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 polémique et charité selon l'Abbé Berto

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luernos
Sénéchal
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Nombre de messages : 1588
Date d'inscription : 27/08/2006

MessageSujet: polémique et charité selon l'Abbé Berto   Sam 23 Juin - 19:15

Citation :


Je viens à ce qui vous a surtout déplu dans mon article, la rudesse du ton, selon vous peu charitable. Sur ce point, je ne vous concède rien. Si la charité est ce que vous dites, il faut déchirer des pages entières de l'Evangile, depuis l'a paille et la poutre des " hypocrites " jusqu'à la clef de la science que les duces caeci et stulti gardent dans leur poche, pour finir par serpentes, genimina viperarum. Ou bien avez-vous deux poids et deux mesures ? Etait-ce charité à saint Jérôme de traiter saint Augustin de " citrouillard, cucurbitarius ", et Rufin d'" âne à deux pattes, asinus bipes " tandisque ce serait manque de charité à moi d'égayer mes lecteurs en évoquant le " bipède sans plumes " de Platon, expression qu'il faut bien que je m'applique comme à mes adversaires, puisque je suis homme comme eux, au lieu que saint Jérôme ne s'appliquait sûrement pas l'asinus bipes qu'il décochait à Rufin. A moins que vous ne préfériez dire que saint Jérôme aussi manquait de charité, mais vous le diriez contre toute l'Eglise et contre l'évidence, car et l'Eglise et l'évidence proclament que ce volcan d'invectives flambait de charité.

Lui, et non pas moi ? Hélas, c'est trop vrai, mais pour le dire il faut scruter mes intentions, ce qui n'est pas évangélique non plus, et aller au delà de mon comportement littéraire, puisque mes expressions ne sont pas plus fortes que " sépulcres blanchis " qui est dans l'Evangile, et que " défécateurs en chambre " qui est dans la lettre à Eustochium.

Vous vous scandalisez de rencontrer de l'invective dans une publication qui s'intitule catholique, C'est tout simplement que l'invective est catholique, à preuve l'Evangile, à preuve non seulement les onze volumes de saint Jérôme dans Migne, mais cent autres tomes de la Patrologie. Elle n'est donc pas d'elle-même et dans tous les cas contraire à la charité. La charité transcende et l'invective et la douceur des paroles, elle " impère " l'une ou l'autre suivant les circonstances. Vraiment " l'Evangile ne parle que de charité " ? A merveille, et j'en demeure d'accord ; pourtant il contient des invectives, donc les invectives ne sont pas de soi contraires à la charité de l'Evangile. Et quant à une charité qui ne serait pas celle de l'Evangile, je me moque bien d'en manquer.

Je maintiens donc absolument mon droit à l'invective ; je repousse absolument le reproche de manquer de charité, fondé sur le seul usage de l'invective ; je dis que ce reproche procède d'une erreur sur la nature même de la charité. On peut certes manquer de charité dans l'invective, et j'ai pu avoir ce malheur ; mais on peut aussi manquer de charité dans la douceur, et condamner l'invective au nom de la charité n'est pas selon la charité telle que l’Evangile du très doux et du très terrible Seigneur Jésus nous en livre la notion et nous en montre la pratique.

Veuillot est plein d'invectives, et l'on peut dire que saint Pie X a canonisé non sa personne, mais sa manière. Le Bref de 1913 est ma charte et je m'y tiens.

Mais Veuillot était un laïc ! Oui, et après ? Interdire au prêtre, parce qu'il est prêtre, l'invective, c'est accepter une image conventionnelle et artificielle du prêtre, qui a son origine ailleurs que dans l'Evangile et dans l'Eglise, étant l'image mondaine du prêtre ou plutôt sa caricature, bénisseuse, onctueuse, efféminée. Je ne veux pas ressembler à cette caricature dégradante; je veux garder à portée de ma main le fouet dont s'est servi le Souverain Prêtre, seul vrai modèle des prêtres ministériels. J'ai pu user peu charitablement de ce fouet charitable, peu évangéliquement de ce fouet évangélique, peu sacerdotalement de ce fouet sacerdotal : mais il est charitable, mais il est évangélique, il est sacerdotal, et j'ai deux fois comme prêtre le devoir d'en conserver l'usage, parce que j'ai deux fois comme prêtre le devoir de porter la ressemblance de Jésus. Il est vrai, ce sont des prêtres, des religieux que je rencontre parfois sur mon chemin. Mais s'ils font une œuvre néfaste, la charité me commande-t-elle de la leur laisser accomplir, parce qu'ils sont prêtres et religieux ? Elle me commande au contraire d'empêcher que leur caractère ne protège leurs entreprises. Elle me commande en même temps, certes, de respecter en eux ce qui demeure respectable, leur vie privée, dont je ne m'occupe jamais, leurs intentions, que je ne présume jamais perverses, la pureté de leur foi, que je ne m'arroge jamais le droit de contester. Pour le reste, la charité qui m'oblige à les aimer comme mon prochain me fait un devoir de les haïr perfecto odio comme publicistes, si leur théologie est inexacte, si leur pastorale est funeste, si leur style est ridicule, si leur jugement est faux, si leur goût est sophistiqué, s'ils ratiocinent contre le bon sens, s'ils embrouillent l'univoque et l'analogue, la géométrie et la finesse, l'essentiel et l'existentiel, surtout enfin s'ils. ont gagné une audience assez large pour semer le désarroi dans beaucoup d'esprits, pour déranger un grand nombre de têtes faibles. Il est regrettable, il est douloureux que des prêtres et des religieux qui se mêlent d'écrire donnent le spectacle de l'une ou l'autre de ces difformités ou de plusieurs ; mais s'ils le donnent, la charité commande une indignation d'autant plus vive que l'indécence est plus grande de leur part, et d'autant plus salubre qu'il est plus urgent de leur ôter crédit. Le P. Teilhard doit être blâmé deux fois, parce qu'il est jésuite, pour avoir qualifié Dieu de " point W ", car qu'est-ce que cette affectation de phénoménologie sous la plume d'un fils de saint Ignace ? Parce qu'il est dominicain, le P. Chenu est deux fois reprochable d'avoir imprimé que l'Eglise doit céder à l'Etat devenu majeur (naturellement) § ce qu'elle conserve encore de fonctions temporelles, parmi lesquelles, frottez-vous les yeux, le soin des malades et l'enseignement ; ce frère en religion de saint Thomas abjurera-t-il impunément ce que dit le saint Docteur des œuvres de miséricorde corporelle qui sont l'honneur de l'Eglise, et des œuvres de miséricorde spirituelle - parmi lesquelles l'instruction des ignorants - qui non seulement manifestent la charité surabondante de l'Eglise, mais conditionnent concrètement la transmission efficace du message évangélique ? Parce qu'il est prêtre, l'abbé Oraison doit être deux fois flagellé de verges, pour avoir empoisonné les séminaires, et jusqu'aux cloîtres de la virginité sacrée, des infâmes remugles de son pansexualisme larvé. Vous vous exclamez sur mes véhémences : " Et c'est un prêtre qui écrit ! " Permettez-moi de vous dire que vous vous trompez d'adresse. C'est à ceux que je combats qu'il faudrait marquer votre indignation

extrait de cette référence :
http://www.salve-regina.com/Morale/POLEMIQUE_ET_CHARITE.html
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MessageSujet: Re: polémique et charité selon l'Abbé Berto   Sam 23 Juin - 19:23

très bien ce texte luernos,merci! Very Happy
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