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 Les cloches des églises

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Abbé Grossin
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Localisation : Par grâce et aussi par vouloir, je dors en Bretagne ce soir...dans la beauté !
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MessageSujet: Les cloches des églises   Lun 11 Juin - 20:43

Les cloches


par Durand de Mende

Le nom de cloche

Le mot cloche vient du latin : campana/campanae au pluriel. Au départ, cela désignait des vases d’airain inventé à Nole, cité de la Campanie. Les grands vases d’airain, sont appelés « campanae » ou cloches, et les plus petits : « nolae », ou clochettes venant de la ville de Nole.

Sonner la cloche

On bénit et on sonne la cloche, afin que, par les sons retentissants qu’elle rend, les fidèles soient animés tous ensemble à rechercher les biens éternels et les récompenses célestes, et que le dévouement de la foi se développe en eux. . On sonne donc la cloche, afin que les fruits de la terre, les âmes et les corps de ceux qui croient, soient conservés et sauvés, que les armées des ennemis et toutes les ruses du démon soient découvertes, et qu’ils soient chassés au loin, que le fracas des orages, la tempête et les ouragans, l’impétuosité des vents et de la foudre s’apaisent et se calment, et que le tonnerre dangereux, et le souffle de l’aquilon soient suspendus et arrêtés, que les esprits des orages et les puissances de l’air voient se briser leur empire, et enfin, on sonne aussi la cloche pour que ceux qui entendent ce son se réfugient dans le sein de leur sainte Mère l’Église, et se prosternent devant l’étendard de la Croix, au nom de laquelle tout genou fléchit au ciel, sur la terre et dans les enfers, etc… toutes choses que l’on dit dans les bénédictions de la cloche.

Vigilance

Il faut savoir que les cloches, par le son fort et brillant desquelles le peuple s’assemble dans l’église pour écouter et le clergé pour annoncer dès le matin la miséricorde du Seigneur et sa puissance pendant la nuit, représentent les trompettes d’argent par lesquelles, dans l’ancienne loi, le peuple était convoqué au sacrifice. Or, de même que les sentinelles des camps sont tenues éveillées par les trompettes, ainsi les ministres des églises se défendent du sommeil par le son des cloches, afin de veiller toute la nuit contre les embûches du diable. Mais nos cloches sont plus sonores que les trompettes de l’ancienne loi, parce qu’alors Dieu n’était connu que dans la Judée, tandis que maintenant son nom est répandu sur toute la terre. Nos cloches sont aussi plus dures et plus fortes, car elles signifient que la prédication du Nouveau Testament sera plus durable que les trompettes et les sacrifices de l’ancienne loi, parce qu’elles dureront jusqu’à la fin du monde.

Les prédicateurs

Les cloches signifient les prédicateurs qui, à l’instar de la cloche doivent appeler les fidèles à la foi ; ce qui fut figuré par le commandement que le Seigneur donna à Moïse de faire au grand-prêtre un vêtement garni de soixante-douze clochettes qui résonnaient lorsque le pontife entrait dans le Saint des saints. Et ce vase désigne encore la bouche du prédicateur, selon cette parole de l’Apôtre : « Je suis devenu comme un airain retentissant et comme une cymbale au son clair et aigu. »

La dureté du métal désigne la force dans l’âme du prédicateur, ce qui fait dire au Seigneur : « Je t’ai donné un front plus dur que le leur. » Le battant ou le fer qui, en frappant l’intérieur du vase de l’un et l’autre côté, produit le son, figure la langue du docteur, qui est ornée de la science, et qui fait retentir l’un et l’autre Testament, l’Ancien et le Nouveau, par les enseignements que sa parole en tire.

Donc, le prélat, sans la science de la prédication, serait comme la cloche sans battant, selon cette parole de saint Grégoire : « Le prêtre, s’il est ignorant de la prédication, quel cri puissant poussera-t-il ? crieur public sans voix, il est aussi comme un chien muet qui ne peut aboyer. » Et le battement lui-même de la cloche marque que le prédicateur doit d’abord frapper en lui les vices qu’il a, en s’en corrigeant, et ensuite aller reprendre ceux des autres, de peur qu’opposé à la doctrine de l’apôtre, après avoir prêché aux autres, il ne vienne lui-même à être réprouvé. Car Dieu dit au pécheur : « Pourquoi proclames-tu ma justice, et rends-tu témoignage de moi par ta bouche ? » Assurément parce que, par l’exemple de ses actions, le prédicateur enflamme la plupart du temps, à la pratique du bien, ceux qu’il ne peut toucher et émouvoir par l’érudition de sa parole. La chaîne par laquelle le battant est attaché au vase de la cloche, c’est la modération qui tempère la langue du prédicateur et lui fait suivre en tout l’inspiration du cœur, par l’autorité de la Sainte Écriture.

Le bois auquel la cloche est suspendue signifie celui de la Croix du Seigneur, et voilà pourquoi on suspend parfois les cloches dans la partie la plus élevée du clocher, parce que la croix a été annoncée par les plus anciens Pères. La corde qui pend de la cloche et qui sert à la sonner, c’est l’humilité, c'est-à-dire la vie du prédicateur. La corde marque aussi la mesure et l’étendue de notre existence elle-même. Outre cela, comme la corde commence du bois auquel la cloche est suspendue, lequel bois représente la croix du Seigneur : elle désigne encore la Sainte Écriture qui descend en droite ligne du bois de la croix. Or, de même que la corde est faite de trois autres petites cordes, ainsi, l’Écriture est renfermée dans les trois choses suivantes, à savoir : l’histoire, l’allégorie et le sens moral. Donc, la corde qui descend du bois dans la main du prêtre qui sonne les cloches, c’est l’Écriture qui découle du mystère de la Croix dans la bouche du prédicateur. Et voilà pourquoi, encore, la corde descend jusqu’aux mains de celui qui sonne la cloche, parce que l’Écriture doit passer jusque dans les œuvres du prédicateur, par la pratique des enseignements qu’elle renferme. L’élévation et l’abaissement de la corde, quand on sonne la cloche, marquent encore que la sainte Écriture parle parfois des choses élevées et parfois de choses basses, ou bien que le prédicateur dit quelquefois des choses élevées à cause de quelques-uns de ses auditeurs, et quelques fois, à cause des autres, descend bien bas, selon cette parole de l’apôtre : « Ou nous nous élevons à cause de Dieu, ou nous descendons à cause de vous. » Outre cela, le prêtre tire la corde en bas lorsqu’il descend de la contemplation à la vie active ; mais il est lui-même tiré en haut, lorsque, par la doctrine de l’Écriture il s’élève dans les régions de la contemplation. Il tire encore la corde en bas, lorsqu’il comprend l’Écriture à la lettre, et il est enlevé en haut, quand il l’explique dans le sens spirituel. De nouveau, selon saint Grégoire, « le prêtre est tiré en bas et élevé en haut, quand il réfléchit en lui-même et mesure l’abaissement dans lequel il est tombé par le péché, et l’élévation à laquelle il parvient en faisant le bien. » Et, lorsque la corde étant tirée, la cloche résonne, le peuple s’assemble pour entendre l’explication de la sainte Écriture, le prédicateur est écouté et le peuple est uni dans l’unité de la foi et de la charité. C’est pourquoi le prêtre, qui se reconnaît débiteur de la prédication, ne se soustraira pas au devoir de mettre en branle les cloches, car les fils d’Aaron faisaient résonner les trompettes. Donc, il agite la corde, celui qui convoque par ce ministère ses frères ou le peuple. L’anneau attaché au bout de la corde et par lequel, dans la plupart des pays, on tire la corde, c’est la couronne de la récompense et la persévérance finale dans le service de Dieu ; c’est enfin la divine Écriture elle-même. Le pape Savinien établit que les heures du jour seraient sonnées par les églises.

Extrait du Rational
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MessageSujet: Re: Les cloches des églises   Lun 11 Juin - 21:00

Abbé Grossin a écrit:
Les cloches


par Durand de Mende

Le nom de cloche

Le mot cloche vient du latin : campana/campanae au pluriel.


Merci, Monsieur l'abbé, pour ces informations.

Il serait néanmoins plus juste de dire que le mot «cloche» traduit le latin «campana».

Voir par exemple: http://www.cornelsen.de/teachweb/1.c.42668.de?hasjs=1181584482&submittedByForm=1&parentID=1.c.144227.de&gsid=1.c.131741.de&id=42668#%C9tymologie%20du%20mot%20%ABcloche%BB

Citation :

Étymologie du mot «cloche»
On a en bas latin la forme clocca, qui est un mot celtique importé par les missionnaires anglo-irlandais. Cette étymologie est aujourd'hui plus que probable ; mais à l'époque de Littré, cette solution était avancée mais pas assurée:

bas-lat. clocca, cloca, dans des textes du VIIIe siècle; anglo-sax. clucge, IXe siècle; anc. h. allem. clocca, IXe siècle, ordinairement avec un g, glocca ; anc. scandinave, klucka; allem. mod. Glocke; kymri, cloch; irl. clog; bas-bret. cloc'h. Ce mot est d'origine obscure; car on ne sait pas précisément s'il est allé des langues romanes dans les langues germaniques et celtiques, ou s'il a suivi le chemin inverse.

La forme encore utilisée aujourd'hui est attestée dès le XIIème siècle. C'est au XVIème siècle que le mot cloche désigne des objets par analogie de la forme.
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