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 Commentaires de l'Evangile de dimanche

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Abbé Grossin
Sénéchal


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Localisation : Par grâce et aussi par vouloir, je dors en Bretagne ce soir...dans la beauté !
Date d'inscription : 04/10/2006

MessageSujet: Commentaires de l'Evangile de dimanche   Dim 22 Oct - 17:38

Homélie 28 de saint Grégoire le Grand

Sur l’Évangile de ce XXe dimanche après la Pentecôte. A cette occasion, il faut examiner attentivement ce que nous avons appris par le récit d’un autre évangéliste du centurion qui vint au Seigneur et lui dit : « Seigneur mon esclave est paralysé dans ma maison et souffre atrocement. » Matt. VIII,6. Jésus lui répondit aussitôt : « J’irai et je le guérirai ». Pourquoi donc l’officier royal demande-t-il à Jésus de venir auprès du fils et Jésus refuse-t-il d’y aller et au contraire il n’est pas invité à aller auprès de l’esclave du centurion et cependant il promet d’y aller ?

Pour le fils de l’officier royal, il ne daigne pas aller sur place pour le guérir, pour l’esclave du centurion il daigne aller le voir. N’est-ce pas pour rabaisser notre orgueil (cet horrible orgueil social, ndr), nous qui vénérons chez les hommes non pas leur nature de créature faite à l’image de Dieu mais leurs honneurs et leurs richesses ? Quand nous évaluons tout ce qui leur est extérieur nous négligeons tout à fait d’évaluer ce qui est intérieur ; en considérant ce qui dans les corps peut être regardé avec mépris, nous négligeons de penser à ce qu’ils sont. Mais notre Rédempteur pour montrer que ce qui est estimé par les hommes est méprisable par les saints, ne voulut pas aller auprès du fils de l’officier royal et fut prêt à aller auprès du l’esclave du centurion.

Notre orgueil se trouve donc blâmé, lui qui ne sait pas juger les hommes à cause des hommes. Il mesure comme nous l’avons dit les seuls biens extérieurs aux hommes, il ne voit pas la vraie nature des hommes, il ne reconnaît pas la beauté de Dieu en eux. Voici que le Fils de Dieu ne veut pas aller auprès du fils de l’officier royal et cependant est disposé à aller guérir le serviteur. Certainement si l’esclave de quelqu’un nous demandait d’aller le voir, aussitôt notre orgueil réagirait en une pensée secrète : n’y va pas, tu t’abaisserais toi-même, ton honneur serait méprisé, l’endroit t’avilirait.

Mais voici qu’il est venu du ciel, celui qui n’a pas craint sur terre d’aller voir un esclave et cependant nous qui sommes de la terre, nous redoutons d’être humiliés sur terre. Pour Dieu qu’y a-t-il de plus vil, qu’y a-t-il de plus méprisable que de rechercher la considération des hommes et de ne pas craindre les yeux du juge des consciences. C’est pourquoi le Seigneur dit au Pharisien dans le saint Évangile : « C’est vous qui vous justifiez devant les hommes mais Dieu connaît vos cœurs et ce qui est bien vu des hommes est abominable pour Dieu. » Luc XVI, 15. Remarquez frères, remarquez ce qui est dit. Car si ce qui est bien vu des hommes est abominable pour Dieu, les pensées de notre cœur sont d’autant plus basses devant Dieu qu’elles sont plus élevées devant les hommes et l’humilité de notre cœur est d’autant plus grande pour Dieu qu’elle est plus méprisable pour les hommes.

Regardons avec mépris ce que nous faisons de bien, que nul de nos travaux ne nous inspire de l’orgueil, que ni l’abondance des biens, ni la gloire ne nous enorgueillisse. Si par l’affluence de toutes sortes de biens nous sommes intérieurement gonflés d’orgueil, pour Dieu nous sommes méprisables. Au contraire le Psalmiste dit à propos des humbles : « Le Seigneur est le gardien des tout-petits » Ps. CXIV. Parce qu’il appelle les humbles tout-petits, après avoir exprimé une sentence il ajoute un conseil ; de fait comme si nous cherchions ce qu’il a fait lui-même pour cela il ajoute : « J’ai été humilié et il m’a libéré ». Pensez donc à cela frère, pensez à cela de toutes vos forces.

N’honorez pas les biens de ce monde chez vos proches. Honorez chez les hommes auxquels vous n’êtes cependant pas soumis, le fait qu’ils ont été créés à l’image de Dieu. Cela, vous l’observez vraiment pour vos proches si vous n’êtes pas vous-mêmes gonflés d’orgueil dans vos cœurs. Car celui qui s’enorgueillit ici-bas pour des biens passagers n’est pas capable d’honorer chez le prochain ce qui est durable. Ne pensez pas en vous-mêmes à ce que vous possédez mais à ce que vous êtes.

Voici le monde que vous aimes s’enfuit. Ces saints dont la tombe est près de nous ont de leur mépris foulé aux pieds un monde heureux : c’était la vie longue, la sécurité permanente, la richesse, la fécondité d’une famille, la tranquillité d’une paix durable. Et cependant, bien que le monde fût florissant, dans leur cœur il était desséché. Voici que maintenant le monde se dessèche lui-même et cependant il fleurit dans nos cœurs : partout la mort, partout le deuil, partout la désolation, partout nous sommes frappés, partout nous sommes abreuvés d’amertumes ; et cependant l’esprit aveuglé par la concupiscence de la chair, nous aimons ces amertumes mêmes, nous poursuivons le monde alors qu’il nous échappe, nous nous attachons à lui alors qu’il s’écroule. Et parce que nous ne pouvons pas arrêter sa chute, nous tombons avec lui agrippés à lui dans sa chute. Autrefois le monde nous tenait par notre amour pour lui ; maintenant il est plein de tant de malheurs que c’est le monde lui-même qui nous conduit à Dieu. Pensez donc que tout ce qui se passe dans le monde est sans valeur. Le fait que les choses temporaires ont une fin montre combien est sans valeur ce qui a pu passer.

Tout cela frères très chers, pensez-y avec une grande attention, mettez dans vos cœurs l’amour de l’éternité, afin que méprisant l’accès aux dignités humaines vous parveniez à la gloire que vous tiendrez par la foi.
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Dismas
Ecuyer


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Date d'inscription : 03/10/2006

MessageSujet: Re: Commentaires de l'Evangile de dimanche   Dim 22 Oct - 19:54

L'empressement de Notre Seigneur vis-à-vis du centurion par rapport à Sa fraîcheur relative vis-à-vis de l'officier royal peut s'expliquer aussi par le fait que le premier a davantage de mérite à demander l'aide de Jésus, car c'est un païen et - qui plus est - un occupant : il y a donc, de sa part, une foi confiante et une humilité particulièrement méritoires, que Jésus signale du reste expressément à l'admiration de tous. Alors que le second est un Juif et que Jésus S'agace de voir que les gens censés croire en Lui spontanément du fait de la surabondance des prophéties à Son sujet sont ceux qui ont le plus besoin de miracles pour cela. On pense aussi à ce qu'Il dira plus tard au futur saint Thomas l'Apôtre : "Tu as cru parce que tu as vu. Heureux ceux qui croiront sans avoir vu".
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