeux, à un mûrier, le malheureux gardien des Cordeliers.
On dit que le martyr, apostrophant l'amiral, prononça cette terrible prophétie que la suite des événements n'allait pas tarder à justifier: " Barbare seigneur, vous ne rougissez pas d'imiter la cruauté de Jézabel; eh bien ! sachez-le, viendra un jour où vous serez traité avec la même cruauté; votre cadavre sera foulé au pied et votre sang léché par les chiens". [2] Dans la nuit de la Saint-Barthélémy (24 Août 1572), Coligny sera assassiné dans sa propre maison, son cadavre jeté par la fenêtre, piétiné, trainé par le rues de Paris et pendu au gibet de Montfaucon.

René Poyvet ne fléchit pas. Jeté en prison avec un de ses religieux, le Frère Jean Chauveau, vieillard de soixante-dix ans, il vit bientôt mourir son compagnon, épuisé par la faim et dévoré par les vermines. Trois des plus habiles ministres huguenots tentèrent alors de le faire apostasier en lui offrant de fortes récompenses; Poyvet leur répondit alors en stigmatisant leur bassesse et en cherchant à les ramener à la vraie foi. Dès lors sa mort fut décidée.

Dépouillé de son habit de Prêcheur, nu jusqu'à la ceinture, on le promena sur une charrette à travers la ville. Deux gardes du corps le tourmentaient sans arrêt: " Ces furies d'enfer disaient les contemporains, lui brûlaient les chairs des flancs et de la poitrine avec des tenailles ardentes, tandis qu'un huissier marchant devant la charrette, criaient aux passants: "Voilà le grand prédicateur des faussetés du papisme; voilà celui qui a séduit tant d'âmes, et qui apprenait à paillarder avec la messe (sic)". "
Après avoir été ainsi promené à travers la ville, trompé peut être sur son le sort qui l'attendait et gardant toute sa sérénité, Frère Poyvet réitéra à ses gardiens la demande qu'il avait faite plusieurs fois pendant sa captivité, celle de pouvoir célébrer la sainte messe. On lui répondit par un grand éclat de rire: " Tu veux dire ta messe ? Eh bien; tu vas la dire! "
Ils l'affublèrent de vieux haillons en guise de chasuble, lui mirent en guise d'étole et de manipule des brides de cheval au cour et au bras, et le placèrent, ainsi équipé, sur le pont du faubourg Saint-Cybard, hors les murs de la ville. Un échafaud fut dressé en guise d'autel. Poyvet reçut l'ordre d'y monter et d'y célébrer les mystères du papisme.
Frère René gravit les degrés de cet autel qui allait être celui de son sacrifice; puis, se tournant vers la foule, il lui adressa un discours si pathétique qu'un long frémissement d'approbation s'éleva dans l'assistance. Craignant de voir leur victime leur échapper et un mouvement populaire en sa bourreaux se jetèrent alors sur elle, et après l'avoir assommée à coups de poing, la précipitèrent par dessus le parapet du pont dans les eaux de la Charente. On était au cœur de l'été, le lit de la rivière était à peu près desséché, le corps se brisa sur les cailloux. Comme il respirait encore, ses bourreaux l'achevèrent d'un coup de mousquet; c'était le 6 août 1568. La pape Pie V se fit raconter les moindre détails de ce martyre dont le dominicain Frère Nicolas écrivit le récit. Et le chapitre général de Rome (1569) voulut conserver le souvenir de ce glorieux défenseur de la foi.


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[1]: Le récit qui suit est extrait du livre du père J.-D. Levesque O.P., L'Ancien couvent des frères Prêcheurs d'Angers, Paris, Cerf, 1961, pages 108-110.

[2]: Tel fut le châtiment de la reine Jézabel: 1 R 21,24 et 2 R 9,34-37. (NDLR.)
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