Gesta Dei Per Francos

Regnum Galliae, Regnum Mariae !
 
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 Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...

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Melchisédech
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MessageSujet: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Lun 2 Mar - 0:51

Je profite du Carême pour lire ou relire des textes édifiants. Si vous avez des choses qui vous plaisent ou vous semblent importantes, allez-y, cet espace est aussi pour vous !!!
study
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Melchisédech
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MessageSujet: Re: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Lun 2 Mar - 0:54

Qu'est-ce que l'homme et quels sont ses ennemis? L'homme est un roseau, et un roseau naturellement incliné vers le mal. La nature entière, révoltée contre lui, semble liguée pour l'écraser. Autour de lui, des myriades d'animaux malfaisants ou incommodes, à la dent meurtrière, ou au venin plus meurtrier encore, attentent nuit et jour à son repos, à ses biens et à sa vie. Au-dessus de lui, le ciel qui l'éclaire, l'air qu'il respire, devenus tour à tour glace ou brasier, mettent la conservation de ses jours au prix de soins fatigants et de précautions continuelles. En perspective lui apparaît, au terme de sa douloureuse carrière, la tombe avec ses tristes mystères de décomposition. En attendant, la maladie sous toutes les formes, avec son innombrable cortège de douleurs plus vives les unes que les autres, l'assiège dès le berceau et le pousse incessamment à l'irritation, au murmure, quelquefois au blasphème et même au désespoir.
Au lieu d'alléger son fardeau, les compagnons de ses périls et de ses labeurs ne servent trop souvent qu'à l'aggraver. La moitié du genre humain semble créé pour tourmenter l'autre. Condamné à cultiver une terre hé rissée d'épines, il mange un pain presque toujours arrosé de sueurs ou de larmes. Comme le forçat, il traîne péniblement, sur le difficile chemin de la vie, la longue chaîne de ses espérances trompées. Aujourd'hui, riche et entouré ; demain, pauvre et délaissé. Son existence physique n'est qu'une succession continuelle de mécomptes, de servitudes humiliantes, de travaux et de douleurs, par conséquent de tentations terribles.
Pendant qu'au dehors tout lutte contre lui, il est obligé de soutenir au-dedans une guerre plus redoutable encore. Enveloppé d'ennemis invisibles, acharnés, infatigables, d'une malice et d'une puissance dont les limites lui sont inconnues, pour comble de danger il porte en lui-même des intelligences nuit et jour attentives à le livrer. Des pièges de toute nature sont tendus à chacun de ses sens, et le bien même lui devient une occasion de chute : tel est l'homme.
Eh bien ! cet être si fragile, si combattu, si exposé à périr que l'épaisseur d'un cheveu, une simple mauvaise pensée, le sépare de l'abîme, luttera pendant soixante ans sans tomber; ou, s'il tombe quelquefois, il se relève, reprend courage et malgré la nature, malgré l'enfer, malgré lui-même, demeure victorieux dans le dernier combat. Repousser l'ennemi n'est qu'une partie de sa gloire. Voyez ce fils de la poussière et de la corruption, prenant l'offensive, et, s'élevant par l'héroïsme de ses vertus, jusqu'à la ressemblance de Dieu; puis, portant la guerre au cœur même de l'empire ennemi, renversant les citadelles de Satan, lui arrachant ses victimes, plantant l'étendard de la croix sur les ruines de ses temples, guérissant ce qu'il avait blessé, sauvant ce qu'il avait perdu et, au prix de son sang joyeusement versé, faisant fleurir l'humilité, la charité, la virginité dans des millions de cœurs, jusqu'alors esclaves de l'orgueil, de l'égoïsme et de la volupté.
Ce spectacle d'un héroïsme que les anges admirent et dont ils seraient jaloux, si la jalousie trouvait accès dans le ciel, n'aurait jamais eu lieu sans la lutte. Grâce à elle, tous les siècles l'ont vu, tous le verront, et, au jour des manifestations suprêmes, les nations assemblées accueilleront par d'immenses acclamations ce magnifique triomphe de la grâce, que Dieu lui-même couronnera d'une gloire éternelle, en faisant asseoir le vainqueur sur son propre trône.


"le Traité du Saint-Esprit".
Mgr Gaume. 1864
P93 et Suiv.
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Dhuoda
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MessageSujet: Re: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Lun 2 Mar - 11:38

La tournure d'esprit pharisaïque *

La lettre et l’esprit
(Saint Luc VI, 6-11)

"Un autre jour de sabbat, Jésus était entré dans la synagogue et enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était paralysée. Les scribes et les pharisiens observaient Jésus afin de voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat ; ils auraient ainsi un motif pour l’accuser. Mais il connaissait leurs pensées, et il dit à l’homme qui avait la main paralysée : « Lève-toi, et reste debout devant tout le monde. » L’homme se leva et se tint debout. Jésus leur dit : « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de la perdre ? » Alors, promenant son regard sur eux tous, il dit à l’homme : «Étends ta main. » Il le fit, et sa main redevint normale. Quant à eux, ils furent remplis de fureur et ils discutaient entre eux sur ce qu’ils allaient faire à Jésus."

-------------------------------
PERSPECTIVES

1. Du point de vue des scribes et des Pharisiens :

Les scribes et les Pharisiens voyaient tout par rapport au cadre de la loi. C’était la loi de Moïse qui était leur critère pour poser un jugement moral, pour décider ce qui était bien et ce qui ne l’était pas. En soi, ce n’était pas mauvais puisque c’est Dieu qui leur avait donné la loi et c’était une bonne chose que de s’y conformer. Toutefois, il y avait quelque chose qui manquait dans leur raisonnement. Il y a de la perversité dans leur pensée, pendant qu’ils observent ce que fera Jésus, le jour du Sabbat, pour cet homme dont la main est paralysée.

2. Du point de vue de Jésus :

Jésus remet la loi de Moïse dans sa véritable perspective. « Je vous demande s’il est permis le jour du Sabbat de faire le bien ou de faire le mal, de sauver une vie ou de la perdre. » La loi n’est pas donnée comme une fin en soi mais dans le but de faire le bien, de sauver une vie. Le but ultime est donc de faire le bien. Le principe négatif qui interdit le travail le jour du Sabbat n’est pas là pour limiter le bien mais pour glorifier Dieu. Dieu est glorifié quand on fait le bien aux malades et aux infirmes. Quand la loi est considérée sous son angle véritable, les actions de Jésus deviennent des occasions de rendre une plus grande gloire à Dieu.

3. La pureté d’intention :

Les scribes et les Pharisiens surveillaient Jésus afin de lui tendre un piège et ainsi d’avoir un motif d’accusation. En suivant la loi, leur intention n’était pas pure. Leur but n’était pas de glorifier Dieu mais de trouver une faille dans l’agissement de leur ennemi. Quand notre intention n’est pas pure, on trouve toujours moyen de contourner la vérité, de pervertir le bien, de façon à ce qu’il nous serve. Nous sommes alors aveuglés par notre intention impure et notre cécité nous conduit à rejeter ce qui est bien et à nous conduire comme les scribes et les Pharisiens qui s’insurgent devant l’action charitable de Jésus.
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* Le pharisaïsme est un courant de la pensée Poldève dont les adeptes sont appelés pharisiens.

Le mot pharisien vient du terme hébreu péroushim (פרושים) qui signifie séparés. Le respect sourcilleux de la Loi Poldève forçait en effet les Poldèves pieux à se séparer de la majorité assimilée au monde gréco-latin pour des raisons rituelles.

Source Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pharisien
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Melchisédech
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MessageSujet: Re: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Lun 2 Mar - 20:55

Dans les siècles intermédiaires entre l'Ancien Testament et la consommation du monde, la mission de punir déléguée au démon n'a jamais été suspendue. Comme preuve, entre mille, citons seulement un fait célèbre dans l'histoire. Nous disons célèbre, puisqu'il a donné lieu à quatre conciles. C'était au siècle de Charlemagne. On faisait une translation solennelle des saints martyrs Pierre et Marcellin. De nombreux miracles s'opéraient sur leur passage ; mais il y en eut un qui étonna plus que les autres. Une jeune fille possédée fut amenée à un des prêtres pour qu'il l'exorcisât. Le prêtre lui parla latin. Quel fut l'étonnement de la foule, lorsqu'on entendit la jeune fille répondre dans la même langue !
Étonné lui-même, le prêtre lui demanda : « Où as-tu appris le latin ? de quel pays es-tu ? quelle est ta famille? » Par la bouche de la jeune fille le démon répondit : « Je suis un des satellites de Satan, et j'ai été longtemps portier des enfers. Mais, depuis quelques années, nous avons reçu ordre, moi et onze de mes compagnons, de ravager le royaume des Francs. C'est nous qui avons fait manquer les récoltes de blé et de vin, et attaqué toutes les autres productions de la terre qui servent à la nourriture de l'homme. C’est nous qui avons fait mourir les bestiaux par différents genres d'épidémies, et les hommes eux-mêmes par la peste et par d'autres maladies contagieuses. En un mot, c'est nous qui avons fait tomber sur eux toutes les calamités et tous les maux dont ils souffrent depuis plusieurs années. »
— Pourquoi, lui demanda le prêtre, une pareille puissance vous a-t-elle été donnée? » Le démon répondit : « A cause de la malice de ce peuple et des iniquités de tout genre de ceux qui le gouvernent. Ils aiment les présents et non la justice ; ils craignent l'homme plus que Dieu. Ils oppriment les pauvres, demeurent sourds aux cris des veuves et des orphelins et vendent la justice. Outre ces crimes, particuliers aux supérieurs, il y en a une multitude d'autres qui sont communs à tous : le parjure, l'ivrognerie, l'adultère, l'homicide. Voilà pourquoi nous avons reçu ordre de leur rendre suivant leurs œuvres.
— Sors, lui dit le prêtre en le menaçant, sors de cette créature. — J'en sortirai, répondit-il, non à cause de tes ordres, mais à cause de la puissance des martyrs, qui ne me permettent pas d'y demeurer plus longtemps. » A ces mots il jeta violemment la jeune fille par terre, et l'y tint pendant quelque temps comme endormie. Bientôt il se retira ; et la possédée, sortant comme d'un profond sommeil par la puissance de Notre-Seigneur et par les mérites des bienheureux martyrs, se leva saine et sauve en présence de tous les spectateurs. Une fois le démon parti, il lui fut impossible de parler latin ; ce qui montra clairement que ce n'ôtait pas d'elle-même
qu'elle parlait cette langue, mais le démon qui la parlait par sa bouche.
Le bruit de cet événement, accompli en présence d'une multitude de témoins, se répandit partout et ne tarda pas à venir aux oreilles de l'Empereur. Charlemagne était un grand homme, mais non à la manière des pygmées de nos jours qui usurpent ce titre. Charlemagne était un grand homme, parce qu'il était un grand chrétien. Comme tel, il croyait, avec l'Église et le genre humain tout entier, aux démons et à leur puissance sur l'homme et sur les créatures. A la vue du prodige et des fléaux qui désolaient l'empire, il ne dit pas, comme les petits grands hommes d'aujourd'hui : Échenillez, drainez, soufrez : il suffit.
Composant un antidote avec le venin même du serpent, Charlemagne convoque les évêques. De concert avec eux, il ordonne dans tout l'empire trois jours de jeûne et de prières publiques. Comme ce n'est pas assez de guérir le mal, mais qu'il faut en prévenir le retour, le grand homme fait assembler quatre conciles sur les différents points des Gaules, afin de pourvoir à la correction des abus et à la réforme des mœurs. Ces conciles furent tenus à Paris, à Mayence, à Lyon et à Toulouse: de sages règlements y furent établis, et après ce drainage catholique les fléaux cessèrent et l'abondance revint.


"Le traité du Saint-Esprit"
Mgr Gaume
Un peu plus avant...
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Dhuoda
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MessageSujet: Re: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Mar 3 Mar - 11:19

Epitre de Saint Paul apôtre aux Galates

Nous sommes les fils d'une alliance de liberté.

Ch IV 21-31

21 Dites-moi, vous qui voulez être sous la Loi, n'entendez-vous pas la Loi?
22 Car il est écrit qu'Abraham eut deux fils, l'un de la servante, l'autre de la femme libre.
23 Mais le fils de la servante naquit selon la chair, et celui de la femme libre en vertu de la promesse.
24 Ces choses ont un sens allégorique; car ces femmes sont deux alliances. L'une, du mont Sinaï, enfantant pour la servitude: c'est Agar,
25 - car Sinaï est une montagne en Arabie - elle correspond à la Jérusalem actuelle, laquelle est esclave, elle et ses enfants.
26 Mais la Jérusalem d'en haut est libre: c'est elle qui est notre mère;
27 car il est écrit: " Réjouis-toi, stérile, toi qui n'enfantais point! Eclate en cris de joie et d'allégresse, toi qui ne connaissais pas les douleurs de l'enfantement! Car les enfants de la délaissée seront plus nombreux que les enfants de celle qui avait l'époux. "
28 Pour vous, frères, vous êtes, à la manière d'Isaac, enfants de la promesse.
29 Mais de même qu'alors celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l'Esprit, ainsi en est-il encore maintenant.
30 Mais que dit l'Ecriture? " Chasse l'esclave et son fils, car le fils de l'esclave ne saurait hériter avec le fils de la femme libre. "
31 C'est pourquoi, frères, nous ne sommes pas enfants de la servante, mais de la femme libre.

Chapitre 5

La vraie liberté chrétienne dans la charité : chair et esprit.

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1 Dans la liberté par laquelle le Christ nous a affranchis, tenez ferme, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude.
2 C'est moi, Paul, qui vous le dis: Si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien.
3 Au contraire, je déclare encore une fois à tout homme qui se fait circoncire, qu'il est tenu d'accomplir la Loi tout entière.
4 Vous n'avez plus rien de commun avec le Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la Loi; vous êtes déchus de la grâce.
5 Nous, c'est de la foi, par l'Esprit, que nous attendons l'espérance de la justice.
6 Car dans le Christ Jésus ni circoncision ni incirconcision n'ont de valeur, mais la foi qui est agissante par la charité.
7 Vous couriez si bien: qui vous a arrêtés, pour vous empêcher d'obéir à la vérité?
8 Cette persuasion ne vient pas de celui qui vous appelle.
9 Un peu de levain fait fermenter toute la pâte.
10 J'ai cette confiance en vous dans le Seigneur, que vous ne penserez pas autrement; mais celui qui met le trouble parmi vous, en portera la peine, quel qu'il soit.
11 Pour moi, mes frères, s'il est vrai que je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté? Le scandale de la croix a donc été levé!
12 Ah! qu'ils se fassent plutôt mutiler complètement ceux qui vous troublent!
13 Pour vous, mes frères, vous avez été appelés à la liberté; seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre selon la chair; mais, rendez-vous par la charité, serviteurs les uns des autres.
14 Car toute la Loi est contenue dans un seul mot: " Tu aimeras ton prochain comme toi-même. "
15 Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres.
16 Je dis donc: " Marchez selon l'esprit; et vous n'accomplirez pas les convoitises de la chair."
17 Car la chair a des désirs contraires à ceux de l'esprit, et l'esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés l'un à l'autre, de telle sorte que vous ne faites pas ce que vous voulez.
18 Mais si vous êtes conduits par l'esprit, vous n'êtes plus sous la Loi.
19 Or les oeuvres de la chair sont manifestes: ce sont l'impudicité, l'impureté, le libertinage,
20 l'idolâtrie, les maléfices, les inimitiés, les contentions (querelles), les jalousies, les emportements, les disputes, les dissensions, les sectes,
21 l'envie, [les meurtres], l'ivrognerie, les excès de table, et autres choses semblables.
Je vous préviens, comme je l'ai déjà fait, que ceux qui commettent de telles choses n'hériteront pas du royaume de Dieu.
22 Le fruit de l'Esprit, au contraire, c'est la charité, la joie, la paix, la patience, la mansuétude, la bonté, la fidélité,
23 la douceur, la tempérance. Contre de pareils fruits, il n'y a pas de loi.
24 Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises.
25 Si nous vivons par l'esprit, marchons aussi par l'esprit.
26 Ne cherchons pas une vaine gloire en nous provoquant les uns les autres, en nous portant mutuellement envie.

Ch VI

La loi du Christ au quotidien.

1 Frères, lors même qu'un homme se serait laissé surprendre à quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur, prenant garde à vous-mêmes, de peur que vous ne tombiez aussi en tentation.
2 Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la parole du Christ;
3 car si quelqu'un croit être quelque chose, alors qu'il n'est rien, il s'abuse lui-même.
4 Que chacun examine ses propres oeuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non en se comparant à autrui;
5 car chacun aura son propre fardeau à porter.

6 Que celui à qui on enseigne la parole fasse part de tous ses biens à celui qui l'enseigne.
7 Ne vous y trompez pas: on ne se rit pas de Dieu. Ce qu'on aura semé, on le moissonnera.
8 Celui qui sème dans sa chair moissonnera, de la chair, la corruption; celui qui sème dans l'esprit moissonnera, de l'esprit, la vie éternelle.
9 Ne nous lassons point de faire le bien; car nous moissonnerons en son temps, si nous ne nous relâchons pas.
10 Ainsi donc, pendant que nous en avons le temps, faisons le bien envers tous, et surtout envers les frères dans la foi.
11 Voyez quelles lettres j'ai tracées pour vous de ma propre main!
12 Tous ceux qui veulent gagner les bonnes grâces des hommes, ce sont ceux-là qui vous contraignent à vous faire circoncire, à l'unique fin de n'être pas persécutés pour la croix du Christ.
13 Car ces circoncis, n'observent pas eux-mêmes la Loi; mais ils veulent que vous receviez la circoncision, afin de se glorifier en votre chair.
14 - Pour moi, Dieu me garde de me glorifier, si ce n'est dans la croix de Notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde!
15 Car [en Jésus-Christ] la circoncision n'est rien, l'incirconcision n'est rien; ce qui est, tout, c'est d'être une nouvelle créature.
16 Paix et miséricorde sur tous ceux qui suivront cette règle, et sur l'Israël de Dieu!
17 Au reste, que personne désormais ne me suscite plus d'embarras; car je porte sur mon corps les stigmates de Jésus.
18 Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit! Amen!

Traduction Crampon
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Melchisédech
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MessageSujet: Re: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Mar 3 Mar - 17:11

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Jeunes gens ou vieillards, riches ou pauvres, lettrés ou illettrés, qui, pour avoir déserté la Cité du bien, trahi les vœux de votre baptême, rougi de la foi de votre enfance et des pratiques de vos aïeux, vous croyez libres: l'êtes-vous? Il est vrai, vous marchez la tête haute, le regard assuré. Vos lèvres grimacent le rire et votre front se cache sous un masque de gaieté. Au son métallique de votre voix, au ton tranchant de vos paroles, on pourrait vous prendre pour les régents de l'humanité. Pourtant vous n'êtes que des esclaves, des esclaves malheureux, des esclaves de la pire espèce.
A la place d'un seul Maître, très-haut et très-saint, que vous refusez de servir comme il l'entend, vous servez autant de maîtres qu'il y a en vous d'ignobles penchants; et, hors de vous, autant de créatures qui peuvent vous procurer ou vous disputer l'insigne honneur de les satisfaire. Vous les servez, non comme vous l'entendez, mais comme ils l'entendent. Maîtres sans pitié, ils vous traînent la corde au cou, ou ils vous chassent le fouet à la main, dans toutes les voies ténébreuses du mal.
Entraînés loin du pays natal, vous avez oublié le chemin de nos temples; mais vous savez par cœur le chemin des théâtres et d'autres lieux. Le calice du Dieu Rédempteur, où, avec la vie, on boit la vertu, l'honneur, la liberté, l'apaisement de l'âme et des sens, vous est à dégoût; et vous buvez à longs traits au calice du démon, où, avec la mort, on boit le crime, la honte, l'esclavage, la fièvre de l'âme et les fureurs du désespoir. Trop grands à vos yeux, pour porter sur vous les insignes protecteurs de la Reine du ciel, vous portez, enchâssés dans l'or, les cheveux d'une courtisane. Hommes et non pas anges, il faut que vous aimiez la chair. Vous n'avez pas voulu aimer la chair immaculée de l'homme-Dieu, vous aimerez la chair immonde d'une créature immonde.
En vain vous voudriez parfois respirer l'air de la liberté. Oisillons englués dans de perfides appeaux, vous ne pouvez prendre votre essor. A chaque tentative, une voix impitoyable, la voix de vos maîtres masculins ou féminins se fait entendre : Pas de résistance; tu es à moi. En me donnant ta volonté, tu m'as tout donné. Donne-moi ton argent, donne-moi tes nuits ; donne-moi les roses de tes joues; donne-moi la paix de ton âme; donne-moila santé de ton corps ; donne-moi la joie de ta mère; donne-moi les espérances de ton père; donne-moi l'honneur de ton nom et vous les donnez! Êtes-vous libres?
Silence! esclaves; ne profanez pas, en le prononçant, un mot qui vous accuse. Esclaves dans votre intelligence, tyrannisée par le doute et l'erreur ; esclaves dans votre cœur, tyrannisé par des appétits bestiaux, qu'est-ce que votre vie, sinon un linge souillé? Et l'histoire de votre vie, sinon l'histoire d'un esclave? Malheureux! qui ne pouvez descendre dans votre conscience sans y entendre une voix qui vous accuse, ni regarder vos mains sans y voir la marque des fers, ou vos pieds sans y trouver le boulet du forçat ! Fils de roi, devenus gardeurs de pourceaux : voilà ce que vous êtes. Il vous sied d'être fiers » (Misit illum in villam suam ut pasceret porcos. Luc, XV, 15.)
L'esclavage de l'âme : voilà ce que rencontrent tous les hommes qui mettent le pied hors de l'enceinte de la Cité du bien. Voilà ce qu'ils rencontreront éternellement ; car il est écrit : « Où habite l'Esprit du Seigneur, là, et là seulement, habite la liberté. » (Ubi autem Spiritus Dei, ibi libertas. II Cor., III, 17.)
Or, dans le monde moral comme dans le monde matériel, c'est une loi que la partie supérieure attire l'inférieure : Major pars trahit ad se minorem. A la servitude de l'âme s'ajoute nécessairement l'esclavage du corps : par conséquent, l'esclavage social. On ne saurait trop le redire, aujourd'hui surtout : la liberté civile et politique ne se trouve ni à la pointe d'un poignard, ni à la bouche d'un canon, ni sous le pavé d'une barricade. Elle est fille, non d'une charte, ni d'une loi, ni d'une forme quelconque de gouvernement, mais de la liberté morale. Quoi qu'il dise et quoi qu'il fasse, tout peuple corrompu est un esclave-né. La liberté morale suppose la foi; la foi, c'est la vérité; la vérité ne réside que dans la Cité du bien.
Voulez-vous en voir la preuve? prenez une mappemonde. A côté du despotisme de l'erreur, que vous montre-t-elle? Partout le despotisme de l'or, le despotisme de la chair, le despotisme de la matière; et audessus de tous ces despotismes, le despotisme du sabre.
Qu'est-ce donc qu'une société qui secoue le joug du Saint-Esprit? Témoins non suspects, les païens eux-mêmes répondent : « C'est un bétail sur un champ de foire, toujours prêt à se vendre au plus offrant. » (Urbem venalem et mature perituram, si emptorem invenerit. Paroles de Jugurtha, dans Salluste.) Pas plus que l'histoire ancienne l'histoire moderne ne leur donne l'ombre d'un démenti.
Comment le bétail humain est-il traité? Comme il le mérite. Satan, auquel il se livre en abandonnant le Saint-Esprit, lui envoie des maîtres de sa main. Néron, Héliogabale, Dioclétien et tant d'autres, se chargent de faire goûter à l'homme émancipé les douceurs de la liberté dont jouit la Cité du mal. Par un retour de miséricordieuse justice, Dieu lui-même permet l'élévation de ces tigres couronnés. A ce propos, l'histoire rapporte un fait qui donne à réfléchir. Comme les peuples ont toujours le gouvernement qu'ils méritent, une bête cruelle, appelée Phocas, était assise sur le trône impérial de Rome. Par ses ordres le sang coulait à flots : et la bête le buvait avec délices. Révolté autant qu'affligé de ce spectacle, un solitaire de la Thébaïde s'adresse à Dieu et lui dit : Pourquoi, mon Dieu, l'avez-vous fait empereur? Et Dieu lui répond : Parce que je n'en ai pas trouvé un plus mauvais (Domine, quid fecisti eum imperatorem? Atque vox ad eum venit a Deo, dicens : Quia non inveni pejorem. Anast. Nicen., in Quaest. S. Script., quaest. XV.)
Ainsi, conserver la liberté avec toutes ses gloires: tel est, pour l'humanité, le premier avantage de son séjour dans la Cité du bien; perdre ce trésor et trouver l'esclavage : tel est, si elle ose en franchir l'enceinte, son premier châtiment.
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Melchisédech
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MessageSujet: Re: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Mer 4 Mar - 10:38

Encore dans Mgr Gaume...

Ce que Satan faisait chez tous les peuples païens, il le fit chez les Gnostiques, leurs héritiers : il le fait encore, quant au fond, parmi les sectaires modernes, soumis plus directement à son empire. Écoutons le récit de ce qui se passe, depuis longtemps, en Amérique, la terre classique des esprits frappeurs et des grands médiums. Dans le mois de septembre; lorsqu'on a recueilli les récoltes les méthodistes ont l'habitude de tenir des réunions nocturnes, qui durent pendant toute une semaine. Une annonce est faite dans les journaux, afin que chaque fidèle soit dûment prévenu et puisse profiter des grâces que l'Esprit-Saint prodigue dans ces circonstances. On choisit un vaste emplacement au milieu des forêts; le meeting a lieu en plein air et dans le silence de la nuit. On voit arriver les sectaires par toutes les voies et sur tous les véhicules imaginables : hommes, femmes, enfants, tous accourent au rendez-vous.
Le lieu du meeting est ordinairement en forme d'ovale. A une extrémité on construit l'estrade pour les prédicants; ils sont toujours en nombre. Cette espèce ne manque malheureusement pas en Amérique. De chaque côté, en forme de fer à cheval, on dresse des tentes, et l'on place derrière les voitures et les chevaux. Tout au tour, sur des poteaux, sont des lampes ou des torches qui jettent une lueur blafarde. Le centre est vide. C'est là que se tient le peuple pendant le meeting. Vers neuf ou dix heures du soir, au signal donné, les ministres montent sur l'estrade; le peuple accourt, se tient debout ou assis sur l'herbe.
Un ministre commence quelques prières, puis déclame un petit speech : c'est le préambule. Plusieurs autres se succèdent et cherchent à échauffer l'enthousiasme.
Bientôt la scène s'anime et prend un étrange aspect. Un des ministres entonne d'une voix lente et grave un chant populaire (C'est le carmen, usité dans toutes les évocations); la foule accompagne sur tous les tons : puis, le ministre grossit la voix et va toujours crescendo, en accompagnant son chant des gestes les plus excentriques. La Sybille n'était pas plus tourmentée, sur son trépied. On chante, on déclame tour à tour, et l'enthousiasme augmente.
Cela dure des heures entières; l'excitation finit par arriver à un point dont il est impossible de donner l'idée. Entre autres exclamations qu'on entend retentir citons celle-ci : Dans la Nouvelle Jérusalem, nous aurons du café sans argent et du vieux vin. Alleluia !
Bientôt toute cette foule qui remplit l'enceinte se mêle, se heurte, le tout au milieu des cris, des danses, des gémissements et des éclats de rire. L'esprit vient ! l'esprit vient! Oui, il vient en effet; mais ce doit être un esprit infernal, à voir ces contorsions, à entendre ces hurlements. C'est alors un pêle-mêle, un tohu-bohu digne de petites-maisons. Les hommes se frappent la poitrine, se balancent comme des magots chinois, ou exécutent des évolutions comme des derviches. Les femmes se roulent par terre, les cheveux épars. Les jeunes filles se sentent soulever dans les airs et sont en effet transportées par une force surnaturelle.
Cependant les ministres, qui semblent livrés à la même folie, continuent de chanter et de se démener comme des possédés : c'est une confusion complète, un chaos..... au loin la pudeur, la morale, tout est pur pour ces énergumènes. Dieu pardonne tout. Honte et infamie sur les chefs aveugles d'un peuple aveugle!... Les étoiles du firmament répandent une douce clarté sur cet affreux tableau; parfois le vent mugit dans la forêt, et les torches font apparaître les hommes comme des ombres. La nuit se passe de la sorte. Le matin, toute cette foule est étendue inerte, épuisée, harassée. Le jour est donné au repos, et la nuit suivante on recommence (Histoire d'un meeting de 1863, Extraits des journaux américains). Voilà ce qui se fait dans la secte puritaine des méthodistes. Qui oserait raconter ce qui a lieu chez les Mormons?
Nous sommes donc en droit de le répéter : Poursuivre le Verbe incarné dans l'homme son frère et son image; le poursuivre en singeant, pour le perdre, tous les moyens divinement établis pour le sauver; le poursuivre sans relâche et sur tous les points du globe; le poursuivre d'une haine qui va jusqu'au meurtre du corps et de l'âme : telle est l'unique occupation du Roi de la Cité du mal.
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Dhuoda
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MessageSujet: Re: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Mer 4 Mar - 12:21

Une fois n'est pas coutume... Voici l'éditorial de la dernière livraison de l'excellent bimestriel spécialisé "Moyen Âge", consacré à "Nos ancêtres les Francs".

Je me suis souvenue du nom de ce forum et sous quels patronages illustres il était placé de par ce nom : ceux de Saint Rémy, de Sainte Clotilde, de Sainte Geneviève et de Saint Germain d'Auxerre... Ensuite, peuvent évoqués Sainte Radegonde, Saint Charlemange puis Saint Louis... Sainte Jeanne d'Arc...La liste et longue.

Mais tout ça nous le devons au Franc Clovis et ses 3000 kamarades.

La recherche historique vient nous conforter dans nos convictions.

Est-il téméraire de relier le précédent texte de Saint Paul aux Galates :

"Dans la liberté par laquelle le Christ nous a affranchis, tenez ferme, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude."


à cet éditorial moderne :

"Bien plus, ces Germains étaient les tenants de l’idée d’hommes libres (...). La société allait se reconstruire sur des bases différentes."


qui nous confirment tous deux que la Nouvelle Alliance pour prendre et se développer avait besoin de cette "liberté des Francs" qui n'est pas la licence, encore moins le libéralisme ou l'anarchie, et permet, sans abolir jamais la Loi dans les esprits, de la parfaire dans la Charité, par l'Esprit?

---------------------------

« Une magnifique exposition consacrée aux trois tombes de Saint-Dizier nous permet d’aborder le dossier si important de l’aube du Moyen-Âge. On dit parfois que le début de ce grand millénaire n’est qu’une convention et que les évolutions auraient été progressives.
En fait, ce dossier nous permet de faire le point sur cette grande question. La fin de l’empire romain d’Occident de 476 est bien la grande césure. L’ordre romain était déliquescent ; dorénavant, il a disparu. Ce dossier montre bien que l’image de « grandes invasions », propagée par l’historiographie du XIXème siècle, a vécu. Il y eut en effet des passages en force : traversée du Rhin par les Vandales, Saxons arrivés par la mer, précurseurs des Vikings. Mais la plupart dont les Francs, furent intégrés « légalement » à l’Empire finissant : colons pour repeupler des régions désertifiées (les Bagaudes avaient créé de l’insécurité), mais aussi troupes recrutées pour défendre les frontières de l’Empire. Avant d’être les successeurs de Rome, les Francs en ont été l’ultime rempart.
Mais les Francs n’ont pas été un élément de continuité. Plus que les romains, ils étaient les tenants des vertus militaires, ce qui avait assuré leur succès dans la défense de l’Empire. Cet honneur des armes était nouveau ; lentement il aboutira à la cavalerie franque puis à la chevalerie codifiée. Le droit aussi était différent. Bien plus, ces Germains étaient les tenants de l’idée d’hommes libres. L’esclavage avait rongé la société romaine, même si le servage devait subsister dans certaines régions. La société allait se reconstruire sur des bases différentes. La société médiévale était en gestation dans cette époque mérovingienne, tant décriée par Grégoire de Tours, qui défendait les intérêts de l’ancienne classe gallo-romaine, dominante. Bien plus, la France connait alors sa vraie naissance avec Clovis qui sait manœuvrer fermement et habilement pour créer en 511 le royaume des Francs dont la capitale est Paris… L’aube du Moyen Âge est aussi l’aube de la France qui sera le plus puissant royaume de L’Occident médiéval. Le plus peuplé aussi. Le Moyen Âge, période novatrice, succédant à un Empire en fin de course, est vraiment apparu au début du VIème siècle. Il est illustré par les magnifiques objets que les fouilles révèlent toujours plus nombreux. Cette époque est aussi marquée par l’apparition du village, élément majeur de la société médiévale, jusqu’à la nôtre.
Enfin, du VIème siècle à la fin du XVème siècle, ce numéro vous présente un merveilleux Moyen Âge, des bijoux mérovingiens aux coffrets de la fin de la période médiévale. L’art était partout même dans un simple peigne en os… c’est ce que ce numéro démontre une fois de plus. "
(Georges Bernage)

-----------------------------

Contre ceux, nombreux, qui aspirent à "l'esprit XIXème-début XXème", choisissons d'être au crépuscule du monde, ce que les fondateurs étaient aux fonds baptismaux de notre patrie et de sa vocation : libres dans le Christ, simplement.


Dernière édition par Dhuoda le Mer 4 Mar - 15:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Mer 4 Mar - 13:53

Citation

"C'est par les actes de foi que les tentations contre la foi se dissipent, et non point par des recherches qui relèvent beaucoup trop de cette superbe à laquelle Dieu résiste et refuse sa grâce."

Extrait de l' "étude sur Mgr Gaume"
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Melchisédech
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MessageSujet: Re: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Jeu 5 Mar - 15:10

Gaume, Gaume, Gaume...
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Rome a changé de maître. Devenue la capitale de la Cité du bien, elle fait sentir au monde entier sa puissante et salutaire influence. Le règne du Saint-Esprit commence dans l'ordre religieux et dans l'ordre social. De l'Orient à l'Occident, son nom béni devient populaire. Dans l'antiquité païenne tout parlait de l'Esprit des ténèbres, tout parle maintenant de l'Esprit de lumière. Depuis saint Paul jusqu'à saint Antonin, les Pères de l'Église grecque et de l'Église latine, les grands théologiens du moyen âge, les ascétiques, les prédicateurs n'ont qu'une voix, pour le faire connaître en lui-même et dans ses œuvres. A l'ardent amour des particuliers pour l'Esprit régénérateur se joint, pendant de longs siècles, la docilité filiale des nations à ses inspirations salutaires. Quoi qu'en puisse dire une haine aveugle, ces siècles furent l'époque du vrai progrès, de la vraie liberté. Entre mille, le fait suivant, pris dans les annales de l'Europe, sera un cadenas éternel aux lèvres des contradicteurs.
De ces blocs de granit qu'on appelle les Barbares, et qui furent nos aïeux, le monde a vu sortir des enfants d'Abraham. Le nom de l'époque, témoin d'un pareil miracle, est aujourd'hui une injure : nous ne l'ignorons pas. Aussi bien que personne, nous savons ce qu'on est en droit de reprocher au moyen âge. Il n'en demeure pas moins que l'esprit dont il fut animé réalisa les quatre progrès, seuls dignes de ce nom, que l'humanité ait jamais accomplis.
Il constitua la religion. Il fut un jour où l'Europe, jadis prosternée aux pieds de mille idoles monstrueuses et divisée en mille croyances contradictoires, adora le même Dieu, chanta le même symbole. De l'orient au couchant, du sud au septentrion, pas une voix discordante ne troublait ce vaste concert. Unité de foi : magnifique triomphe de la vérité sur l'erreur.
Il constitua l'Église. Il fut un jour où, sur les ruines du despotisme intellectuel de l'ancien monde, s'éleva la société gardienne infaillible de la foi. Devenue la puissance la plus aimée, cette société enfonça profondément ses racines dans le sol de l'Europe : le clergé devint le premier corps de l'État. Autorité de l'Église : magnifique triomphe de l'intelligence sur la force.
Il constitua la société. Il fut un jour où les codes de l'Europe, si longtemps souillés d'iniquités légales, ne continrent plus une seule loi antichrétienne, par conséquent antisociale. Pour assurer les droits de tous et de chacun, en maintenant l'harmonie sur la terre, comme le soleil la maintient dans le firmament, le Roi des rois, représenté par son Vicaire, planait au-dessus de tous les rois. La décision d'un père, oracle incorruptible de la loi éternelle de justice, était la dernière raison du droit et le terme des conflits. La parole à la place du sabre ; les canons du Vatican à la place du canon des barricades ou du poignard des assassins : magnifique triomphe de la liberté sur le despotisme et l'anarchie.
Il constitua la famille. Il fut un jour où, dans l'Europe régénérée, la famille reposa sur les quatre bases qui font sa force, son bonheur et sa gloire : l'unité, l'indissolubilité, la sainteté, la perpétuité par le respect de l'autorité paternelle, pendant la vie et après la mort. L'esprit à la place de la chair : magnifique triomphe de l'homme nouveau sur le vieil homme; guérison radicale de la polygamie, du divorce et de l'égoïsme, plaies invétérées de la famille païenne.
Assise sur ces larges bases, la Cité du bien développait tranquillement ses majestueuses proportions, et, de jour en jour, s'élevait, resplendissante de beautés nouvelles, à la perfection qu'il lui est donné d'atteindre ici-bas. La grande politique chrétienne, inaugurée par Charlemagne, contituait la puissante unité contre laquelle vint échouer la barbarie musulmane. Tandis que au dehors les ordres militaires veillaient sur le bercail, quels nobles travaux s'accomplissaient au dedans ! La reine des sciences, la théologie révélait avec une incomparable lucidité les magnifiques réalités du monde surnaturel. Élevé à ces hautes spéculations, l'esprit général dédaignait la matière et ses grossières jouissances. La société s'acheminait sûrement vers le terme suprême de la vie de l'homme et des peuples.
Humble servante de la théologie, la philosophie travaillait pour le compte de sa mère. Des vérités qu'elle avait reçues, elle montrait l'enchaînement, la raison, l'universelle harmonie, et illuminait d'une douce et vive lumière tout le système de la création. Sérieuse comme la vérité, chaste comme la vertu, la littérature creusait les Écritures. Au lieu de se nourrir de fables ou de puérilités, elle cherchait, dans le Livre des livres, les règles de la pensée, le type du beau et la forme du langage. Avec une splendeur de forme et une hardiesse de conception qu'il n'avait jamais atteintes, l'art réalisait aux yeux les inspirations de la foi. Comme d'un manteau de gloire il couvrait l'Europe de monuments inimitables, moins encore par l'immensité des proportions et le fini des détails, que par le symbolisme éloquent, qui faisait prier la pierre, le bois, les métaux et toutes les créatures inanimées.
Sous les voûtes étoilées de ces temples splendides, une poésie, seule digne de ce nom, chantait, par la voix des multitudes, les croyances, les espérances, les amours, les joies, les douleurs, les combats, les victoires de la Cité du bien. Grâce à l'esprit de charité qui animait tout le corps, les œuvres de dévouement égalaient les misères humaines. Depuis le berceau jusqu'à la tombe et au de-là, pas un besoin intellectuel, moral ou physique, sur lequel on ne trouve veillant, comme une sentinelle à son poste, un ordre religieux ou une confrérie.
Tandis que dans l'antiquité les pauvres et les petits, isolés les uns des autres, ne formaient qu'une multitude d'atomes, sans force de résistance contre un pouvoir brutal, dans la Cité du bien la liberté, fille de la charité, s'épanouissait sous toutes les formes. Chartes, associations, privilèges de tous les états, même les plus humbles, mille fraternités, formaient autant de corps respectés, dont l'oppression constituait un crime condamné par l'opinion, avant d'être frappé par la double puissance de l'Église et de l'État. Les libertés publiques n'étaient pas moins assurées. En supprimant les grandes capitales, les armées permanentes, la centralisation, le christianisme avait brisé les trois instruments nécessaires du despotisme.
Ainsi avait cessé le long divorce de l'homme et de Dieu, de la terre et du ciel. Rétablie par le Saint-Esprit, la primitive alliance devenait de jour en jour plus féconde. A la grande unité matérielle de la Cité du mal se substituait, dans le monde régénéré, une grande unité morale, source de gloire et de bonheur. Tous ces éléments bénis, germes puissants d'une civilisation qui devait faire de la terre le vestibule du ciel, et du genre humain le vrai frère du Verbe incarné, l'Europe en était redevable à la grande victoire de l'Esprit du bien sur l'Esprit du mal. Plût à Dieu qu'elle ne l'eût jamais oublié !
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Dhuoda
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MessageSujet: Re: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Jeu 5 Mar - 20:16

Epitre de Saint Paul apôtre aux Ephésiens
Chapitre 4

1 Je vous prie donc instamment, moi qui suis prisonnier dans le Seigneur, d'avoir une conduite digne de la vocation à laquelle vous avez été appelés,
2 en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant mutuellement avec charité,
3 vous efforçant de conserver l'unité de l'esprit par le lien de la paix.
4 Il n'y a qu'un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés par votre vocation à une même espérance.
5 Il n'y a qu'un Seigneur, une foi, un baptême,
6 un Dieu, Père de tous, qui est au-dessus de tous, qui agit par tous, qui est en tous.
7 Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don du Christ.
8 C'est pourquoi il est dit: " Il est monté dans les hauteurs, il a emmené des captifs, et il a fait des largesses aux hommes. "
9 Or que signifie: " Il est monté, " sinon qu'il était descendu [d'abord] dans les régions inférieures de la terre?
10 Celui qui est descendu est celui-là même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de tout remplir.
11 C'est lui aussi qui a fait les uns apôtres, d'autres prophètes, d'autres évangélistes, d'autres pasteurs et docteurs,
12 en vue du perfectionnement des saints, pour l'oeuvre du ministère, pour l'édification du corps du Christ,
13 jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite du Christ,
14 afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur astuce pour induire en erreur;
15 mais que, confessant la vérité, nous continuions à croître à tous égards dans la charité en union avec celui qui est le chef, le Christ.

16 C'est de lui que tout le corps, coordonné et uni par les liens des membres qui se prêtent un mutuel secours et dont chacun opère selon sa mesure d'activité, grandit et se perfectionne dans la charité.
17 Voici donc ce que je dis et ce que je déclare dans le Seigneur, c'est que vous ne vous conduisiez plus comme les païens, qui suivent la vanité de leurs pensées.
18 Ils ont l'intelligence obscurcie, et sont éloignés de la vie de Dieu, par l'ignorance et l'aveuglement de leur coeur.
19 Ayant perdu tout sens, ils se sont livrés aux désordres, à toute espèce d'impureté, avec une ardeur insatiable.
20 Mais vous, ce n'est pas ainsi que vous avez appris à connaître le Christ,
21 si cependant vous l'avez bien compris, et que vous ayez été instruits, suivant la vérité qui est en Jésus,
22 à vous dépouiller, en ce qui concerne votre vie passée, du vieil homme corrompu par les convoitises trompeuses,
23 à vous renouveler dans votre esprit et dans vos pensées,
24 et à revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté véritables.
25 C'est pourquoi, renonçant au mensonge, parlez selon la vérité, chacun dans ses rapports avec son prochain, car nous sommes membres les uns des autres.
26 " Etes-vous en colère, ne péchez point; " que le soleil ne se couche point sur votre irritation.
27 Ne donnez pas non plus accès au diable.
28 Que celui qui dérobait ne dérobe plus; mais plutôt qu'il s'occupe en travaillant de ses mains à quelque honnête ouvrage, afin d'avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin.
29 Qu'il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise; mais quelque bon discours propre à édifier, selon le besoin, afin qu'il fasse du bien à ceux qui l'entendent.
30 N'attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été marqués d'un sceau pour le jour de la rédemption.
31 Que toute aigreur, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute médisance soient bannies du milieu de vous, ainsi que toute méchanceté.
32 Soyez bons les uns envers les autres, miséricordieux, vous pardonnant mutuellement, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ.

Trad. Crampon
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MessageSujet: Re: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Ven 6 Mar - 11:16

Du même...


A tout empire il faut une capitale, celle de la Cité du bien s'appellera Jérusalem ou Vision de paix. Là, en effet, et là seulement régnera la paix, parce que là, et là seulement, sera le temple du vrai Dieu.
Mais Jérusalem appartient à la Cité du mal : il faut la conquérir. Sion, sa citadelle, tombe enfin au pouvoir de David ; l'empire est fondé. Dès ce moment, Jérusalem devient la ville sainte, objet des prédilections du Saint-Esprit. C'est d'elle que part la vie, que rayonne la lumière (De Sion exibit lex, et Verbum Domini de Jerusalem. Is., XI, 3.). C'est vers elle que tous les enfants de Dieu, répandus aux quatre coins du monde, élèvent leurs mains et leurs cœurs. Jérusalem est à la Cité du bien ce que le cœur est au corps, le foyer aux rayons, la source au fleuve.
Satan regarde ce que fait Dieu et tient conseil. Réunissant tous ses sujets en Concile œcuménique, il décrète la fondation matérielle de son empire et de sa capitale. Voici dans quel magnifique langage un Père d'un autre concile œcuménique décrit celui de Satan : « Une parole est entendue dans les plaines de Sennaar ; elle convoque tous les enfants des hommes en assemblée générale. Le frère la répète à son frère, le voisin à son voisin. Cette parole disait : Venez, faisons-nous une Cité et une tour dont le sommet touche au ciel, avant de nous disperser sur la terre.
« Tel fut le décret du grand Concile satanique. Dieu, il est vrai, en arrêta l'exécution, en confondant le langage et en poussant les enfants des hommes aux quatre vents : mais l'ouvrage fut plutôt arrêté, que le concile ne fut dissous (Dieu lui-même savait que son intervention n'empêcherait ni Satan ni ses sujets de bâtir la Cité du mal. En venant confondre le langage des hommes, il prononce cette profonde parole : Cœperuntque hoc facere, nec desistent a cogitationibus suis, donec eas opere compleant. Gen. XI, 6.) En effet, jusqu'à l'effusion du Saint-Esprit, le décret de ce concile ne fut jamais abrogé dans la pensée des hommes. Ce que, le jour de la convocation, chacun disait à son prochain : Venez, bâtissons-nous une ville et rendons-nous illustres, quiconque n'est pas devenu fils du Saint-Esprit continue de se le dire à lui-même et aux autres. Voilà le sujet de toutes leurs assemblées publiques ou occultes; et, si l'occasion se présente d'exécuter le grand décret, jamais ils ne la manquent.
« C'est en vertu de ce décret du concile œcuménique de Satan, que tous les royaumes du monde ont été formés : ex quo nata sunt omnia mundi regna. C'est pour combattre victorieusement cette immense Cité du mal, qu'a été fondée, par le Verbe éternel, la Cité du bien. C'est en opposition au concile général de Satan, qu'ont été établis les conciles généraux de l'Église. Et de même que l'Esprit du mal inspirait le premier, les seconds tirent toute leur force de la convocation, de la présidence, de l'inspiration et des lumières de l'Esprit du bien. De même encore que le premier eut pour but d'organiser la haine, le but des seconds est d'organiser l'amour (Card. Poli, de Concilio, quaest. x ; Orat. ad Patres Trid., opud Labbe, t. XIV, p. 1676.)
Tous les royaumes de la gentilité sont nés du concile satanique, tenu au pied de la tour de Babel, ex quo nata sunt omnia mundi regna. Tous sont fondés en opposition au royaume du Christ, quitus regnum Christi se opposit eaque delevit. Cette parole illumine toute l'histoire. Écho fidèle d'une révélation prophétique, elle est indiscutable.
Le convocateur et le président du concile de Babel fut celui que l'Écriture appelle la Bête, la bête par excellence. Mille ans plus tard, Daniel est ravi en esprit. Dans les quatre grandes monarchies des Assyriens, des Perses, des Grecs et des Romains, Dieu lui montre tous les royaumes du monde. Sous quelles figures ? D'hommes ? Non. D'anges ? Non. Sous des figures de bêtes. Et quelles bêtes ? De bêtes immondes et malfaisantes. Pourquoi ces figures et non pas d'autres ? Parce que tous ces empires sont l'ouvrage de la Bête; ils en ont les caractères, ils en font les œuvres. Voyez le dernier en qui se personnifient tous les autres : « La quatrième bête, dit le Prophète, est le quatrième royaume qui sera sur la terre ; il sera plus grand que tous les royaumes ; il dévorera toute la terre, il la broiera, il la réduira en poussière. » (Quarta bestia quartum regnum erit in terra, quod majus erit omnibus regnis, et devorabit universam terram, et conculcabit et comminuet eam. Dan., VII, 23.)
Nous l'avons vu, Rome fut fondée par Satan lui-même, Rome païenne n'a cessé de faire l'œuvre de Satan. C'est à la lettre qu'elle a dévoré, foulé, brisé toute la terre; elle a ravi aux hommes tous les biens de cité, de famille, de propriété, de religion ; non, comme tant de conquérants, par hasard et dans un moment de fureur, mais de dessein prémédité, par une suite ininterrompue de pillages et de conquêtes, pendant douze cents ans. Ses institutions portaient la marque de son origine, et son droit n'était que la législation de ses crimes. Depuis la renaissance, Rome païenne n'a été aperçue qu'à travers les fictions des poètes, des historiens et des légistes du paganisme. Quand la grande bête était encore vivante et que la civilisation dont elle fut l'âme était en acte et non en souvenir, l'une et l'autre ont été jugées par des juges, témoins incorruptibles de la vérité.
Écoutons ce jugement, qui date du troisième siècle : « Les Romains, dites-vous, se sont acquis moins de gloire encore par leur valeur, que par leur religion et leur piété. Ah ! certes, ils nous ont laissé de grandes marques de leur religion et de leur piété, depuis le commencement de leur empire. N'est-ce pas le crime qui les a assemblés, qui les a rendus terribles aux peuples circonvoisins, qui leur a servi de rempart pour établir leur domination ! Car c'était d'abord un asile de voleurs, de traîtres, d'assassins et de sacrilèges, et afin que celui qui était le plus grand fût aussi le plus criminel, il tua son frère : voilà les premiers auspices de cette ville sainte.
« Aussitôt, contre le droit des gens, ils ravissent des filles déjà promises, des fiancées, quelques-unes même déjà mariées; ils les déshonorent; ensuite ils font la guerre à leurs pères, à ceux dont ils avaient épousé les filles, et répandent le sang de leurs alliés. Quelle impiété ! quelle audace ! Enfin, chasser ses voisins, piller leurs temples et leurs autels, détruire leurs villes, les emmener captifs, s'agrandir par les rapines et par la ruine des hommes, c'est la doctrine de Romulus et de ses successeurs ; si bien que tout ce qu'ils tiennent, tout ce qu'ils possèdent n'est que brigandage.
« Leurs temples ne sont bâtis que des dépouilles des peuples, du sac des villes, des débris des autels, du pillage des dieux, du meurtre des prêtres. Quelle impiété et quelle profanation, de s'agenouiller devant des dieux qu'ils traînent captifs en triomphe ! Adorer ce qu'on a pris, n'est-ce pas consacrer son larcin ? Autant de victoires, autant de crimes; autant de trophées, autant de sacrilèges ! Et ce n'est pas par leur religion, mais par leur impiété qu'ils sont montés à ce haut faîte de grandeur ; ce n'est pas pour avoir été pieux, mais pour avoir été méchants impunément. » (Minut. Felix, Octav., c. xxiv.)
Voici donc le dernier mot de l'histoire politique du monde, et la révélation éclatante de l'antagonisme redoutable, que Bossuet n'a pas suffisamment entrevu. Les hommes, miraculeusement sauvés des eaux du déluge, reviennent à leurs penchants déréglés. Dieu se choisit un peuple pour garder sa vérité, et laisse le démon se choisir un autre peuple, qui sera l'ennemi de la vérité, l'exterminateur des saints, le propagateur du panthéisme et de l'idolâtrie. C'est le peuple romain, rassemblé dans l'asile de Romulus, et qui fut, pour le moins, aussi fidèle à sa mission que le peuple Poldève à la sienne.
Élever Rome fut, pendant toute l'antiquité, la pensée de Satan et le but invariable de sa politique. Toutefois. Rome et Jérusalem ne devinrent que lentement, et après bien des combats, les capitales des deux cités opposées. Ces combats résument l'histoire. Elle nous montre les royaumes de l'Orient tombant les uns après les autres sous l'empire du démon. Pour les réunir en un seul corps, est fondée la grande, la voluptueuse, la terrible Babylone. Par ses lois, par son luxe, par ses richesses, par sa cruauté, par sa monstrueuse idolâtrie, la Jérusalem de, Satan devient la rivale implacable et la sanglante parodie de la Jérusalem du vrai Dieu. Le monde marche sur deux lignes parallèles.

Traité du Saint Esprit
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MessageSujet: Re: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Sam 7 Mar - 10:31

Gaume, prophétique...
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Sous nos yeux on autorise, dans la capitale du royaume très chrétien, le culte public de Mahomet. De toutes les villes chrétiennes, Paris, l'âme des croisades, la ville de saint Louis, devait, ce semble, être la dernière où l'on bâtît une mosquée : Paris est la première. Est-ce le même Esprit qui règne sur le Paris du moyen âge et sur le Paris du dix-neuvième siècle ?
Cet événement, qui a dû faire tressaillir nos aïeux jusqu'au fond de leurs tombeaux, ne donne pas encore la mesure de la souveraineté que nous caractérisons. Elle est dans les chants de triomphe que la mosquée parisienne inspire aux organes de l'opinion publique. « Des musulmans, disent-ils, vont vivre à Paris, dans la ville de Clovis et de saint Louis, mêlés à nos troupes et sur le même pied qu'elles. Il suffit de ce mot pour marquer la portée d'un fait, qui ne serait modeste que par suite de la transformation prodigieuse, qu'ont subie nos idées et nos sentiments depuis un siècle. Oui, c'est ici un des événements caractéristiques de l'histoire de la civilisation européenne.... Le philosophe médite et admire. Songeons bien à tout ce que ce simple incident accuse de luttes, livrées contre les préjugés de race, et de victoires remportées sur le fanatisme. » (Journal des Débats, 8 mai 1863. - Aux jours de leurs fêtes, les soldats mahométans sont dispensés du service, et le dimanche, on n'en dispense pas les soldats chrétiens. Voir le récit de la fête de Laid-es-Ghir, célébrée à Paris le 9 mars 1864.)
Ainsi, pour être la plus religieuse des cinq parties du monde, il ne manque à l'Europe moderne que d'avoir des temples de Mormons, des temples de Bouddha, des pagodes de Confucius, des sanctuaires de tous les dieux de l'Afrique et de l'Océanie. Alors la victoire sur le fanatisme sera complète. N'est-ce pas appeler au trône le père du mensonge et rêver les beaux jours de son antique règne ? (Haec autem civitas (Roma)... omnium gentium serviebat erroribus, et magnam sibi videbatur assumpsisse religionem, quia nullam respuebat falsitatem. S. Leo, Ser. in Natal. app. Petr. et Paul.)
Enfin, à quel inspirateur faut-il attribuer la politique d'un monde qui se dit chrétien, et qui pousse avec une fureur babylonienne à toutes les jouissances matérielles, comme si l'on régénérait l'homme en l'engraissant ; qui sous le nom de droit nouveau inaugure le droit de la force : c'est-à-dire qui réhabilite le droit antique, aboli avec le règne de Satan ; droit prétendu qui, sous les grands mots de progrès et de liberté, cache la sécularisation des sociétés et leur émancipation de plus en plus complète de l'autorité du christianisme; qui fait, qui encourage ou qui laisse faire la guerre au pape ; qui l'insulte, qui le calomnie, qui demande à grands cris la spoliation du dernier coin de terre indépendant, où il puisse reposer sa tête? Est-ce à l'Esprit qui a fondé l'Église?
Endormeurs et endormis, vous niez l'existence du démon et son action sur l'homme : dites-nous donc quel Esprit gouverne le monde actuel, considéré dans son ensemble.
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Melchisédech
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MessageSujet: Re: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Dim 8 Mar - 19:23

On attaque le deuxième tome en beauté !!! Un texte universel ! De Gaume bien sûr!
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Avant tous les siècles, par delà tous les mondes, il est UN ÊTRE personnel, éternel, infini, immuable, qui est à lui-même son principe et sa félicité. Être toujours fécond, il est la vie de toutes les vies, le centre de tous les mouvements, le commencement et la fin de tout ce qui est. Comme l'Océan contient la goutte d'eau dans son immensité, il enveloppe dans son sein l'univers et ses créations multiples. Il est au dedans et au dehors ; il est loin, il est près: il est partout. Dans l'astre qui brille au front des cieux, il y est. Dans l'air qui me fait vivre, il y est. Dans la chaleur qui m'anime et dans l'eau qui me désaltère ; dans le souffle de la brise et dans le mugissement des vagues ; dans la fleur qui me réjouit et dans l'animal qui me sert; dans l'esprit et dans la matière; dans le berceau et dans la tombe; dans l'atome et dans l'immensité ; dans le bruit et dans le silence: il y est. Lui toujours, lui partout.
Il entend tout: et la musique harmonieuse des célestes sphères, et les chants joyeux de l'alouette, et le bourdonnement de l'abeille, et le rugissement du lion, et le pas de la fourmi, et le bruit de la feuille agitée, et la respiration de l'homme, et la prière du juste, et les blasphèmes du méchant.
Il voit tout: et le soleil étincelant aux regards de l'univers, et l'insecte caché sous l'herbe, et le vermisseau enseveli sous l'écorce de l'arbre, et l'imperceptible infusoire perdu dans les abîmes de l'Océan. Il voit et le jeu varié de leurs muscles, et la circulation de leur sang, et les pensées de mon esprit, et les battements de mon cœur, et les besoins du petit oiseau qui demande sa pâture, et les vœux solitaires du faible, et les larmes de l'opprimé.
Il gouverne tout : et l'innombrable armée des cieux, et les saisons, et les vents, et les tempêtes, et les siècles, et les peuples, et les passions humaines, et les puissances des ténèbres, et les créatures privées de raison, et les êtres doués d'intelligence. Il nourrit, il réchauffe, il loge, il habille, il protège, il conserve tout ce qui respire; car tout ce qui respire ne respire que par lui et ne doit respirer que pour lui.
Source éternelle du vrai, règle immuable du bien, il donne à l'homme la lumière pour le connaître, la force pour l'accomplir. Dans son infaillible balance, il pèse les actions des rois et des sujets, des particuliers et des peuples. Rémunérateur suprême de la vertu et vengeur incorruptible du vice, il cite à son tribunal le faible et le puissant, et le juste qui l'adore et l'impie qui l'outrage. Aux uns des châtiments sans miséricorde et sans espoir, aux autres une félicité sans mélange et sans fin.
Être au-dessus de tous les êtres, créateur et modérateur de l'univers, tout proclame votre existence; et les magnificences du ciel, et l'éblouissante parure de la terre, et l'obéissance filiale des flots irrités, et les vertus de l'homme de bien, et les châtiments du coupable, et la démence même de l'athée. Ce qui parle vous loue par ses acclamations ; ce qui est muet, par son silence. Tout révère votre majesté, et la nature vivante, et la nature morte. A vous s'adressent toutes les douleurs; vers vous s'élèvent toutes les prières. Créateur, conservateur, modérateur, père, juge, rémunérateur et vengeur, tous les noms de puissance, de sagesse, d'amour, d'indépendance et de justice, vous sont donnés; tous vous conviennent, et cependant aucun ne saurait vous nommer. Être au-dessus de tous les êtres, ce nom est le seul qui ne soit pas indigne de vous: EGO SUM QUI SUM.
Un être au-dessus de tous les êtres, un Dieu auteur et régulateur suprême du monde et des siècles, tel est le dogme fondamental que proclame l'univers et devant lequel se sont inclinées, le front dans la poussière, toutes les générations qui, depuis six mille ans, ont passé sur la face du globe. Contre ce fait, sur lequel repose, comme l'édifice sur sa base, la foi du genre humain, que prouvent et que peuvent les dénégations de l'athée ? Ce qu'elles prouvent ? ce que prouve une voix discordante dans un vaste concert. On la fait taire ou elle revient à l'unisson, et, sans elle ou avec elle, le concert continue. Ce qu'elles peuvent ? ce que peut le faible trait, décoché en passant par l'Arabe fugitif, contre la pyramide du désert. L'Arabe disparaît, et la pyramide demeure.
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Melchisédech
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MessageSujet: Re: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Lun 16 Mar - 10:54

Pris du retard... Mais j'avance quand même... Dans Gaume !
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Depuis la prévarication primitive, un anathème spécial pesait sur la femme : il fallait qu'une femme vînt le lever. Il le fallait, afin que le Prince de la Cité du mal eût la honte d'être vaincu par celle-là même, dont il s'était fait un instrument de victoire. Il le fallait, pour que la femme, principale cause de la ruine de l'homme, le devînt de son salut. Coupable messagère du démon, elle avait porté la mort à l'homme; bienfaisante messagère de Dieu, elle devait lui rapporter la vie' (S. Aug., De Symbol. Ad catechum., tract. III, § 4.) Le genre humain le savait; toutes les traditions de l'ancien monde plaçaient la femme à la tête du mal: toutes les traditions du monde nouveau devront la placer à la tête du bien.
En se redisant les unes aux autres : C'est la femme qui est la cause de tous nos malheurs (A muliere initium factum est peccati, et per illam omnes morimur. Eccles., XXV, 33.), les générations antiques avaient accumulé sur la tête de la femme une masse de haine et de mépris, qui avait fait de l'ancienne compagne de l'homme le plus abject et le plus misérable des êtres. En se répétant jusqu'au seuil de l'éternité: C'est à la femme que nous devons tous nos biens, les générations nouvelles environneront la femme d'une vénération et d'une reconnaissance, qui en feront l'être le plus respecté et le plus saintement aimé de tous ceux que Dieu a tirés du néant.
Vierge et mère, Marie est ce que fut la femme dans la pensée du Créateur : l'aide de l'homme, semblable à lui : Adjutorium simile sibi. Elle-même enfante des filles semblables à elle, mères comme elle, et mères dignes de ce, nom; vierges comme elle, et vierges dignes de ce nom. Comme Marie avait résumé en elle toutes les gloires des femmes bibliques, ses préparations et ses figures: ainsi elle communique ses qualités aux femmes évangéliques, sa continuation et son prolongement. Toutes sont ses filles; mais quelles que soient leurs richesses et leurs beautés. Marie les surpasse toutes. Agnès est sa fille, Lucie est sa fille, Cécile est sa fille, Agathe est sa fille, Catherine est sa fille. Toutes ces vierges, toutes ces femmes resplendissantes de vertus, riches de mérites et de gloires, sont filles de Marie, mais elle les surpasse toutes (S. Bonav., in Specul., c. II.)
Il faudrait parcourir les annales de tous les peuples catholiques, si l'on voulait nommer ces femmes nouvelles, glorieuses filles de Marie; ces mères de famille si grandes, si respectées, si chéries et si dévouées; ces vierges héroïques, fleurs gracieuses du jardin de l'Époux; abeilles infatigables qui, des vertus les plus rares, composent un baume souverain pour toutes les maladies.
Regardez plutôt, et voyez tout ce que le monde doit à la femme régénérée par Marie. Il lui doit la famille et c'est à la famille que la société chrétienne est redevable de toute sa supériorité. La femme est une puissance chrétienne. Cet élément de civilisation manquait au monde antique; il manque encore an monde idolâtre; et avec lui manque et manquera toujours la civilisation. Il lui doit la variété la plus touchante de services gratuits pour tous les besoins de l'âme et du corps. Il lui doit la conservation de ce qui reste de foi sur la terre. La première aux catacombes, la femme est la dernière au pied des autels. Il lui doit, aujourd'hui même, le spectacle peut-être le plus beau, mais à coup sûr le plus mystérieux qu'il ait jamais vu.
Jusqu'ici les femmes et les vierges catholiques, filles et sœurs de Marie, étaient restées dans l'intérieur du foyer domestique; jamais, du moins, elles n'avaient franchi, pour l'apostolat, les frontières du monde civilisé. Tout à coup l'Esprit du Cénacle s'est répandu sur elles. Son ardeur les anime, sa force les soutient. Transformées comme les apôtres, elles volent à la conquête des âmes. Timidité, délicatesse, préjugés, liens du sang, tout a disparu : la femme fait place a l'héroïne.
Comme ces graines légères, qu'aux jours d'automne le vent promène dans toutes les directions, afin de donner naissance à des pépinières de fleurs et d'arbustes, elles vont, portées sur l'aile de la Providence, se reposer aux quatre coins du monde. A leur vue, l'Arabe, le Chinois, le Musulman, le sauvage, restent frappés de stupeur. Ils demandent naïvement si elles sont des femmes et non pas des anges descendus du ciel en ligne droite ! Tant de vertus héroïques dans un sexe qu'ils n'ont jamais su que mépriser est pour eux un mystère palpable qui les dispose à croire tous les autres.
Marie étant ce qu'elle est, faisant ce que nous savons et beaucoup plus encore, on peut prévoir à quel degré de puissance et de perfection son influence élèvera la Cité du bien. Mieux que l'homme, Satan l'avait compris. L'anathème primitif lui était toujours présent : lui, l'orgueil incarné, avoir un jour la tête écrasée par une femme ! Cette pensée monte sa haine jusqu'au paroxysme. Pendant quatre mille ans, il se venge de la femme en l'outrageant de toutes manières. Ce n'est pas assez : à tout prix il veut empêcher la victoire qu'il redoute.
La femme dont le pied lui brisera la tête sera Vierge et Mère de Dieu: il le sait. A faire méconnaître Marie et à paralyser son action salutaire sur le monde, il emploie tous ses artifices. Grand singe de Dieu, longtemps d'avance, il multiplie chez tous les peuples les caricatures de l'auguste Vierge : « De peur, dit-il, que mon Ennemie ne soit reconnue et honorée comme la Mère de Dieu, j'inventerai une autre mère de Dieu. » Et dès la plus haute antiquité il invente Cybèle, la mère de tous les dieux, la femme du vieux Saturne, le plus ancien des dieux. Célèbre par toute la terre, son culte empêchera l'homme de faire aucun cas d'une autre mère de Dieu, plus récente et moins féconde. Une seule ne lui suffit pas. Toutes les anciennes mythologies de l'Occident, comme toutes les mythologies actuelles de l'Orient, sont pleines de déesses mères de dieux.
« Sans doute que mon Ennemie fera parade de son enfant : l'orgueil d'une mère est de porter son enfant dans ses bras. Ce spectacle sera de nature à la faire aimer, elle et son Fils. » Et il invente Vénus, type de la beauté sensuelle; entre ses bras, il lui met un fils, Cupidon, qui avec ses flèches allume l'amour dans tous les coeurs. Le genre humain tout entier prendra le change et croira que cette mère avec son enfant n'est qu'une copie de Vénus et de Cupidon.
« On attribuera sans peine un grand crédit à mon Ennemie sur le coeur de Dieu. Le monde sera porté à l'implorer; et cette confiance affermira son empire. » Et il invente Junon, la reine de l'Olympe, puissante sur le coeur de Jupiter, son époux, et le maître des dieux.
« Mon Ennemie sera secourable aux petits, aux malheureux, aux personnes de son sexe. Ses sanctuaires seront assiégés par des multitudes qui viendront lui exposer leurs besoins de l'âme et du corps. Les grâces obtenues populariseront son culte, et le mien tombera peu à peu dans le mépris. » Afin que personne n'ait recours à Marie, il invente Diane, déesse bienfaisante à tout le monde. Les bergers et les villageois l'invoqueront, parce qu'il sera reçu qu'elle préside aux forêts et aux montagnes. Les femmes enceintes auront recours à elle, ainsi que les voyageurs de nuit et ceux qui auront mal aux yeux, parce que, sous le nom de Lucine ou lumineuse, on croira qu'elle aide l'enfant à venir au jour, qu'elle dissipe les ténèbres et rend la vue aux aveugles (Voir le Père d'Argentan, Grandeurs de la sainte Vierge, t. III, c. XXV, § 11.)
La pensée satanique de discréditer Marie n'a pas vieilli. Un missionnaire écrit de l'Inde : « Mariamacovil est un gros bourg, voisin de Tanjaour. Ses maisons se groupent autour de l'énorme pagode de Mariamel, fausse divinité, qui a donné son nom à la petite ville. Le démon, furieux contre Celle qui lui a écrasé la tête, a voulu travestir le culte de notre bonne Mère du ciel. Il a donc inspiré à ses prêtres d'imaginer une déesse qui portât le nom de Marie, et de la présenter à leurs dupes comme une divinité malfaisante, que l'on ne doit chercher qu'à apaiser pour l'empêcher de faire du mal. Cet horrible blasphème contre la Mère de bonté est bien digne de l'enfer. Aussi ce bourg est-il un des boulevards du paganisme. » (Annales de la Sainte Enfance, n. 89, p. 411, décemb. 1862.)
En un mot, bien des siècles avant la naissance de Marie, Satan remplit le monde païen d'un nombre infini de déesses et de demi-déesses, de Pallas, de Minerve, de Cérès, de Proserpine et cent autres qui, toutes ensemble, forment une immense contrefaçon de Marie, afin d'obscurcir sa gloire, comme une nuée de, poussière cache la face du soleil.
Vains efforts! « La très sainte Vierge, dit Euthymius, à brisé les autels des idoles, renversé les temples des gentils, fait tarir les torrents de sang chrétien répandus dans toutes les parties du monde. » (Cingul. Mar.) Satan ne se tient pas pour battu. Au moyen des hérésies, il recommence la lutte. Ici encore, ainsi que nous l'avons remarqué, tous ses efforts tendent à détruire le dogme du Verbe incarné, par conséquent, à détrôner Marie. Tentative désespérée! Toutes les fois que l'antique serpent lève la tête, il sent le pied virginal de Marie qui l'écrase; car il faut que l'anathème divin ait éternellement son effet : Ipsa conteret caput tuum. Jusqu'à la fin de l'épreuve réservée à la race humaine, la lutte recommencera sous un nom ou sous un autre, avec la même honte pour Satan et la même gloire pour Marie.
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MessageSujet: Re: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Ven 27 Mar - 21:21

Saint Paul au corinthiens, II 6-16

6 Pourtant il est une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n'est pas celle de ce siècle, ni des princes de ce siècle, dont le règne va finir.
7 Nous prêchons une sagesse de Dieu mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre glorification.
8 Cette sagesse, nul des princes de ce siècle ne l'a connue; - car, s'ils l'avaient connue, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de la gloire.
9 Mais ce sont, comme il est écrit, " des choses que l'oeil n'a point vues, que l'oreille n'a point entendues, et qui ne sont pas montées au coeur de l'homme, - des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment. "
10 C'est à nous que Dieu les a révélées par son Esprit; car l'Esprit pénètre tout, même les profondeurs de Dieu.
11 Car qui d'entre les hommes connaît ce qui se passe dans l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui? De même personne ne connaît ce qui est en Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu.
12 Pour nous, nous avons reçu non l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce.
13 Et nous en parlons, non avec des paroles qu'enseigne la sagesse humaine, mais avec celles qu'enseigne l'Esprit, en exprimant les choses spirituelles par un langage spirituel.
14 Mais l'homme naturel ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est par l'Esprit qu'on en juge.
15 L'homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n'est lui-même jugé par personne.
16 Car " qui a connu la pensée du Seigneur, pour pouvoir l'instruire? "
Mais nous, nous avons la pensée du Christ.

Trad Crampon
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MessageSujet: Re: Lectures de Carême.Ne nécessite pas de commentaires...   Aujourd'hui à 21:18

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