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 L'économie, le libre-échangisme, etc.

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MessageSujet: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Mer 6 Juin - 15:25

Bonjour,

Je voulais savoir quel regard un catholique devait avoir sur la science économique.

Peut-on considérer comme légitime d'étudier une science dont le but affiché est de "maximiser le profit" (et ce quelles que soient les écoles: classique, néoclassique, marxiste, keynésienne, monétariste) ?

Par ailleurs, je m'interroge sur la notion de libre-échange. A priori, ma première réaction serait de considérer qu'à tout prendre, un pays a plus de chances de s'enrichir en étant ouvert: il suffit d'observer l'échec des modèles autocentrés (dans le Tiers monde) et des pays socialistes pour s'en convaincre. Le PIB actuel de la Corée du Nord équivaut à 7% de celui de la Corée du Sud alors que les deux pays étaient partis avec des conditions initiales identiques !

Par ailleurs, il est incontestable que les pays ex-communistes ayant opté pour une libéralisation radicale de leur économie (Pologne et Hongrie en particulier) s'en sont mieux sortis que ceux qui ont opté pour une ouverture "graduelle" (Roumanie, Bulgarie, Ukraine). Même s'il y a un risque important de financiarisation de l'économie et de pouvoir accru des banques et des autres instruments plus ou moins douteux du capitalisme (fonds de pension, stock-options, actions, obligations, etc.), le même phénomène survient dans le cas d'un développement autocentré qui mène rapidement au surendettement. J'ai trouvé une caricature parue dans les années 80 dans le journal canadien "Vers Demain" (promoteur du Crédit Social), qui l'illustre bien.



Bref. Faut-il brûler Adam Smith, John Maynard Keynes, Milton Friedman et tant d'autres? Y a t-il un économiste dont l'oeuvre soit empreinte de la spiritualité catholique? (j'avais lu quelque part que Pie IX avait loué l'oeuvre de Frédéric Bastiat mais j'avoue n'avoir pas lu cet auteur).
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Ar-Ka.
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MessageSujet: Re: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Mer 6 Juin - 17:30

Citation:
"un pays a plus de chances de s'enrichir en étant ouvert: il suffit d'observer l'échec des modèles autocentrés (dans le Tiers monde) et des pays socialistes pour s'en convaincre..."


Il me semble que les pays du Bloc Communiste étaient tout sauf "fermés": Ils commerçaient entre eux, autant qu'ils le pouvaient, tout autour du monde (de prague à Hanoi, en passant par La Havane...); simplement, ils étaient limités dans leurs productions, dont ils avaient nationalisé tous les moyens (et l'erreur vient de là)...
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Gregory-regis
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MessageSujet: Re: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Mer 6 Juin - 21:40

Citation :
j'avais lu quelque part que Pie IX avait loué l'oeuvre de Frédéric Bastiat mais j'avoue n'avoir pas lu cet auteur
Conernant Frederic Bastiat:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Bastiat
Ce serait pas leon XIII qui aurait loué (quoique que le terme me parait gros) l'ouevre de Bastiat?
« Un célèbre économiste français (Frédéric Bastiat) a exposé comme en un tableau les bienfaits multiples que l'homme trouve dans la société et c'est une merveille digne d'être admirée. » Cardinal Pecci
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E-M Laugier
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MessageSujet: Re: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Mer 6 Juin - 21:50

Au risque de paraitre gauchisant je suis contre le principe de l'argent Roi queen
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Ar-Ka.
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MessageSujet: Re: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Jeu 7 Juin - 9:53

Citation:
"Ce serait pas leon XIII qui aurait loué (quoique que le terme me parait gros) l'ouevre de Bastiat?"



Il ne me semble pas que Léon XIII fut réellement un admirateur du libéralisme économique de Bastiat, vu ce qu'il écrit, par ailleurs, dans "Rerum Novarum":

"Le dernier siècle a détruit, sans rien leur substituer, les corporations anciennes qui étaient pour eux une protection. Les sentiments religieux du passé ont disparu des lois et des institutions publiques et ainsi, peu à peu, les travailleurs isolés et sans défense se sont vu, avec le temps, livrer à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d'une concurrence effrénée. Une usure dévorante est venue accroître encore le mal. Condamnée à plusieurs reprises par le jugement de l'Eglise, elle n'a cessé d'être pratiquée sous une autre forme par des hommes avides de gain et d'une insatiable cupidité. À tout cela, il faut ajouter la concentration entre les mains de quelques-uns de l'industrie et du commerce devenus le partage d'un petit nombre d'hommes opulents et de ploutocrates qui imposent ainsi un joug presque servile à l'infinie multitude des prolétaires."
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MessageSujet: Re: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Jeu 7 Juin - 16:46

[22 mai 2010 : message supprimé à la demande de l'auteur]
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Parvulus
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MessageSujet: Re: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Jeu 7 Juin - 17:10

Soit dit en passant, Frédéric Bastiat est le grand homme de Jean-Gilles Malliarakis et de quelques autres libéraux avoués sévissant ou ayant sévi sur Radio Courtoisie.

C'est d'ailleurs en l'écoutant que j'ai appris l'existence de ce penseur...
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Credo
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MessageSujet: Re: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Jeu 7 Juin - 17:59

Malia..Libéral. Laughing
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Gregory-regis
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MessageSujet: Re: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Jeu 7 Juin - 20:42

Malia a appellé a voté pour sarko et s'est rallié aux ordres du NOM!
Y a qu'a voir son blog!
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Parvulus
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MessageSujet: Re: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Ven 8 Juin - 16:21

Source: http://www.europelibre.com/CL2006/etl060221.htm

BULLETIN EN TOUTE LIBERTÉ
MARDI 21 FÉVRIER 2006
SITUATION DE FRÉDÉRIC BASTIAT ...
BASTIAT

Je commence par une petite nouvelle qui, je l'espère, fera patienter nos amis souscripteurs : le livre de Frédéric Bastiat Harmonies Économiques, chef-d'œuvre devenu introuvable, devrait m'être livré par mon imprimeur préféré fin mars (1).

La dernière édition de ce livre remontait à la publication des Œuvres complètes en 7 volumes au XIXe siècle (2). Il réapparaît – avec quelques mois de retard – à un moment qu'il est permis de considérer comme crucial. Car le libre-échange, et singulièrement la libre circulation des services, sont au cœur du débat civique actuel.

En effet, comme on le verra, Bastiat découvre que la loi fondamentale de l'échange social, et donc de l'économie, ce n'est pas « les produits s'échangent contre les produits » : cette dernière formulation est appelée loi de Jean-Baptiste Say, elle se révèle en fait encore entachée d'une conception matérialiste de la production, commune aux libéraux classiques et aux marxistes.

La véritable loi, celle que Georges Lane dans sa préface propose d'appeler Loi de Bastiat, c'est donc, de façon plus complexe et plus élaborée : « les services s'échangent contre des services ».
Bastiat fut probablement l'économiste français le plus important et le plus génial des deux derniers siècles.

De nombreux textes dont il est l'auteur ont été traduits en anglais ou en d'autres langues, et ils circulent à des centaines de milliers d'exemplaires.

Ceux-ci, comme les excellentes anthologies disponibles (3), constituent la réfutation la plus cinglante des erreurs à la mode. Car les modes actuelles ressemblent terriblement à celles d'hier. Dans certains quotidiens de la pensée unique, il n'y a guère que la date qui change.

Aujourd'hui cependant, Frédéric Bastiat est encore tenu pour quantité négligeable dans son propre pays. On ne voit en lui que le pamphlétaire certes spirituel, mais on le considère comme dénué d'importance puisqu'il ose défendre les libertés.

Le principal homme politique de son département natal des Landes, M. Henri Emmanuelli (!) honore certes courtoisement de son discours inaugural les rencontres d'économistes ou les pèlerinages d'esprits libres qui viennent du monde entier rendre hommage à Frédéric Bastiat, mais il s'esquive discrètement dès qu'il est question de gérer son message et son enseignement.

Frédéric Bastiat : voici donc un homme dont on veut réduire l'œuvre à quelques brillants pamphlets, réfutant par avance les sottises et les méfaits du socialisme, du communisme, du protectionnisme et plus largement encore de l'étatisme.

Certes on lui reconnaît le droit à une gentille statue dans sa ville natale et à une petite rue discrète à Paris. Pas plus.
Pourtant ses Harmonies économiques couronnent son œuvre, explicitent sa pensée et contribuent radicalement à son originalité. Non seulement ses Harmonies économiques tendent à réfuter les conceptions marxistes naissantes – le livre est écrit en 1850 ! – déjà perceptibles, mais elles corrigent aussi certaines conceptions fausses de l'économie politique dite « classique », celle du libéralisme anglais de son temps. Ces erreurs sont imputables principalement à Adam Smith (1723-1790) et à David Ricardo (1772-1823) sur la théorie de la valeur. Certes Bastiat voit en Smith, Ricardo et J.-B. Say (1767-1832) de grands économistes, mais il annonce, plus de 15 ans avant la publication du Livre Ier du Capital de Marx (en 1867), que cette théorie « libérale » de la valeur deviendra bientôt la théorie communiste.

Jacques Garello est, dans la France actuelle, l'un des principaux continuateurs de l'œuvre de Bastiat. Il va ainsi jusqu'à le présenter comme un économiste de la véritable « troisième voie » des deux familles d'erreurs politiques, le socialisme et le conservatisme (4).

La « troisième voie » selon Frédéric Bastiat est ainsi repensée de manière pertinente, et non comme un slogan chèvre-chou à la Tony Blair ou Michel Rocard.

On va découvrir avec « Harmonies économiques » qu'elle se fonde aussi sur une réfutation, par un grand économiste, des erreurs communes aux deux systèmes de pensée, — le marxisme et son précurseur « classique » — découlant de la conception matérialiste de la production.

Face à ces erreurs, Georges Lane dans sa préface aux Harmonies économiques rééditée par nos éditions du Trident, souligne le statut scientifique de l'économiste Bastiat.

Nous aimerions indiquer plus particulièrement aussi sa dimension éthique.

Au-delà de l'ironie, au-delà de l'usage de cette arme douce, avec laquelle il détruit impitoyablement les sophismes adverses, Bastiat professe une vision élevée de l'harmonie du monde : les intérêts légitimes ne sont pas faits pour s'entrechoquer mais au contraire pour converger, pour s'harmoniser. « Les intérêts légitimes, écrit-il, sont harmoniques et non antagoniques. » Les seuls affrontements inexpiables sont ceux résultant des pratiques de prédation.

Oui, Bastiat est insupportable à la fois aux marxistes et aux spoliateurs puisqu'il défend la propriété privé, la liberté et la collaboration des classes, contre le vol, contre la contrainte étatique et contre le communisme.

On comprend pourquoi tant de voix apparemment cacophoniques se sont accordées pour couvrir la sienne.

On comprend aussi qu'il nous tienne à cœur de faire écho à ses idées.

Vouloir l'emprisonner dans des étiquetages philosophiques ou religieux me semble vain. C'était un homme libre (5). Il appartenait de la sorte à la catégorie la plus haute, hélas pas toujours la plus nombreuse, chez les Européens..
JG Malliarakis
©L'Insolent
(1) Petit détail pratique : je leur rappelle que leurs chèques (reçus souvent depuis plusieurs mois, je les remercie de leur confiance) seront encaissés seulement après l'envoi des volumes.
(2) L'édition des Œuvres complètes de 1862 (Guillaumin préfacée par Fontenay) compte un 7e volume rassemblant sa correspondance.
(3) Rappelons l'indispensable volume des « Œuvres économiques » choisies et présentées par Florin Aftalion (216 pages, PUF, Paris, 1983). Les Belles Lettres ont également publié un recueil des « Sophismes économiques » présenté par Michel Leter (290 pages, Paris, 2005).
(4) in Les Échos du 19 septembre 2001 cette tribune est reproduite, en page 72, dans le livre « Aimez-vous Bastiat » présenté par Jacques Garello aux Éditions Romillat.
(5) Le fait bien réel est qu'il appartint dans sa jeunesse à une loge maçonnique aux temps de la Restauration. C'était à une époque où la franc-maçonnerie française n'était pas encore le nid d'utopistes socialistes qu'elle devint dans les années 1840, ni la force militante au service de l'athéisme qu'elle se proclama en 1877, ni l'instrument de la répression sectaire qu'elle se révéla en 1904, ni la machine à recycler les trotskistes qu'est devenu le grand orient depuis 1981. Plus tard, Frédéric Bastiat mourut réconcilié avec l'Église romaine, dont il reçut les derniers sacrements, dans la Ville Éternelle, en 1850.
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MessageSujet: Re: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Sam 9 Juin - 0:29

Malliarakis a écrit:
(5) Le fait bien réel est qu'il appartint dans sa jeunesse à une loge maçonnique aux temps de la Restauration. C'était à une époque où la franc-maçonnerie française n'était pas encore le nid d'utopistes socialistes qu'elle devint dans les années 1840, ni la force militante au service de l'athéisme qu'elle se proclama en 1877, ni l'instrument de la répression sectaire qu'elle se révéla en 1904, ni la machine à recycler les trotskistes qu'est devenu le grand orient depuis 1981. Plus tard, Frédéric Bastiat mourut réconcilié avec l'Église romaine, dont il reçut les derniers sacrements, dans la Ville Éternelle, en 1850.

Cet argumentaire est pathétique. Comme s'il y avait eu une "bonne" franc-maçonnerie en France avant 1877: celle qui croyait en "Dieu" (!!!). Mort en paix avec l'Eglise, Bastiat n'en a pas moins été toute sa vie un de ses adversaires les plus subtils, ceux qu'on nommait les "catholiques libéraux" (il était proche de Montalembert).

Au-delà de la question de la (non) catholicité de tous ces auteurs, je m'interroge quand même sur le but final qu'ils assignent à leurs découvertes, qui est de "maximiser le profit". Un des arguments avancés par les économistes libéraux est que l'être humain est rationnel et cherche à obtenir le plus de bénéfices à moindres frais, et que la science économique doit s'employer à déduire les "lois" économiques régissant les échanges entre acteurs mûs par cette commune motivation de "maximiser le profit" afin de satisfaire le plus grand nombre. Que faut-il penser de cet argument? Suffit-il de dire qu'il offre une vision assez réaliste de la nature humaine pour l'étayer? Et dans le même temps, la doctrine chrétienne n'assigne t-elle pas un but plus noble à l'activité économique?
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MessageSujet: Re: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Sam 9 Juin - 20:07

Saint Augustin s'est penché sur l'économie, et pour lui, un prix doit être fixé de manière à permettre à l'artisan de fabriquer de nouveau le même produit, et de sorte à nourrir l'artisan et sa famille. Ni plus, ni moins ! (je ne sais pas si je suis claire)

En ce qui concerne Keynes, et les économistes qui assaisonnent leurs théories d'un aspect "social", ce souci est motivé par un esprit humaniste et non catholique. Et puis ce que l'Etat donne, c'est uniquement pour relancer la consommation... Que dites-vous du management moderne : l'employé est bichonné, se sent bien et est donc plus productif. Quel désinterressement.

Quant à Marx, que penser d'un homme pour qui la Religion est l'opium du peuple...
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E-M Laugier
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MessageSujet: Re: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Sam 9 Juin - 20:22

Citation :
Saint Augustin s'est penché sur l'économie, et pour lui, un prix doit être fixé de manière à permettre à l'artisan de fabriquer de nouveau le même produit, et de sorte à nourrir l'artisan et sa famille. Ni plus, ni moins ! (je ne sais pas si je suis claire)

oui.

Couvrir les frais de fabrication
Faire un profit raisonnable et suffisant.
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Martial Demolins
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MessageSujet: Re: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Sam 9 Juin - 22:14

Je me posais la question de savoir si Saint Augustin comprend les économies à faire en vue de l'achat d'une maison dans ce qu'il dit. Ca peut paraitre bête, mais... étant dans ce cas, je me pose la question.

edit -> Je précise un peu ma pensée : la capitalisation pour acheter une maison (on sait que ça se paye sur ~25 ans, en tout cas à long terme) ne rentre pas dans ce dont on a besoin couramment pour vivre, c'est ce que je veux dire.


Dernière édition par le Sam 9 Juin - 22:24, édité 1 fois
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E-M Laugier
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MessageSujet: Re: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Sam 9 Juin - 22:16

Martial Demolins a écrit:
Je me posais la question de savoir si Saint Augustin comprend les économies à faire en vue de l'achat d'une maison dans ce qu'il dit. Ca peut paraitre bête, mais... étant dans ce cas, je me pose la question.

Disons qu'on pourrait élargir "nourrir sa famille" à loger sa famille
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Ar-Ka.
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MessageSujet: Re: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Dim 10 Juin - 14:14

Résumé de la Doctrine Sociale de l'Eglise:


Propriété privée, organicité, corps intermédiaires

La doctrine sociale de l’Église s’articule autour de trois grands principes.
-La propriété privée : elle est condition et garantie de la liberté personnelle. A contrario le libéralisme concentre celle-ci entre les mains d’un petit nombre et le socialisme la concentre aux mains de l’État.
-Le rôle essentiel des corps intermédiaires entre individu et État : familles, entreprises, métiers, professions, écoles, paroisses, associations. Anciennement appelés corporations, groupant par corps de métiers sans distinction de classes tous les membres d’un métier.
À contrario, le libéralisme tend à dissoudre les associations professionnelles pour ne laisser que l’intérêt général (vidé de son sens organique) et l’intérêt particulier (qui prend aujourd’hui un caractère tératologique par l’abolition des règles et donc finalement par le règne du plus fort). Le socialisme, quant à lui, entend éradiquer tous les corps intermédiaires et organiser la société par une main mise étatique sur tous les domaines d’activités sociales.
-La société organique : elle est dans la doctrine sociale de l’Église à l’image du corps humain : « Cette image du corps humain, comme modèle de la société, se retrouve dans la plupart des encycliques. Ce n’est pas par hasard que la plus grande des encycliques sociales est celle sur le Corps mystique du Christ, où le Pape parle de l’homme inséré dans la création dont le Christ est la tête et chaque personne un membre. Dans un corps chaque organe a sa fonction propre, différente des autres. Organes inégaux en puissance, en moyens, en attributions, en taille…Ils sont complémentaires et se fondent dans un tout organique. Au plan spirituel l’Eglise constitue le Corps mystique du Christ. » (1)
Il en résulte un principe d’union des classes (qui trouve son origine dans la doctrine de « l’Amour du prochain »). La solidarité, autre nom laïcisé de la charité chrétienne, est sans doute une nécessité économique ou un facteur politique mais c’est surtout un impératif moral. Cette solidarité s’exprime notamment d’abord au sein des corps intermédiaires puis s’étend au reste de la société.
Sans entrer dans un excès de détail, passons en revue quelques conséquences idéologiques et pratiques des trois grands principes précités.

Economie de convivialité
Le langage comme la pratique économique actuelle relève de la sphère militaire : conquête du marché, guerre des prix, stratégies industrielles, capitaine d’industrie, absorption, campagne publicitaire avec pour conséquence l’élimination du concurrent, sa digestion et la création de monopoles de fait, la disparition des entreprises familiales au profit de groupes commerciaux contrôlés par des financiers imposant une standardisation des produits. Un artisan, un petit commerçant, voyant son affaire grandir, doit plutôt avoir le réflexe de stopper cette croissance et de diriger la clientèle excédentaire vers un autre artisan ou commerçant. Cette logique d’économie conviviale, apaisée est défendue de tout temps par l’Église. Elle se traduit aussi par la transmission d’un savoir : l’artisan qui aide son apprenti à se mettre à son compte. Pour reconstruire cette économie conviviale, soulignons l’importance de l’organisation des métiers en corps, corps qui organise la solidarité entre membres.

Rôle de l’Etat
L’autorité de l’État doit se limiter à ses fonctions régaliennes. Mais il peut et doit aider les corps intermédiaires à se revitaliser et à assumer leur rôle stratégique, non pas par des lois mais par des aides ou des incitations. Bref favoriser la coopération des corps intermédiaires. Ces mêmes corps intermédiaires doivent aussi retrouver une représentativité effective au niveau des institutions parlementaires. En cas de crises, l’État peut intervenir par exemple par le lancement de grands travaux.
On est loin de l’État spectateur, inexistant et contrôlé par des bourgeois et des financiers tel que le libéralisme le conçoit et de l’État léviathan, contrôlant jusqu’au moindre déplacement d’air, du socialisme. À noter qu’aujourd’hui, les États démocratiques européens marient l’outrance libre-échangiste et le fonctionnariat massif qui enserre le citoyen dans une toile de plus en plus serrée de réglementations et d’interdits.

Concurrence
La DS de l’Église est on ne peut plus claire quant aux dangers de la concurrence dans sa version libérale ou marxiste. Il faut dénoncer le caractère contre-nature de la concurrence libérale comme de la lutte des classes, son pendant marxiste. Un régime économique ordonné ne peut jaillir de la libre concurrence, car celle-ci ne revêt, selon Pie XI, aucune qualité morale et sociale intrinsèque. On peut multiplier les extraits d’encycliques. « Il est mauvais que les hommes travaillent les uns contre les autres », disait Péguy ; « ils doivent travailler les uns avec les autres ».
L’économie doit être la recherche de l’excellence. L’émulation portera sur la qualité non sur les prix ou la conquête effrénée de parts de marché.
« Jamais un homme de métier n’aurait imaginé l’économie sous l’angle exposé par Adam Smith. Car le moteur de son travail n’est pas le marché, ni le profit en lui-même. Son objectif n’est pas de vendre plus, mais de fabriquer mieux, de servir mieux, de garder et transmettre ses connaissances, un savoir-faire et d’en tirer un revenu honnête.(…) Ses collègues ne sont pas des concurrents. Ce sont des compagnons, des cum panis, ceux avec qui l’on partage le pain. Ce fut durant des siècles l’esprit du compagnonnage. C’est celui de la doctrine sociale de l’Église. »(2)
Afin d’éviter aussi l’emprise du secteur financier parasitaire, ce sont les hommes de métier qui doivent contrôler le secteur de la distribution.
Une politique de concertation dans le cadre des corps de métiers, si elle avait encore existé, aurait de même permis de contrôler et limiter l’appel à la main-d’oeuvre au strict nécessaire, en fonction de pénuries temporaires réelles et non en fonction d’une idéologie voulant maximiser les échanges d’humains, déraciner et métisser.

Subsidiarité
La personne est intégrée dans différents corps naturels organiques s’articulant selon le principe de subsidiarité, lequel peut se définir de la manière suivante :
« Laisser le maximum d’initiatives, de libertés et de responsabilités aux personnes et aux corps intermédiaires organisés qui les intègrent dans les organes de la vie sociale : famille, métiers, associations, communes, écoles, provinces, états,… » (3). Les corps intermédiaires de niveau supérieur n’ont qu’une fonction d’aide et de suppléance.
« Une cité catholique est par nature, par ordre naturel des choses, un emboîtement de corps intermédiaires se suppléant les uns aux autres. C’est pourquoi on peut qualifier la doctrine sociale de l’Eglise de doctrine subsidiariste. » (4)

Conclusion
La DS de l’Eglise plaide donc pour la reconstitution d’un ordre social organique, radicalement différent et non une troisième voie entre socialisme et libéralisme, pour un retour à une nouvelle synthèse entre vie et religion - débouchant sur d’autres rapports économiques et sociaux -, telle qu’elle exista non sans peine depuis l’avènement de la Chrétienté en Europe et dont la Révolution Française avait entamé l’éradication.
P. Heuvelman
(1) Libéralisme-socialisme – Deux Frères ennemis face à la doctrine sociale de l’Eglise, Benjamin Guillemaind, Pierre Téqui éditeur, 2001, page 16.
(2) Idem, page 170.
(3)Idem, page 211.
(4) Idem, page 211.
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MessageSujet: Re: L'économie, le libre-échangisme, etc.   Aujourd'hui à 21:19

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