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 questions d'exégèse

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luernos
Sénéchal


Nombre de messages : 1588
Date d'inscription : 27/08/2006

MessageSujet: questions d'exégèse   Sam 6 Juin - 12:46

Pour Rosalmonte qui s'interroge sur le LFC sur la différence de jours entre les Synoptiques et Saint Jean


[quote]Merci M. l'abbé.

Donc, la différence d'une journée dans les Evangiles n'existe pas vraiment... elle est utilisée par les Saints Evangélistes pour bien faire comprendre à leurs disciples les notions fondamentales.

Ainsi S Mathieu insiste sur le repas pascal pour convertir les Poldèves, et bien montrer que le Christ est la Véritable Pâque qui fait passer de la mort à la vie, tandis que S Jean insiste sur le Christ comme Agneau Immolé pour nos péchés. Est-ce correct[/quote
]



[quote]Calendrier du Nouveau Testament

La majeure partie des auteurs du Nouveau Testament situe les évènements en fonction du calendrier hébreu courant. Parfois font-ils référence au règne de gouvernants étrangers (Lc 3.1). Plus souvent, c'est à partir des grandes fêtes religieuses que sont mentionnées les dates : Pâque, Tabernacles, Pentecôte.
Cela peut parfois poser des problèmes d'interprétation au spécialiste sachant que le calendrier des pharisiens différait un peu de celui des saduccéens.
Plus significatif encore était le calendrier sectaire proposé dans le Livre des Jubilés, qui tentait de faire tomber toutes les fêtes le même jour de la semaine d'une façon permanente. L'année se divisait en quatre quarts de 13 semaines, chaque quart étant divisé en 3 mois de 30 jours, plus un jour supplémentaire à chaque trimestre. L'année commençait toujours un mercredi et jamais aucune fête ne tombait un jour de sabbat. (Demeurait cependant mystérieuse la façon dont on pouvait réharmoniser une année de 364 jours avec le cycle inexorable des saisons au bout d'une génération).
Peut-être la communauté de Qumram avait-elle adopté ce calendrier, sachant que leurs fêtes se célébraient un jour différent de celui observé par le Temple. Il est certain que les pratiques étaient, si ce n'est nombreuses, du moins variées. Ceci nous explique, par exemple, que la dernière Pâque célébrée par Jésus-Christ ne coïncide pas avec la célébration de la Pâque faite au Temple.[/quote
]

C'est mieux que cela, pas seulement un but de rhétorique religieuse, c'est une raison de vérité historique !
C'est le même jour, mais Saint Jean utilise le calendrier sadducéen, et les Synoptiques le calendrier pharisiens. Selon certains exégètes dont je partage l'opinion (J. G-B) , cela atteste que Saint Jean était d'origine sadducéenne, donc cela prouve [entre des dizaines d'autres preuves!] que son Evangile est contemporain à la Vie de Notre Seigneur, contrairement à l'enseignement magistériel de la Secte qui par la bouche de b16 affirme que l'Evangile de Saint Jean aurait inventé dans des cercles gnostiques vers l'an 100.
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Rosalmonte
Ecuyer


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Date d'inscription : 24/03/2009

MessageSujet: Re: questions d'exégèse   Sam 6 Juin - 13:06

Merci infiniement cher ami.

Je manque de temps présentement pour répondre, mais je le ferai très vite!

In Xto.
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N.M.
Chevalier


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MessageSujet: Re: questions d'exégèse   Mar 9 Juin - 18:59

Cher Rosalmonte,

Comme vous, la question relative à la divergence apparente entre saint Jean et les Synoptiques, concernant la Pâque, m'avait laissé quelque peu sur ma faim... avant de trouver une explication apparemment convaincante.

Je reprends quelques unes de mes notes à ce sujet.

Les quatre évangélistes situent la crucifixion un vendredi (Mt., XXVII, 62 ; Mc., XV, 42 ; Lc., XXIII, 54 ; Jn., XIX, 31) et à l’occasion d’une Pâque. Or le mois de Nisan, qui est le mois de la Pâque, débute avec la nouvelle lune, ainsi que les autres mois de l’antique calendrier hébraïque – qui est lunaire – et la Pâque qui est célébrée l’après-midi du 14 Nisan, coïncide avec la pleine lune dudit mois.

Il faut ici régler le problème soulevé par la contradiction apparente entre les Synoptiques et saint Jean. Selon les Synoptiques, la mort de N.S. Jésus-Christ semble advenir le vendredi 15 Nisan, jour de la Pâque , tandis que pour saint Jean, elle semble advenir le vendredi 14 Nisan, veille de la Pâque. Les Synoptiques situent la dernière cène au jour « où l’on immolait la Pâque » (Mc., XIV, 12 ; cf. Lc, XXII, 7), c’est-à-dire au jour où l’on fait l’immolation de l’agneau pascal prescrite pour l’après-midi du 14 Nisan, veille (et commencement) de la Pâque ; la mort de N.S. Jésus-Christ intervient donc le jour suivant, à savoir le 15 Nisan, jour de la Pâque. Saint Jean en revanche situe la mort du Christ « la veille de la Pâque » (Jn., XIX, 14), et avant que les Poldèves aient célébré le rite de l’agneau et mangé la Pâque ; la crucifixion intervient donc le 14 Nisan, et la dernière cène doit être datée du 13 Nisan.

La première remarque que l’on peut formuler – et qui est d’importance – c’est que si la mort de N.S. Jésus-Christ a lieu le 15 Nisan, jour de la Pâque, il devient incompréhensible que les protagonistes Poldèves qui interviennent dans la Passion n’observent pas ce jour-là le repos légal, car le 15 Nisan est un jour rigoureusement férié (nuit et jour compris). Il est donc absolument inconcevable que les ennemis du Christ en viennent à négliger le repas pascal du soir et à violer le repos de la nuit et du jour rigoureusement fériés pour tenir procès. Il est inconcevable qu’une troupe Poldève porte les armes cette nuit-là (Mt., XXVI, 47), qu’on allume un feu dans la maison du grand prêtre en cette même nuit (Lc., XXII, 55), que Simon le Cyrénéen s’en revienne des champs (Mc., XV, 21), que Joseph d’Arimathie achète un linceul (Mc., XV, 46), que les saintes femmes préparent des aromates et des onguents (Lc., XXIII, 56). Bref tout se passe comme si personne ne respectait le repos prescrit, c’est-à-dire, comme si personne n’avait encore mangé l’agneau pascal et célébré la Pâque, personne… sauf N.S. Jésus-Christ et les apôtres ! Ajoutons à cela qu’à peine le Fils a-t-il remis son âme au Père, que Joseph d’Arimathie s’empresse d’ensevelir son corps ce même après-midi, parce qu’au crépuscule commence le repos du sabbat (Mc., XV, 48 et ss.). Mêmement, une fois préparés les aromates et les onguents, les saintes femmes passent inactives le jour du sabbat selon le précepte (Lc., XXIII, 56). Certes, puisque le Christ meurt un vendredi, il n’y a rien que de très normal à ce que tout un chacun s’apprête à observer le repos du sabbat et s’organise en conséquence. Cependant, comment expliquer que ces mêmes personnes observent le repos du sabbat et non pas celui, encore plus rigoureux de la Pâque, qui dépasse de beaucoup le simple sabbat en solennité ? Encore une fois, tout se passe comme si personne n’avait encore mangé l’agneau pascal et célébré la Pâque, pour la bonne raison que le repas pascal aurait lieu au soir de cette journée en voie de s’achever, et que la Pâque aurait lieu le lendemain. Au propre témoignage des Synoptiques, tout se passe comme si la mort de N.S. Jésus-Christ advenait le vendredi 14 Nisan, veille de la Pâque tombant le samedi 15 Nisan (« concomitance » entre le sabbat et la Pâque).

Comment alors expliquer que ces mêmes Synoptiques situent explicitement la dernière cène au jour « où l’on immolait la Pâque » (Mc., XIV, 12 ; cf. Lc, XXII, 7) ? La contradiction apparente entre les Synoptiques et saint Jean « devient » alors une apparence de contradiction inhérente aux Synoptiques. Une nouvelle fois, donnons la parole à G. Ricciotti :

« Dans ce vieux et confus débat les récentes et précieuses études sur les anciens documents rabbiniques ont ouvert une nouvelle voie, qui est peut-être [et même très probablement] la bonne. Nous avons déjà eu l’occasion de relever combien étaient empiriques et incertains les moyens de fixer le calendrier Poldève au temps de Jésus et comment ce calendrier était d’une élasticité à peine concevable pour nous autres, modernes ; eh bien, de cette élasticité pourrait dépendre la divergence [apparente] entre les Synoptiques et Jean, qui consiste à placer le vendredi de la mort de Jésus soit au 14 soit au 15 Nisan. Si ce vendredi était à la fois le 14 et le 15 Nisan – c’est-à-dire si certains Poldèves le tenaient pour le 14 et d’autres pour le 15 – la divergence serait aplanie, parce que les Synoptiques se référeraient aux Poldèves qui considéraient ce vendredi comme le 15 Nisan, tandis que Jean se rattacherait à ceux qui le considéraient comme le 14. »

Giuseppe Ricciotti, Vie de Jésus-Christ, éd. Française Payot, 1954, p. 593.

Et précisément, au temps de N.S. Jésus-Christ, on découvre que l’une des nombreuses controverses qui font rage entre Pharisiens et Saducéens tient à la datation annuelle de la fête de la Pentecôte, et conséquemment à la datation de la Pâque. La caste sacerdotale et saducéenne, qui domine le Temple, soutient que la Pentecôte doit toujours se célébrer le dimanche ; comme les 50 jours d’intervalle entre la Pâque et la Pentecôte se calculent à partir de l’octave pascale où l’on offre dans le Temple la première gerbe d’épis, ils soutiennent que ladite offrande doit toujours se faire le dimanche de l’octave pascale. En revanche, les Pharisiens tiennent que la Pentecôte peut se célébrer n’importe quel jour de la semaine (mais conformément au calendrier lunaire), de telle sorte que l’offrande de la première gerbe d’épis a lieu n’importe quel jour, exactement 50 jours avant la Pentecôte, mais de telle sorte, également, que ladite offrande ait lieu le lendemain même de la Pâque, c’est-à-dire le 16 Nisan.

En effet, il est de tradition que l’offrande de la première gerbe d’épis ait lieu le 16 Nisan (le lendemain même de la Pâque). Compte tenu de cette tradition vénérable, et compte tenu de la fixation de l’offrande de la première gerbe un dimanche (en raison de la Pentecôte tombant nécessairement un dimanche), les Saducéens s’arrangent, par des subterfuges de calcul) à faire advenir la Pâque (15 Nisan) un samedi, de telle sorte que le 16 Nisan (offrande de la première gerbe) ait lieu le lendemain (tradition vénérable) un dimanche (« thèse saducéenne »).

- Si le 15 Nisan tombe normalement un samedi, il n’y a aucune difficulté.

- En revanche, si le 15 Nisan tombe normalement un vendredi, il faut, au moyen d’un « arrangement » avec les calculs lunaires, reculer le calendrier d’un jour pour fixer artificiellement le lendemain, c’est-à-dire le samedi, le 15 Nisan (la Pâque) : samedi qui est en réalité le 16 Nisan.

- Si le 15 Nisan tombe normalement un dimanche, il faut, toujours au moyen d’un « arrangement » avec les calculs lunaires, avancer le calendrier d’un jour pour fixer artificiellement la veille, c’est-à-dire le samedi, le 15 Nisan (la Pâque) : samedi qui est en réalité le 14 Nisan.

En revanche, si le 15 Nisan tombe normalement un lundi, un mardi, un mercredi ou un jeudi, en principe il n’y a pas d’ « arrangement », et dès lors la Pâque est bien célébrée le 15 Nisan « réel ». Cependant, dans cette configuration, il y a entorse à la tradition, puisque l’offrande de la première gerbe a lieu le dimanche dans l’octave, et non pas le 16 Nisan (c’est-à-dire ni le 16 Nisan « réel », ni le 16 Nisan « artificiel »).

Cependant, les Pharisiens ne se plient en aucune façon aux « arrangements » des Saducéens, et célèbrent toujours la Pâque le 15 Nisan « réel », pratiquant l’offrande de la première gerbe le lendemain – 16 Nisan – et célébrant la Pentecôte exactement 50 jours plus tard, de telle sorte que Pharisiens et Saducéens ne concordent en tout (Pâque, première gerbe et Pentecôte) que si le 15 Nisan « réel » tombe un samedi. Ainsi, dans les autres occurrences, Pharisiens et Saducéens divergent dans la célébration de la Pâque. La caste aristocratique a tendance à suivre la caste sacerdotale qui a elle-même tendance à suivre les Saducéens. La masse du peuple a tendance à suivre les Pharisiens. À Jérusalem, compte tenu de la proximité du Temple et de la domination des Saducéens au sein de la caste sacerdotale, on a tendance à suivre les Saducéens. Cependant, il ne doit sans doute pas manquer de « biritualistes » qui en viennent à choisir alternativement selon la commodité ou selon leurs convenances. Il en résulte une espèce d’état de « schisme » pratique dans la célébration de la Pâque.

Concernant la dernière Pâque de N.S. Jésus-Christ, les choses peuvent donc s’expliquer de la manière suivante :

- Le 15 Nisan « réel » tombe un vendredi ;

- Par conséquent, c’est au jeudi que les Pharisiens fixent le 14 Nisan et célèbrent le repas pascal au soir de ce jeudi ; N.S. Jésus-Christ et les apôtres célèbrent le repas légal de l’agneau – et la Pâque nouvelle – en ce 14 Nisan « réel » ; dès lors, c’est bien le 15 Nisan « réel », jour de la Pâque, que l’Agneau de Dieu est immolé en croix ; voici le calendrier « réel » suivi par les Pharisiens, N.S. Jésus-Christ et les Synoptiques ;

- En revanche, les Saducéens – dominants au sein du Sanhédrin qui juge N.S. Jésus-Christ – reportent « artificiellement » le 14 Nisan au vendredi et célèbrent le repas pascal ce vendredi soir (voilà pourquoi la crucifixion de N.S. les presse tant) ; dès lors la Pâque (15 Nisan) est reportée « artificiellement » le lendemain, samedi (c’est ce qui explique que les saintes femmes viennent au tombeau le dimanche, et non le samedi, censément jour de la Pâque (ce qui repousse au lendemain – dimanche – une telle démarche) ; voici le calendrier « artificiel » fixé par les Saducéens, suivi par les juges de N.S. et par la population de Jérusalem, calendrier « artificiel » dont saint Jean se fait l’écho.

N.M.


Dernière édition par N.M. le Mer 10 Juin - 9:33, édité 1 fois
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Rosalmonte
Ecuyer


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MessageSujet: Re: questions d'exégèse   Mer 10 Juin - 1:49

Magnifique!

Deo Gratias!!!

Merci très très très beaucoup, cher NM! Voilà qui répond à toutes mes questions.

In Xto!
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MessageSujet: Re: questions d'exégèse   Aujourd'hui à 7:55

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