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 Impressions générales de Terre Sainte

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Dismas
Ecuyer


Nombre de messages : 264
Date d'inscription : 03/10/2006

MessageSujet: Impressions générales de Terre Sainte   Dim 15 Oct - 14:40

LE SAINT SÉPULCRE À JÉRUSALEM

La construction de la première basilique du Saint-Sépulcre commença en 326, sur l’ordre de l’empereur Constantin. L’édifice fut érigé à l’endroit d’un temple et d’un sanctuaire romains du deuxième siècle qui se dressaient sur le lieu même où Notre-Seigneur avait été crucifié et enseveli. Lorsque les édifices romains furent démolis, plusieurs tombes taillées dans le roc furent découvertes. L’une d’elles fut identifiée comme étant celle de Joseph d’Arimathie. Le soubassement en pente fut taillé autour de cette tombe afin de dégager une plate-forme en saillie à l’endroit de l’actuel édicule enfermant la pierre sépulcrale.

Il ne reste pas grand chose de l’édifice byzantin d’origine, incendié et pillé par les Perses en 614, partiellement rebâti par le patriarche Modeste, endommagé par un tremblement de terre en 808 et démoli en 1009 sur ordre du calife fâtimide al-Hakim . Une partie fut reconstruite par l’empereur byzantin Constantin Monomaque en 1048, mais pour l’essentiel, le bâtiment actuel est le résultat d’une reconstruction par les croisés au douzième siècle, ainsi que de rénovations ultérieures. Les travaux de restauration et de préservation les plus récents ont commencé en 1959 et ne sont pas encore achevés. L’actuel édifice comprend la moitié du site de l’église byzantine d’origine, et seule la rotonde reprend approximativement la forme et le plan d’origine du quatrième siècle.

Depuis les croisades, l’enceinte et le bâtiment de la basilique du Saint-Sépulcre appartiennent à trois grandes confessions : les Grecs « orthodoxes », les « orthodoxes » arméniens et les catholiques romains (les « latins »). D’autres communautés « orthodoxes » – les coptes d’Égypte, les Éthiopiens (ou « Abyssins ») et les Syriens – détiennent également certains droits et des titres de propriété dans le bâtiment ou autour. Les droits et privilèges de toutes ces communautés sont protégés par le Statu quo sur les lieux saints (1852), garanti par l’article LXII du traité de Berlin (1878).

Après le tremblement de terre de 1927, l’autorité politique en place (conformément aux dispositions du Statu quo) dut intervenir pour réaliser des réparations urgentes. La nécessité d’une telle intervention a cessé en 1959, année où les trois communautés principales ont institué un Bureau technique conjoint.

Certains problèmes demeurent toutefois sans solution, parmi lesquels le conflit perpétuel entre « orthodoxes » coptes et éthiopiens autour des titres de propriété de la chapelle des Éthiopiens (située sur le toit de la chapelle de Sainte-Hélène). Depuis le début du conflit, le gouvernement israélien (en tant qu’autorité politique) a choisi de ne pas intervenir, dans l’espoir que les deux communautés résoudraient la question entre elles.

C’est dire si l’on retire une impression contrastée de ce sombre caravansérail, où la rivalité, voire l’hostilité entre communautés atteint des sommets. C’est dire aussi qu’il ne peut exister aucune unité, aucune harmonie architecturale dans ce bâtiment construit, détruit, rebâti, re-détruit, rafistolé à toutes les époques, par toutes sortes de gens. Et que dire de l’état de la basilique, sinon qu’il est effroyable ? L’authenticité est certes une fort belle chose, mais elle pourrait très bien s’accommoder d’un minimum d’entretien. Est-ce dû à ce que les communautés se renvoient la responsabilité et la charge financière de celui-ci ? Toujours est-il que si elles consacrent une énergie colossale à se disputer les endroits et les temps de prière, il n’y a – semble-t-il – pas bousculade au portillon pour commander les indispensables travaux de restauration et de rénovation…

Nous sommes arrivés en Terre Sainte, et singulièrement au Saint-Sépulcre, alors que la Pâque « orthodoxe » battait encore son plein, d’où une grande affluence de Grecs, de Russes, d’Arméniens et de Roumains. Nous avons ainsi découvert différentes facettes de ce schisme protéiforme. D’abord, le peu d’amitié et de respect des tenants de l’« orthodoxie » pour le catholicisme romain, dont on se doutait un peu en dépit (ou plutôt à cause ?) du faux œcuménisme de la Rome actuelle, plus portée à confirmer les errants dans leur erreur qu’à tenter de les convertir. Ensuite, leur foi émouvante, qui a de quoi étonner les conciliaires. Enfin, leur belle ferveur, qui peut cependant dégénérer en superstition.

Les religieux grecs « orthodoxes » assurant le service d’ordre autour et à l’intérieur de l’édicule où est gardée et vénérée la pierre du Saint-Sépulcre se comportent à peu près comme des videurs de boîte de nuit. En cas d’affluence turbulente, ils rabrouent les fauteurs de troubles en faisant plus de bruit qu’eux. Ils bousculent tous les pèlerins et (ou) touristes, « orthodoxes » ou non, parfois obligés d’attendre une heure pour entrer quatre par quatre dans le saint des saints et y prier une minute environ, pas plus. Reconnaissons que les franciscains, qui font le même travail lorsque c’est leur tour, ne se comportent pas de manière plus douce, religieuse et civilisée. Quant à leur tenue… Un jour, j’ai reconnu l’un d’eux (un noir) qui – lassé de la bure – s’était changé et se promenait dans la basilique vêtu d’un blue-jean fatigué et d’une chemise hawaïenne flottant par-dessus : sans doute était-il en RTT, mais je n’ai pas vu s’il portait des tongs (Remets Tes Tongs). Du moins les religieux « orthodoxes » ont-ils à cœur de garder à tout moment leur habit. Et l’on voudrait que les conciliaires soient respectés de leurs « frères séparés » ?…

Les « orthodoxes » sont peut-être schismatiques et hérétiques, mais leur foi a de quoi impressionner même les catholiques de tradition. Dès que l’on entre au Saint-Sépulcre, on est tout entier envahi par une puissante odeur que l’on percevait de plus en plus en traversant l’esplanade d’accès et dont on emportera l’impérissable souvenir avec soi en quittant la Terre Sainte : celui de l’encens à la rose. Une fois dans la place, la première chose qui attire le regard est un attroupement autour d’une dalle de très vieille pierre rose : c’est celle où, selon la tradition, le corps du Christ a été oint sommairement par ses disciples avant d’être enseveli au sépulcre. On voit, pressés autour, beaucoup de gens agenouillés – surtout des femmes – en train de passer et de repasser sur la pierre des linges gorgés d’huile en un geste reproduisant celui accompli sur le corps de Jésus par les femmes pieuses de l’Évangile, qui étaient bien décidées à revenir le surlendemain pour procéder à un embaumement en bonne et due forme. D’autres fidèles se contentent de prier et de baiser la dalle.

Cependant, il arrive que la ferveur des « orthodoxes » dérape dans la superstition pure et simple, par exemple avec leur cérémonie du « feu sacré », dont notre prêtre accompagnateur nous a expliqué en gros le déroulement, non sans la dénoncer comme une véritable supercherie. La nuit pascale, lorsque les latins célèbrent le « feu nouveau », une foule de Grecs « orthodoxes », massée autour de l’édicule renfermant la pierre du Saint-Sépulcre, se tient dans une attente fébrile. Des religieux arrivent, que l’on fait mine de fouiller pour vérifier qu’ils ne sont porteurs ni de briquets, ni d’allumettes. Ils entrent et referment la porte derrière eux. On se doute que des prières sont dites à l’intérieur. Puis, au bout d’un certain temps, les personnes massées autour de l’édicule voient, par les sortes de hublots percés dans ses flancs à hauteur d’homme, ce qu’elles croient être le « feu sacré » descendu directement du Ciel ! Ce sont alors des hurlements de joie, de véritables scènes d’hystérie collective. C’est tout bonnement du Grand Guignol, et il est navrant de voir abuser ainsi – au nom du christianisme – de la foi et de la naïveté des gens à propos d’un événement aussi sacré que la Résurrection du Sauveur.

(à suivre)
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