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 Mgr Gherardini: supplique au Saint-Père (concile)

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JCMD67
Chevalier


Nombre de messages : 593
Date d'inscription : 11/02/2009

MessageSujet: Mgr Gherardini: supplique au Saint-Père (concile)   Mer 23 Déc - 21:50

Mgr Gherardini: supplique au Saint-Père (concile)

http://www.gloria.tv/?media=29444

http://www.gloria.tv/?media=29443

Exclusif : Extraits du Concile Œcuménique Vatican II, un débat à ouvrir par Mgr Brunero Gherardini





http://www.dici.org/?p=13500
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MessageSujet: Re: Mgr Gherardini: supplique au Saint-Père (concile)   Lun 28 Déc - 18:03

Quelques éléments de réflexion...


Source:

http://www.phpbbserver.com/lelibreforumcat/viewtopic.php?t=4272&mforum=lelibreforumcat

"Pluchon":

"Un ami me communique les réflexions suivantes":

1. Mgr Gherardini insiste sur le fait qu'en soi les actes du concile Vatican II (censés venir d'un vrai et légitime concile promulgué par un vrai et légitime pape) exigent minimalement, comme tout acte du magistère authentique (même non infaillible au sens strict), un assentiment religieux, interne ET externe. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ceux qui se camouflent derrière la figure de Mgr Gherardini n'ont (pour l'instant ?) que faire d'un tel assentiment. Ce sont des hypocrites...

2. Mgr Gherardini a, je le crois, tout à fait tort lorsqu'il envisage la possibilité pour un concile de verser dans l'erreur relativement à la foi et aux moeurs, même lorsqu'il n'entendrait pas définir quelles sont la foi et les moeurs. A la suite de Journet, je crois en effet que l'autorité suprême, même lorsqu'elle n'exerce pas le "pouvoir déclaratif" engageant l'infaillibilité au sens strict, jouit néanmoins d'une assistance prudentielle infaillible dans toutes ses actes de destination universelle. Pas plus qu'une loi ecclésiastique universelle ou un rite de l'Eglise, les actes d'un concile oecuménique ne peuvent être préjudiciables à la foi et aux moeurs.

3. Il est absolument faux d'établir une hiérarchie des normes, en matière d'autorité des textes magistériels, en fonction de la titulature desdits documents : de soi, un décret n'a pas plus d'autorité qu'une déclaration par le simple fait qu'il est un décret. Exemple typique : Pie XII règle la question de l'usage des droits du mariage durant les périodes agénésiques au moyen d'un simple discours aux sages-femmes. A contrario, on trouvera des décrets ou des bulles qui ont bien moins d'autorité (en terme de "hiérarchie des normes").

4. Il est faux également d'affirmer que la présence de canons et autres anathèmes soit condition sine qua non de la volonté de définir ("pouvoir déclaratif"). A ce compte-là, on pourrait par exemple considérer comme "non définitif" l'enseignement de Pie XI dans Casti Connubii au motif qu'il n'y a pas d'anathèmes... La Députation de la Foi, en la personne du R.P. Kleutgen, a spécifié le contraire de ce qu'avance Mgr Gherardini, lors du Concile Vatican I : "Dans les décrets, il est nécessaire de distinguer l'interdiction (ou le commandement) de la définition (ou du jugement sur la doctrine). D'abord en effet, l'Eglise définit que telles opinions sont mauvaises ; ensuite, elle les interdit comme telles, et elle établit des peines contre les contumaces. Or, on doit la soumission de l'esprit à l'Eglise qui définit, même si elle n'ajoute aucun précepte. Puisqu'en effet Dieu nous a donné l'Eglise comme mère et maîtresse pour tout ce qui concerne la religion et la piété, nous sommes tenus de l'écouter quand elle enseigne. C'est pourquoi, si la pensée et la doctrine de toute l'Eglise apparaît, nous sommes tenus d'y adhérer, même s'il n'y a pas de définition : combien plus donc si cette pensée et cette doctrine nous apparaissent par une définition publique." (Mansi 53, 330 B)

5. Dans les actes de Vatican II, "jamais aucune définition", mais "au maximum le renvoi à des définitions du passé" ? Ah bon ? Un simple "renvoi" à une "définition du passé" la proposition selon laquelle il y a bel et bien sacramentalité de l'épiscopat (constitution dogmatique Lumen gentium) ? Et de quelle "définition du passé" s'agit-il ? On serait sans doute bien en peine de le préciser... Et le droit à la liberté religieuse n'est-il pas attesté comme "fondé sur la Révélation" ? N'est-il pas là évident que le concile entend manifestement définir que ce droit est à tout le moins nécessairement lié au Donné Révélé (même si la définition n'est pas solennelle) ? Quant à une quelconque continuité avec des "définitions du passés", là aussi on la cherche encore...

Conclusion : Mgr Gherardini cherche à ménager la chèvre et le chou. Manifestement, il semble bien sentir qu'il y a quelque chose de pourri au royaume de Montini... mais là s'arrête tout son courage. Plutôt que de somnambuler une réconciliation des irréconciliables, façon Chémeré ou Le Barroux, on fait non seulement semblant de croire que Vatican II n'a rien voulu définir (même l'Eglise ? même la sacramentalité de l'épiscopat ? même la liberté religieuse ? Allons donc !), mais on somnambule un conditionnement de la fonction définitoire par le recours sine qua non aux anathèmes (en conséquence de quoi exit des pans entiers du magistère infaillible !) et l'on admet implicitement au passage que Jésus-Christ qui "gouverne visiblement et ordinairement son Corps Mystique par son Vicaire sur la terre" (Pie XII dixit, dans Mystici Corporis) – et le Concile n'est rien sans le Pape (ainsi que l'admet Mgr Gherardini par sa référence transparente à la querelle de la collégialité) – que Jésus-Christ donc, par son Vicaire et par son Eglise hiérarchique, puisse donner du poison à nous autres qui sommes ses membres. Rien que de très normal, donc... On appréciera néanmoins un très utile rappel à l'ordre, celui qui concerne le magistère non-infaillible, c'est-à-dire le magistère simplement authentique : il requiert l'assentiment religieux interne et externe. On attend donc sur ce point les ralliés de la onzième heure (ceux de l'IBP... et d'ailleurs !).


Réponse de « EA » :

Citation: "1. Mgr Gherardini insiste sur le fait qu'en soi les actes du concile Vatican II (censés venir d'un vrai et légitime concile promulgué par un vrai et légitime pape) exigent minimalement, comme tout acte du magistère authentique (même non infaillible au sens strict), un assentiment religieux, interne ET externe. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ceux qui se camouflent derrière la figure de Mgr Gherardini n'ont (pour l'instant ?) que faire d'un tel assentiment. bCe sont des hypocrites.../b "

Présomptueux ! Qu'est ce qui fait dire à l'auteur qu'il y aurait un camouflage d'hypocrite ? Un bon point quand même à l'auteur qui admet qu'il y a un magistère authentique non infaillible. Ce n'est pas le cas de tous ici.

"Citation: 2. Mgr Gherardini a, je le crois, tout à fait tort lorsqu'il envisage la possibilité pour un concile de verser dans l'erreur relativement à la foi et aux moeurs, même lorsqu'il n'entendrait pas définir quelles sont la foi et les moeurs. A la suite de Journet, je crois en effet que l'autorité suprême, même lorsqu'elle n'exerce pas le "pouvoir déclaratif" engageant l'infaillibilité au sens strict, jouit néanmoins d'une assistance prudentielle infaillible dans toutes ses actes de destination universelle. Pas plus qu'une loi ecclésiastique universelle ou un rite de l'Eglise, les actes d'un concile oecuménique ne peuvent être préjudiciables à la foi et aux moeurs. "

Il semble qu'ici l'auteur suppose que V2 revêtirait le caractère de l'"autorité suprême". Or c'est précisément ce que nie Mgr Gherardini à la suite de Paul VI.

"Citation: 3. Il est absolument faux d'établir une hiérarchie des normes, en matière d'autorité des textes magistériels, en fonction de la titulature desdits documents : de soi, un décret n'a pas plus d'autorité qu'une déclaration par le simple fait qu'il est un décret. Exemple typique : Pie XII règle la question de l'usage des droits du mariage durant les périodes agénésiques au moyen d'un simple discours aux sages-femmes. A contrario, on trouvera des décrets ou des bulles qui ont bien moins d'autorité (en terme de "hiérarchie des normes")."

Le discours de Pie XII aux sages-femmes a fait autorité, certes. Mais il ne peut pas servir de contre exemple au principe de la hiérarchie des normes. Surtout s'il s'inscrit dans le magistère ordinaire universel semper ubique.

"Citation: 4. Il est faux également d'affirmer que la présence de canons et autres anathèmes est condition sine qua non de la volonté de définir ("pouvoir déclaratif"). A ce compte-là, on pourrait par exemple considérer comme "non définitif" l'enseignement de Pie XI dans Casti Connubii au motif qu'il n'y a pas d'anathèmes... "

L'autorité ne définit pas en matière de moeurs comme elle définit en matière de foi. Ce n'est pas la morale qui pose problème dans V2 mais la foi. Casti Connubbii est un enseignement moral pour lequel aucune définition n'a été faite. Il n'est définitif, en l'espèce, que s'il s'inscrit dans le magistère ordinaire universel. Ce qui semble le cas en cette matière de la morale.

Citation: 5. Dans les actes de Vatican II, "jamais aucune définition", mais "au maximum le renvoi à des définitions du passé" ? Ah bon ? Un simple "renvoi" à une "définition du passé" la proposition selon laquelle il y a bel et bien sacramentalité de l'épiscopat (constitution dogmatique Lumen gentium) ? Et de quelle "définition du passé" s'agit-il ? On serait sans doute bien en peine de le préciser... Et le droit à la liberté religieuse n'est-il pas attesté comme "fondé sur la Révélation" ?

Là, l'auteur fait une faute de raisonnement. Mgr Gherardini dit "au maximum" des renvois. Donc au minimum... rien... pas de renvoi pour ces soi disant "nouveaux dogmes" de l'herméneutique de la rupture. Quant au droit à la liberté religieuse, la déclaration, prétend effectivement qu'il est fondé sur la Révélation. Mais il ne s'agit pas du magistère de l'Eglise, puisque celui ci est infaillible. Or Léon XIII précise bien qu'il faut que ce soit le magistère de l'Eglise qui s'appuie sur la Révélation : Citation: Toutes les fois donc que la parole de ce Magistère de l'Eglise déclare que telle ou telle vérité fait partie de l'ensemble de la doctrine révélée, chacun doit croire avec certitude que cela est vrai

Or Mgr Gherardini exclut une telle possibilité.

Citation: On appréciera néanmoins un très utile rappel à l'ordre, celui qui concerne le magistère non-infaillible, c'est-à-dire le magistère simplement authentique : il requiert l'assentiment religieux interne et externe.

Rappel très utile , effectivement, venant d'un ami de Pluchon à l'attention des sédévacantistes qui croyaient que tout magistère est systématiquement infaillible. Il semble, en ce qui concerne, les discussions théologiques de la FSSPX, que le silence imposé aux parties, respecte cet assentiemment requis.


Réponse de Pluchon:

EA a écrit: Citation: On appréciera néanmoins un très utile rappel à l'ordre, celui qui concerne le magistère non-infaillible, c'est-à-dire le magistère simplement authentique : il requiert l'assentiment religieux interne et externe. Rappel très utile , effectivement, venant d'un ami de Pluchon à l'attention des sédévacantistes qui croyaient que tout magistère est systématiquement infaillible. Il semble, en ce qui concerne, les discussions théologiques de la FSSPX, que le silence imposé aux parties, respecte cet assentiemment requis.

A propos d’assentiment religieux interne et externe, le texte suivant en n’en constitue-t-il pas un beau contre-exemple ? Tout comme le souhait de Mgr Williamson d’envoyer tout V2 à la poubelle. Je ne le lui reproche pas, ni à vous : je pense que ce serait le meilleur sort à réserver à V2. Mais je me jugerais certainement hypocrite si j’osais affirmer conserver envers V2 un quelconque assentiment !

EA a écrit: "Un concile avec le pape à sa tête, réuni de façon extraordinaire au Vatican dans les années 1960, a promulgué en se référant explicitement à la Révélation divine, une doctrine contraire à la Révélation (mineure admise par hypothèse d'école) Tout concile réuni de façon extraordinaire et se référant explicitement à la Révélation divine et avec le pape à sa tête promulgue un dogme relevant de l'infaillibilité de l'Eglise. (majeure) Donc toute définition selon le mode extraordinaire de ce concile est infaillible. Or certains estiment qu'il y a une incompatibilité entre un dogme antérieur et une déclaration de ce concile (DH). Ce qu'un concile de l'Eglise catholique ne peut pas faire. Conclusion : Vatican II n'est pas un concile de l'Eglise catholique. C'est d'ailleurs ce qui ressort de la volonté expresse de concile qui a évité de définir de façon extraordinaire. Dès lors le pape qui a exprimé explicitement sa volonté d'être pape, reste pape. Et c'est l'autorité du concile explicitement reniée par lui-même qui est déchue."

Voici les réponses à vos remarques que vient de m’envoyer mon correspondant :

1. Hypocrisie de ceux qui se revendiquent de Mgr Gherardini ? Sans l'ombre d'un doute... et j'en veux pour preuve EA lui-même ! Mgr Gherardini rappelle à raison que le magistère simplement authentique ("non-infaillible") requiert un assentiment religieux interne et externe. Au point que le défaut d'assentiment équivaut selon Salaverri à une "erreur dans la doctrine catholique". Au point que le défaut (pertinace) d'assentiment équivaut selon Cartechini à un péché mortel de désobéissance, sinon à un péché mortel indirect contre la foi. Excusez du peu... Or Mgr Gherardini soutient que les actes de Vatican II relèvent au moins du magistère simplement authentique. Ceux qui se camouflent derrière Mgr Gherardini peuvent-ils, sans mentir, affirmer qu'ils font montre d'un assentiment interne et externe aux actes du concile Vatican II ? EA, qui est jusqu'à preuve du contraire un contempteur notoire du concile Vatican II, peut-il, sans mentir, affirmer qu'il assentit d'un assentiment religieux interne et externe aux actes du concile Vatican II ? Le principe, vrai, rappelé par Mgr Gherardini, porte condamnation de toute la résistance à Vatican II... dans l'hypothèse où Vatican II est un concile oecuménique, c'est-à-dire un concile promulgué par un vrai et légitime Souverain Pontife.

2. Mgr Gherardini ne nie nullement que Vatican II - comme tout concile oecuménique (supposé) - relève de soi de l'autorité suprême. Mais encore faut-il comprendre ce que signifie "autorité suprême". Il ne s'agit point du degré dans l'exercice de l'autorité usité à tel ou tel endroit de tel ou tel acte du concile. Il s'agit d'une expression désignant le sujet de l'autorité dans l'Eglise. Est l'autorité suprême dans l'Eglise le sujet qui a autorité sur l'Eglise universelle: à savoir premièrement le pape seul, et deuxièmement le pape faisant participer le corps épiscopal de l'autorité sur l'Eglise universelle (il s'agit alors du collège épiscopal : les évêques mais non pas sans le pape). Illustration concernant le pape seul : "Ainsi le pape ne peut pas confirmer un décret doctrinal sans faire usage de son autorité suprême, qui est la sienne propre ; mais il peut le faire sans exercer son autorité et son magistère avec toute sa force possible, car cela a lieu seulement lorsqu'il fait des définitions ex cathedra." Card. J.B. Franzelin, s.j., Tractatus de divina traditione et scriptura - traduction de l'Abbé J.M. Gleize dans son édition du Tractatus de divina traditione - Card. J.B. Franzelin, La Tradition, Courrier de Rome, 2008, p. 166.

Cette autorité suprême, même lorsqu'elle n'engage pas l'infaillibilité proprement dite, et donc même dans son magistère simplement authentique, ne peut être préjudiciable à la foi et aux moeurs : "Dans ce genre de déclarations, la vérité de la doctrine n'est sans doute pas infaillible puisque par hypothèse le magistère n'a pas l'intention d'en donner la détermination. Mais la doctrine est pourtant infailliblement sûre. On parle ici de la sûreté de la doctrine proposée (dans l'absolu ou en raison de certaines circonstances) et aussi de la sûreté subjective, selon qu'il est sûr ou non pour tous les fidèles d'embrasser une doctrine et selon qu'on ne saurait refuser de l'embrasser sans violer la soumission requise au magistère divinement institué." Card. J.B. Franzelin, s.j., Tractatus de divina traditione et scriptura - traduction de l'Abbé J.M. Gleize, p. 164.

3. Concernant le discours de Pie XII aux sages-femmes du 29 octobre 1951, observons ce qui suit :

- Ce simple discours non pas "a fait autorité" (???) mais fait autorité. Hic et nunc. - L'enseignement en question de Pie XII s'inscrit-il dans le "semper et ubique" ? Oui et non. Oui, dans la mesure où ledit enseignement ne s'inscrit pas en discontinuité avec ce que l'Eglise a cru toujours et partout. Mais non, dans la mesure où c'est une question absolument nouvelle qui se pose et que le pape vient trancher. Ce que Pie XII enseigne là n'a objectivement pas été cru toujours et partout par l'Eglise. C'est l'évidence. "Ainsi tel point de doctrine contenu dans la révélation objective peut, à partir d'une certaine époque (lorsqu'il a été suffisamment expliqué et proposé), appartenir aux vérités qu'il faut nécessairement croire de foi catholique : et cependant ce point de doctrine, quoique contenu depuis toujours dans le dépôt de la révélation, n'a pas été cru explicitement, toujours, partout et par tous, et n'avait pas à l'être. Ainsi, bien que les notes énumérées dans le canon de saint Vincent de Lérins démontrent à l'évidence, par leur présence, que la doctrine à laquelle elles s'appliquent est un dogme de foi catholique, elles ne prouvent cependant pas, par leur absence, qu'une doctrine n'est pas contenue dans le dépôt de la foi. ... Le canon est donc vrai au sens affirmatif, mais il ne peut pas être accepté au sens négatif et exclusif." Card. J.B. Franzelin, s.j., Tractatus de divina traditione et scriptura. Où l'on remarque encore une fois que le "semper et ubique" ne peut pas être une condition du magistère infaillible. C'est au contraire la conséquence et la note de l'exercice passé du magistère infaillible, mais non point la note exclusive. - La pseudo objection d'EA est donc nulle et sans portée aucune.

- Ainsi qu'en administre la preuve le discours de Pie XII aux sages-femmes en date du 29 octobre 1951, la "hiérarchie des normes" en terme de degrés d'autorité du magistère n'obéit absolument pas à une pseudo logique de titulature des documents usités (qui sent le nominalisme de pacotille).

4. Réponses à un festival d'énormités.

- EA écrit que "l'autorité ne définit pas en matière de moeurs comme elle définit en matière de foi". Est-ce à dire que dans l'Eglise, l'autorité suprême n'a pas pouvoir de se prononcer en matière de moeurs ? Quelle énormité ! Admettons qu'EA se soit mal exprimé et qu'il ne tienne pas pour une thèse aussi aberrante. Est-ce à dire alors que l'autorité suprême ne peut pas se prononcer avec le même degré d'autorité sur les questions de foi et sur les questions de moeurs ? C'est moins énorme... mais c'est encore une énormité ! - J'en veux pour preuve que, contrairement à ce qu'affirme faussement EA, l'encyclique Casta Conubii est réputée contenir au moins une définition ex cathedra (cf. Dom Nau)... en matière de moeurs ! "En conséquence, comme certains, s'écartant manifestement de la doctrine chrétienne telle qu'elle a été transmise depuis le commencement, et toujours fidèlement gardée, ont jugé bon récemment de prêcher d'une façon retentissante, sur ces pratiques, une autre doctrine, l'Eglise catholique, investie par Dieu même de la mission d'enseigner et de défendre l'intégrité et l'honnêteté des moeurs, l'Eglise catholique, debout au milieu des ruines morales, élève bien haut la voix par Notre bouche, en signe de sa divine mission, pour garder la chasteté du lien nuptial à l'abri de cette souillure, et elle promulgue de nouveau : que tout usage du mariage, quel qu'il soit, dans l'exercice duquel l'acte est privé, par l'artifice des hommes, de sa puissance naturelle de procréer la vie, offense la loi de Dieu et la loi naturelle, et que tous ceux qui auront commis quelque chose de pareil se sont souillés d'une faute grave." Pie XI, encyclique Casti Connubii, 31 décembre 1930. S'il ne s'agit pas là d'une définition ex cathedra, on se demande bien de quoi il peut bien s'agir... et on se demande bien ce qui peut être "définition ex cathedra" si un tel jugement n'en est pas une.

- Nous ne reviendrons pas sur la rengaine "semper et ubique" : complet contre sens d'EA qui prétend que la note "semper et ubique" est condition nécessaire et exclusive du magistère infaillible (cf. infra les explications de Franzelin). Si tel était le cas (absit) le magistère, c'est-à-dire l'Eglise enseignante, serait infaillible au même titre que l'Eglise croyante. Pire encore, le pape serait infaillible au même titre que le particulier EA. Infaillible de fait et non de droit. Un tel faux principe constitue la ruine du magistère infaillible (qui est infaillible d'une infaillibilité de droit).

5. Faute de raisonnement ? Non point. Selon Mgr Gherardini, il n'y a "jamais aucune définition" dans les actes de Vatican II, "au maximum, le renvoi à des définitions du passé". Or, par exemple, Vatican II a prétendu définir la sacramentalité de l'épiscopat. Donc il est faux d'affirmer, comme le fait Mgr G., que dans Vatican II il n'y a tout au plus que des "renvois à des définitions du passé". Et j'ajoute au passage que l'on serait bien en peine, sur tel ou tel sujet, de renvoyer effectivement et ad rem à une définition du passé... lors même que Vatican II en prend le contre-pied. Concernant DH, je suis bien d'accord que Mgr Gherardini exclut apparemment que Vatican II définit que le droit à la liberté religieuse est révélé ou lié à la Révélation. Sauf que les Pères de Vatican II, ainsi qu'EA le reconnaît, définissent bel et bien que "le droit à la liberté religieuse a son fondement dans la dignité même de la personne humaine telle que l'ont fait connaître la parole de Dieu et la raison elle-même". Force est donc de constater que le droit à la liberté religieuse est défini comme nécessairement lié à la Révélation. Sauf à nier que le magistère soit infaillible lorsqu'il déclare qu'une proposition est liée à la Révélation (objet secondaire du magistère infaillible), il faut conclure que l'enseignement de DH relatif au droit à la liberté religieuse relève du magistère infaillible... à moins que DH n'émane pas du collège épiscopal, c'est-à-dire que Paul VI ne soit pas pape. « C’est à double titre qu’une proposition peut relever de la foi : à titre direct et principal, comme les articles de foi ; à titre indirect et secondaire, comme les propositions dont la négation entraîne la corruption de quelque article de foi. Dans les deux cas, de même que la foi est engagée, de même il peut y avoir hérésie. » Saint Thomas d’Aquin, IIa IIæ, q.XI a.2 : Si l’hérésie a proprement comme objet ce qui est de foi "Pour que, dans ces diverses occurrences, le magistère ordinaire et universel soit infaillible, il est nécessaire que son enseignement soit manifestement donné comme appartenant directement ou indirectement à la Révélation chrétienne." Dublanchy, DTC IV, 2195. "Ce magistère s'étend à toute la doctrine de l'Eglise, ainsi que nous l'avons remarqué à plusieurs reprises. Le corps épicopal enseigne infailliblement et le peuple fidèle accepte tous les points obligatoires de la doctrine chrétienne." Vacant, DTC, II, 111. "Nous savons qu'une doctrine nécessairement connexe avec les vérités révélées peut être infailliblement proposée comme "à tenir" par le magistère universel et ordinaire de l'Eglise. " Salaverri, De Ecclesia Christi, n°901.
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de stercore
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MessageSujet: Mgr Gherardini: supplique au Saint-Père (concile)   Lun 28 Déc - 22:20

Comment ose-t-on encore parler de Vatican I et de Vatican II?

En 1870, bien qu'incomplet, il y eut un concile au Vatican, c'est incontestable.

Dans les années 1960, la réunion d'évêques au Vatican, convoquée par Roncalli, ne fut certainement pas un concile. Il est vrai que les actes de cette réunion furent promulgués par Montini et signés par tous les évêques présents (Encore une fois, ces milliers de "pontifes" furent sacrés avec le mandat apostolique!). Malgré la promulgation et les milliers de signatures ignobles, peut-on admettre comme concile œcuménique cette réunion qui par ses actes pervers, rejette l'enseignement de la Sainte Église.

Fort de notre foi, sans attendre, bien que nous n'ayons aucune autorité, rejetons un conciliabule aussi infâme.

de stercore Idea Idea Idea
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E-M Laugier
Sénéchal


Nombre de messages : 1781
Date d'inscription : 29/08/2006

MessageSujet: Re: Mgr Gherardini: supplique au Saint-Père (concile)   Lun 28 Déc - 22:50

de stercore a écrit:
Comment ose-t-on encore parler de Vatican I et de Vatican II?

En 1870, bien qu'incomplet, il y eut un concile au Vatican, c'est incontestable.

Dans les années 1960, la réunion d'évêques au Vatican, convoquée par Roncalli, ne fut certainement pas un concile. Il est vrai que les actes de cette réunion furent promulgués par Montini et signés par tous les évêques présents (Encore une fois, ces milliers de "pontifes" furent sacrés avec le mandat apostolique!). Malgré la promulgation et les milliers de signatures ignobles, peut-on admettre comme concile œcuménique cette réunion qui par ses actes pervers, rejette l'enseignement de la Sainte Église.

Fort de notre foi, sans attendre, bien que nous n'ayons aucune autorité, rejetons un conciliabule aussi infâme.

de stercore Idea Idea Idea

Parfaitement d'accord.

Les propos, écrits ou oraux et tout les actes des apostats ne valent rien et doivent être piétiné.
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MessageSujet: Re: Mgr Gherardini: supplique au Saint-Père (concile)   Aujourd'hui à 5:25

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Mgr Gherardini: supplique au Saint-Père (concile)
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