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 Le chanoine Cornette

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Abbé Grossin
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MessageSujet: Le chanoine Cornette   Ven 6 Oct - 17:24

Le chanoine Cornette avait déjà fondé un patronage avec Edouard de Macédo dans sa paroisse de St Honoré d’Eylau à Paris. C’est en juillet 1916 que l’abbé Cornette reçut la visite de deux frères : Paul et Marcel COZE, qui vont le convaincre de former une première troupe de scouts catholiques. Ils ont connu le scoutisme anglo-saxon à Alexandrie et veulent revivre cette aventure à Paris. Ils donneront à l’abbé Cornette le livre de Baden-Powell Scouting for boy, qu’il dévora en une nuit, et l’apporta à son ami l’évêque de Meaux, Mgr Marbeau. L’évêque répondit à son ami : C’est prodigieux ! Il faut rendre cette méthode catholique et française.

L’abbé fonda sa première patrouille en octobre 1916, et le chef en fut Paul COZE. Cet homme fut donc à l’origine de la naissance des Scouts de France, et ce n’est pas neutre lorsque l’on connaît la mentalité de cet individu qui deviendra adjoint du Père Sevin au Camp des Chefs de Chamarande et Consul de France à Phœnix , en Arizona, USA. Paul Coze fut très jeune séduit par les Indiens, il se passionnera pour leur civilisation, fera des voyages ethnographiques pour les étudier et se fera totémisé dans la tribu des indiens Cree. Il introduira chez les scouts ce qu’on a appelé l’indianisme, c’est-à-dire cet engouement pour tout ce qui touche aux indiens d’Amérique du Nord.

Quand Baden-Powell vint en France en octobre 1918, les Eclaireurs de France organisèrent une grande fête en son honneur, à laquelle ils convièrent l’abbé Cornette et ses scouts. Dans la foule, Baden-Powell remarqua le seul prêtre de l’assistance et le salua par ces mots :Je remercie le ciel, Monsieur l’abbé, que vous soyez venu. Vous représentez l’idée religieuse que j’ai voulu placer à la base de mon œuvre.

A la suite de ce premier contact avec les Eclaireurs de France, des relations se nouèrent et l’abbé Cornette constata que nombre d’entre eux étaient catholiques de naissance mais qu’ils ne pratiquaient plus leur religion. Pour remédier à cela, il demanda en 1919 une audience au cardinal Amette, archevêque de Paris, pour lui faire part de ses déductions et de ses préoccupations. Comme consigne, le cardinal Amette lui répondit : Développez vos groupes d’Entraîneurs (les scouts de St Honoré ndr) fortifiez vos positions et attendez…


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Abbé Grossin
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MessageSujet: Le   Ven 6 Oct - 17:27

Le Père Sevin S.J.
C’est à cette époque que l’abbé Cornette rencontra le Père Jacques Sevin SJ. La famille prétendait descendre des Sevin de Quincy, dont l’un des ancêtres fut compagnon de Jeanne d’Arc et un autre général sous Louis XIV. Cela fait bien dans le tableau et permet d’en imposer dans les salons. Même si c’était vrai, cela ne ferait qu’aggraver la responsabilité du Père J. Sevin. L’apostasie des Nations s’est faite par l’apostasie des FAMILLES qui ont fait et défendu ces nations. Les nobles ont joué un rôle de premier plan dans cette trahison de la Foi.

Dans les numéros du 20 février et 5 mars 1913, paraissaient dans la revue des jésuites Etudes les articles du Père Caye critiquant vivement le scoutisme ; le Père Sevin sollicita alors la permission de se rendre sur place pour enquêter de façon plus approfondie. Aussitôt débarqué en Angleterre, il rencontra l’archevêque catholique de Westminster, Mgr Bourne, qui s’était rallié tout de suite au scoutisme. Il n’était alors qu’un séminariste étudiant, il ne reçut le sous-diaconat que l’année suivante, en 1914.Le 20 septembre 1913, il rencontra BP à l’Alexandra Palace de Londres et fut conquis par l’homme et sa méthode. Sa décision de fonder des scouts catholiques fut prise à la suite de cette entrevue. Exempté de ses obligations militaires, il passera la guerre en Belgique, où il commença discrètement à former quelques garçons dans l’esprit de BP.

Rentré en France en janvier 1919, il fonda à Lille une troupe de scouts à sa façon, qu’il baptisa Association des Scouts de France et qui se développa rapidement. Dès le mois de septembre, il était nommé à Metz comme professeur dans un collège. Il s’arrêta à Paris chez son confrère le Père Desbuqois SJ, qui dirigeait l’Action Populaire. C’est ce jésuite qui conseilla au Père Sevin d’aller rendre visite à son voisin , l’abbé Antoine Cornette. La rencontre entre les deux prêtres fut déterminante et leur compréhension mutuelle parfaite. Le Père Sevin partit toutefois pour prendre son poste à Metz où il fut en but à un Supérieur totalement hostile au scoutisme ! Au bout d’un trimestre, le futur Chef national des boy-scouts tombe malade et le médecin lui interdit l’enseignement et lui prescrivit un séjour de plusieurs mois en Italie. Repassant par Paris, il rencontre de nouveau l’abbé Cornette et met sur pied un embryon de structure fédérative des divers mouvements scouts paroissiaux. Il part serein et rempli d’espérance en Italie.

De retour à Paris au mois de juin, son ami le Père Desbuqois et ses relations font pression auprès des Supérieurs pour faire nommer le Père Sevin à l’Action Populaire. Sitôt nommé, le Père Desbuqois met le Père Sevin à la disposition de l’abbé Cornette pour organiser le scoutisme en France. Il le fit nommé Secrétaire Général de la Fédération Catholique des Scouts de France dont il rédigea les statuts et le règlement. La date officielle de fondation est le 25 juillet 1920, et regroupe trois fondateurs officiels : l’abbé Cornette, le Père Sevin et Edouard de Macédo. Aussitôt, le Père Sevin envoya en Angleterre un groupe de garçons pour se joindre aux Eclaireurs de France et aux Eclaireurs Unionistes (protestants) afin de participer au jamborée d’Olympia, qui réunissait 27 nations et 18 000 éclaireurs de toutes religions.

Pour sa part, le Père Sevin était parti en avant-garde pour rencontrer personnellement Baden-Powell et faciliter les formalités de reconnaissance de la nouvelle association par le Bureau International du scoutisme qui venait d’être créé. Ce Bureau regroupait dans une grande fédération mondial tous les scoutismes. Tous les scouts français (de toutes les tendances) qui accompagnaient le Père Sevin furent présentés à Baden-Powell. De son côté, le Père Sevin fonda en même temps l’Office International des Scouts Catholiques avec des buts et un règlement propres. Cette organisation reçut l’approbation du pape Benoît XV, le 28 juin 1921 et eut un représentant officiel permanent auprès du Saint-Siège.


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MessageSujet: Re: Le chanoine Cornette   Ven 6 Oct - 17:27

Le Père Sevin prit rapidement le commandement de la Fédération Catholique des Scouts de France et devint « Commissaire Général ». Il reçut un encouragement officiel du Pape Pie XI, le 30 mars 1922, qui le bénissait pour son œuvre. Fort de cette reconnaissance, il participa officiellement, en juillet de la même année, au Congrès International du Scoutisme tenu à Paris sous la Présidence de Baden-Powell. En août, le Père Sevin organisait le premier camp à Chamarande réunissant 600 Scouts de France. Aussitôt après, il partait lui-même faire le Camp international des Chefs organisé par Baden-Powell en Angleterre.

C’est Baden-Powell en personne qui intronisa le Père Sevin Deputy Camp Chief. C’était, pour le Père Sevin, recevoir du fondateur du Scoutisme le pouvoir de former des chefs authentiquement scouts reconnus par le Bureau International du Scoutisme. A la suite de ce camp, le Père Sevin en fit un autre pour suivre un cours de louvetisme (les louveteaux sont des enfants plus jeunes qui se préparent à devenir scouts). C’est Vera Barclay, la fondatrice des louveteaux avec Baden-Powell, qui décernera au Père Sevin le titre de Akela-Leader. Akela étant le titre de chef des louveteaux. Ce titre lui donnait les pouvoir de donner les brevets de louvetisme reconnus eux aussi par le Bureau International du Scoutisme.

A la fin de l’année 1923, les ennuis commençaient pour le Père Sevin. Son confrère jésuite, le Père Navatel, lui écrit une lettre datée du 24 décembre 1923 : « Je vous avertis confidentiellement et fraternellement que plusieurs évêques et archevêques préparent une campagne contre le scoutisme catholique. » En mars 1924, à l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques de France, les Scouts de France sont dénoncés officiellement.

L’abbé Cornette écrit à son ami le 31 mars 1924 : « Nous avons été attaqués avec violence par l’archevêque de Besançon (Mgr Humbrecht) soutenu dans cette attaque par Mgr Chollet (évêque de Cambrai, dont le directeur de la Semaine Religieuse était l’abbé Henri Delassus, l’auteur de La Conjuration Antichrétienne). (…) Nous avons été défendus avec habileté par l’archevêque de Rouen (Mgr de la Villerabel) et avec énergie par l’archevêque d’Aix (Mgr Rivière). Enfin, le cardinal de Paris ( cardinal Dubois) nous a vigoureusement soutenus. L’Assemblée s’est séparée en disant qu’elle ne pouvait condamner ce que le pape avait approuvé. L’archevêque de Besançon a prédit que nous finirions par être condamnés comme le Sillon. »

Au mois de mai 1924, le Père Sevin est contraint par le Comité Directeur des Scouts de France de démissionner de son poste de Commissaire Général. Suite à cela, le Père se rend à Rome avec le nouveau Commissaire Général, le général de Salins, avec qui il doit défendre ses chers Scouts de France devant le cardinal Billot. Mais une fois dans le bureau du cardinal, celui-ci les dirige vers le Père Jeoffroid, religieux de Saint Vincent de Paul, auteur d’un réquisitoire implacable contre le scoutisme intitulé Le Scoutisme Catholique et la Théosophie.

Le duel entre le jésuite et le religieux de Saint Vincent de Paul dure trois heures. Le Père Jeoffroid raconte : « J’ai reçu nos deux illustres visiteurs avec beaucoup de mesure et de sang-froid (je le crois du moins), je leur ai expliqué mon avis… répondant au fur et à mesure aux remarques du Père Sevin qui cherchait à ergoter mais qui, en somme, n’était pas brillant (…) Le général, de son côté, m’a fait l’effet de quelqu’un qui ignorait totalement de quoi il s’agissait. Et de fait, il était visible qu’il n’était pas fixé sur l’importance de l’argument. Il répétait à satiété, en soulevant légèrement sa canne et en la laissant reposer sur le parquet : « c’est du syriaque, c’est du syriaque ! » Le brave homme est tout excusé. Il était évidemment mieux en forme à la défense de Douaumont. Chaque fois qu’il essayait d’esquisser une explication quelconque, le Père Sevin lui coupait la parole et lui disait « pardon mon général, je suis mieux au courant que vous du point particulier dont il s’agit ».

Quant au Père Sevin, je ne puis le taxer d’ignorance. Il connaît fort bien l’affaire. Je ne dis pas qu’il connaisse la théosophie mais en tous cas il n’ignore pas que le scoutisme est envahi par des théosophes. (…) et il a été bien obligé de convenir que les théosophes y sont, plus ou moins, chez eux. Du reste, mes précisions de plus en plus nettes ne lui permettaient pas d’échapper. Ayant prouvé la part que la théosophie avait pris au mouvement il m’a été facile de lui montrer qu’il tombait dans l’erreur de l’interconfessionalisme et dans un interconfessionalisme d’autant plus dangereux puisqu’en étant affilié au scoutisme international et faisant même partie du comité directeur, lui et le cardinal Bourne (archevêque catholique de Westminster, protecteur du Père Sevin, qualifié de « libéral modernisant » par la Sapinière de Saint Pie X), il tolérait que le catholicisme fut mis sur le même pied que le boudhisme, le mahométisme, le protestantisme. Je lui ai reproché aussi ses relations avec les Eclaireurs de France (neutres et théosophes), et les Eclaireurs unionistes protestants. Là-dessus, il a avoué qu’il était préoccupé, que de plus en plus, ils se séparaient des neutres et des protestants de France, qu’ils n’avaient fait alliance que sur l’ordre du cardinal Dubois et que l’Office International du Scoutisme catholique ne s’était affilié au Bureau International du Scoutisme Universel de Londres que sur le conseil de Benoît XV.

Il s’est de plus excusé en disant que depuis quatre ans personne ne lui avait fait la moindre observation et qu’il n’avait reçu que des approbations pontificales, cardinalices et épiscopales. Cet argument d’autorité est spécieux, gênant même. Je lui ai dit que je n’avais pas à juger la chose et que je me contentai d’être objectif. Poussé à bout, il m’a dit : « Et pourtant le Saint Esprit a certainement inspiré le cardinal Bourne en cette affaire. » Il eût été fort étonnant que le Saint Esprit ne fût pas mis en cause. Le Père Sevin est coutumier du fait. Il est clair en effet, comme il est dit dans son livre, que le Saint Esprit mènera à bonne fin l’entreprise de Baden. Le cardinal Billot a bien ri quand je lui ai fait part de cet argument à l’emporte-pièce…

La conclusion de ce premier point fut qu’il était fort désirable que le scoutisme catholique commençât par se séparer totalement des autres. Il en a convenu et m’a semblé disposé à le faire. Ensuite, je lui ai montré que le scoutisme étant intrinsèquement mauvais, il fallait le supprimer tout simplement. Alors, j’ai fait le procès de la morale scoute. C’est là que le Père Sevin a pataugé. Comment ! cette morale si belle, la pure fleur du catholicisme. Je lui ai montré d’où provenait cette morale tant vantée. Il a essayé avec des textes de l’Evangile, de catholiciser tous ces préceptes d’Annie Besant. S’il ne voit pas l’impossibilité où il est de purifier de son origine tarée une pareille marchandise, tant pis pour lui.

Mais il le voit, il s’en rend compte. Il a bien quand même quelque chose de l’illuminé et du rêveur dans son regard voilé et noyé, dans son air doucereux auquel je ne me fie pas.

(…) Pour finir, le général m’a fait un éloge de la Chevalerie du Moyen-Age qui m’a fait sourire. Naïf. Tous deux sont partis, plutôt affaissés. Le Père Sevin était déprimé. Il ne m’a pas caché qu’il redoutait une désapprobation générale. Qu’allons-nous devenir ? Cela, c’est l’aveu. Le général était déconfit, et sans ressources, n’ayant même pas celle de me coller quatre jours… » Lettre au Père Desrousseaux du 28 mai 1924 .


Ce compte-rendu du Père Jeoffroid est remarquable par la force des principes et la Foi du religieux de Saint Vincent de Paul. Le Père Sevin apparaît ici sous son vrai jour, celui d’un libéral tourmenté d’avoir été démasqué. Au lieu de chercher à se documenter sur la théosophie et de réfléchir aux réfutations du Père Jeoffroid pour préserver les jeunes de l’influence théosophe, il se justifiera pour l’essentiel, en acceptant de se corriger sur les détails. En attendant, il fait le siège du bureau du cardinal Gasparri, le Secrétaire d’Etat de Pie XI, poulain du franc-maçon Rampolla, et obtient gain de cause. Pie XI, qui entretenait de grandes craintes envers le scoutisme au début de l’affaire et refusait de recevoir le fondateur des Scouts de France en audience, est complètement retourné et donne sa bénédiction au Père Sevin. La partie est gagnée, le scoutisme est sauvé. Mais à quel prix pour l’histoire de l’Eglise en France !

Le Père Sevin apportera des rectificatifs, suite à cet entretien avec le Père Jeoffroid, qu’il réunira dans un ouvrage intitulé Les leçons de notre séjour à Rome. Il fit montre dans ce livre de son côté rêveur qu’avait bien décelé le Père Jeoffroid. Il refuse d’admettre que le scoutisme est intrinsèquement mauvais, alors il tente de corriger certains détails trop voyants. Mais le poison, aussi dilué soit-il, est toujours là. Tout comme ces chrétiens qui voulaient baptiser et christianiser le communisme intrinsèquement pervers, le Père Sevin s’entête dans son illusion et ne fera que retarder la catastrophe, il n’en demeurera pas moins la cause.

Le 15 mars 1933, au cours d’une réunion du Comité Directeur, le Père Sevin, Commissaire à la formation des Chefs, fut déchargé de ses fonctions sans aucune discussion, ni aucun ménagement. Les raisons profondes n’ont jamais été élucidées, sans doute des jalousies d’hommes. Le Père accepta cette éviction mais en fut profondément meurtri. Il réintégra la Compagnie de Jésus, à Lille, où il redeviendra un simple aumônier de troupe. Cette nouvelle vie lui laissa du temps libre pour développer la « mystique scoute » qui devait inspirer un ordre religieux scout.

Il créa dans ce but un cercle spirituel pour des guides aînées et des cheftaines. A l’Ascension 1935, lors d’une retraite prêchée à la Plesse (49), il rencontra une cheftaine, Jacqueline Brière, qui sera la première Prieure de la communauté religieuse de la Sainte Croix de Jérusalem, comportant quatre membres pour commencer en 1943. Elles se feront appeler les Dames de Sainte Croix de Jérusalem. Le 16 juin 1949, Mgr Roëder, évêque de Beauvais, érigeait canoniquement la communauté de onze Dames en une pieuse union après avoir approuvé leurs constitutions.

Si le Père Sevin s’est tourné vers les Guides et les Cheftaines pour transmettre sa « mystique scoute », c’était évidemment en raison des circonstances de son départ du Comité Directeur des Scouts de France. Il avait toujours rêver former des prêtres scouts et non pas seulement des aumôniers scouts. Il espérait toujours pouvoir réaliser son grand projet de branche masculine que la création de la branche féminine confortait dans ses espérances.

Alors qu’il était en pèlerinage à Vézelay, en 1946, le Père Sevin aperçut un jeune aumônier de Calais entouré de ses Routiers. A la fin de la messe, le Père échangea quelques mots avec cet aumônier, c’était le Père Revet, futur fondateur du Village d’enfants de Riaumont. Le 13 décembre de la même année, le Père Sevin lui écrivait une lettre, précisant son idée de fondation d’un ordre masculin et sollicitant son avis et ses prières. Le jeune Père Revet n’était pas encore prêt à faire le pas. Quand en 1950, après la mort du Père Sevin, Mgr Rupp, exécuteur testamentaire, trouva le nom du Père Revet dans les papiers du fondateur des scouts de France à propos de l’ordre masculin, il prit contact avec lui.

Mgr Rupp, nonce apostolique à Bagdad, fut un observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU et de l’UNESCO après avoir été évêque de Monaco de 1962 à 1972. Chef de troupe dans sa jeunesse, Mgr Rupp fut toute sa vie le protecteur du scoutisme. Il joua un rôle capital dans la reconnaissance des Dames de la Sainte Croix de Jérusalem. Avec l’aide de l’abbaye de Fontgombault, il appuya l’érection canonique de l’Institut de la Sainte Croix de Riaumont, reconnu par Rome en 1991 dépendant de la Commission Ecclesia Dei.
Le Père Sevin est mort dans la nuit du 19 au 20 juillet 1951 ; sa cause de béatification a été introduite à Rome en 1989. Les gnostiques œcuménistes de Vatican d’eux savent reconnaître les leurs…. Le Père Jeoffroid ou Mgr Delassus ne sont pas encore béatifiés, eux qui ont osé dénoncé la perversité du scoutisme prétendu catholique !


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MessageSujet: Re: Le chanoine Cornette   Ven 6 Oct - 17:42

Pour tous ceux qui ont été scouts ou qui s'intéressent de près au scoutisme, je recommande la lecture de ma brochure Scoutisme et Théosophie

11 euros franco. Me commander par message privé.
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MessageSujet: Re: Le chanoine Cornette   Ven 6 Oct - 20:18

Le Père Doncoeur est né à Nantes en 1880 dans la famille Doncoeur-Damiette, nom que le roi saint Louis avait donné au Doncoeur qui s’était emparé de Damiette en 1249. Il s’agit toujours de l’apostasie des grandes familles qui ont fait et défendu la France. Il ne fut pas scout dans sa jeunesse et entra chez les jésuites en 1898. Il fut aumônier militaire durant toute la Guerre. Très proche des Scouts de France, il en demeura indépendant et fonda, en 1924, les Cadets.

Intellectuel, le Père Doncoeur était estimé des personnalités de son époque tels que Claudel et André Gide (!) avec qui il entretenait une correspondance suivie. Il suivait avec le plus grand intérêt les travaux de son condisciple de noviciat et son ami, le Père Theillard de Chardin.

Fervent partisan d’une réforme liturgique de la Messe, il proposa un plan de réforme à l’Action Catholique. Le chanoine Cornette lui demandera de venir l’appliquer chez les Scouts de France. Le Père Doncoeur expérimentera chez les Routiers (Scouts aînés de 20 ans et plus) et chez les Scouts de France des initiatives de messes dialoguées, absolument interdites à l’époque. C’est durant les camps scouts que le Père Doncoeur célébrait des messes en plein air sur des autels portatifs sans demander de permission à l’évêque du lieu, et disposait ses scouts devant l’autel en leur faisant chanter des chants en français plutôt que le chant grégorien.

En 1943, à la demande des Cardinaux et Archevêques de France, le Père Pie Duployé o.p. (aumônier scout) et le Père Doncoeur s.j. créèrent le Centre de Pastorale Liturgique (C.P.L.), assistés par Dom Lambert Baudoin o.s.b., tristement célèbre puisqu’il milita toute sa vie, contre vents et marées, au changement radical de la liturgie romaine en vue d’un œcuménisme pratique envers toutes les religions, spécialement anglicane et orthodoxe. Au fil des ans, le CPL prendra toutes les initiatives de la Révolution liturgique pour aboutir à la Cène de Bugnini, en 1969.

Comme tous les révolutionnaires, les fondateurs du CPL se sentent dépassés par la machine infernale qu’ils ont lancée et qu’ils ne contrôlent plus. Voici les aveux significatifs du Père Duployé : « Nous constituons une pointe avancée dans le clergé français. Nous ne parlons pas la même langue que la plupart des curés et si la plus grande partie de l’épiscopat suit notre effort avec sympathie, nous ne devons pas nous dissimuler que cette sympathie, dont je ne mets pas en doute la sincérité, peut fort bien coïncider avec une ignorance presque complète des principes qui nous guident… Entre cette pointe avancée et le gros du clergé français, nous devons, selon une tactique qui a été très bien mise en valeur par le Père Doncoeur, veiller à ne pas se laisser créer d’intervalles… Les intervalles redoutés se produiront si nous ne procédons pas à une dispensation économique et pédagogique de la vérité découverte par nous…. Nous devons savoir nous taire et savoir attendre…. Depuis le début de notre effort, nous parlons d’adaptation et d’évolution liturgique. Je me demande parfois si nous ne sommes pas dupes de ces mots. Nous sommes sur une machine lancée à grande vitesse. Sommes-nous capables encore de la conduire ? Je vous avoue pour terminer ma lassitude et mes craintes. » P. Duployé Les Origines du CPL, éditions Salvator, 1968, p. 308.

Soit cet homme est fou, soit il se paye notre tête ! Car c’est quand même bien lui qui a lancé la machine sur l’autoroute vers l’enfer ! Il écrivait dans le numéro 49 de la Revue officielle des Scouts de France créée par le Père Sevin et destinée aux cadres : Le Chef : « Le rite de la Messe est celui d’un banquet où l’on sert du vin. La liturgie de la Messe, si elle veut être autre chose que la triste formalité à laquelle on l’a trop souvent réduite redeviendra érotique ou elle privera les hommes d’aujourd’hui des fruits qui lui viennent par la grâce de son institution… » Quand on écrit de tels blasphèmes sur la Messe, il ne faut pas venir pleurer ensuite sur les désastres constatés !

Voilà la « belle œuvre » à laquelle ont participé les Pères Sevin, Doncoeur et le chanoine Cornette : rendre la messe érotique ! Effectivement, nous avons pu voir, dans les années 1980, des femmes aux seins nus lire l’épitre devant un Wojtyla souriant. Je ne sais pas si les boys-scouts ensoutanés avaient rêvé autant de succès pour leurs principes….

Le Père Sevin avait Chamarande pour transmettre son scoutisme aux jeunes générations, le Père Doncoeur avait Troussures, dans l’Oise, pour former ses Cadets. Il y fit venir tous ses amis : les Pères Theillard de Chardin, de Lubac, Daniélou, Chenu, Fessard et bien d’autres. Bref, toutes les grandes figures de la nouvelle théologie de vatican d’eux se retrouvent chez Doncoeur à Troussures. Il est mort dans sa Maison, le 21 avril 1961. Sa cause de béatification n’est pas encore introduite à Rome.

Ce rapide panorama des trois personnages les plus importants à l’origine des Scouts en France suffirait à nous dégoûter de ce mouvement tant vanté par des ecclésiastiques ignorants et des laïcs en mal de nouveautés et de changements. La doctrine et les relations de ces trois prêtres nous montrent clairement qu’ils sont libéraux pour le Père Sevin et Cornette, et complètement moderniste en ce qui concerne le Père Doncoeur.

De mauvais arbres, on ne peut attendre de bons fruits. C’est impossible. Le scoutisme catholique, en France, fut le fer de lance de la Révolution liturgique, tout en maintenant un certain sens des traditions militaires et hum aines : par rapport aux jeunes de l’Action Catholique, ils représentaient la Révolution à petite vitesse, la Révolution bourgeoise en gants blancs…. Plus subtilement et plus profondément, les Scouts sont les représentants de la mystique révolutionnaire humanitaire, alors que l’Action Catholique unie aux marxistes représentait l’action révolutionnaire politique. Cette mystique humanitaire qui unie toutes les religions et tous les hommes dans une fraternité transcendantale (la Fraternité Scoute Internationale, telle qu’elle était pratiquement vécue dans tous les Jamboree ) venait de la théosophie que fréquentait assidûment Baden-Powell.
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MessageSujet: Re: Le chanoine Cornette   Ven 27 Oct - 1:12

La propagande mondialiste , pacifiste et œcuménique était développée dès les années 1920 par Lord Baden Powel dans ses discours de clôture des Jamboree. On parle beaucoup de la « fraternité scoute ». De quelle fraternité s’agit-il ? Est-ce la fraternité chrétienne, fondée sur la foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ ? Ou est-ce une fraternité purement humaine ?

Un élément d’explication nous est donné par « Mic », éditorialiste de la « Gazette de l’Orme Rond » . Il témoigne à propos du « Jamboree mondial de la Paix » à Moisson, en août 1947 : « Je puis personnellement témoigner de la chaleureuse ambiance de fraternité qui régnait en ce lendemain de la plus terrible des guerres mondiales. Il contribua sans aucun doute à préserver l’espèce de paix qui règne depuis lors...Moisson est aussi un témoignage de la solidarité entre français de toutes origines, professions, confessions. »

Le « Mic » en question note bien que la fraternité chaleureuse du « jam » réunit toutes les confessions. Sur quel fondement la fraternité scoute repose-t-elle ? La personne qualifiée pour répondre à cette question est le père fondateur du scoutisme, le « World Chief », le chef mondial de tous les scouts de la planète : Lord Baden Powell , dit BP.

BP avait la coutume d’adresser un discours d’adieu à la fin de chaque « jamboree » (mot australien signifiant rassemblement). Ces discours donnent l’interprétation officielle et exacte de ces rassemblement. « Frères scouts, le choix que je vous demande est immense. Entre les peuples du monde, il existe autant de différences de pensées et de sentiments qu’il y en a de langage et de races. La guerre nous a appris que si une nation cherche à imposer sa volonté sur les autres, il s’ensuit de dures conséquences. Mais le jamboree nous a appris que si nous vivons dans une entr’aide mutuelle, alors c’est la sympathie entre tous et l’harmonie dans le monde. Frères scouts, répondez-moi, voulez-vous vous unir dans cet effort ? » C’est par un oui enthousiaste que l’appel de BP fut accueilli.


Lors du Jamboree de Birkenhead, en Angleterre, 1929, le 4 Août, à 11H00, le service protestant réunissait 30.000 Eclaireurs en présence de « l’archevêque » de Canterbury (simple laïc dont l’ordination est invalide), tandis que la messe était célébrée devant 20.000 scouts catholiques en présence de l’archevêque de Westminster. Cela n’empêchait pas des scouts d’autres confessions ou mêmes « neutres » de participer au Jam.

C’est à tous ces garçons que BP fit distribuer une flèche d’or, symbole de bonne volonté, et leur adressa ce discours : « Maintenant, je vous envoie en mission dans vos pays apporter à tous vos frères le signe de la paix et de la bonne volonté. A partir de maintenant, le symbole de la paix et de la bonne volonté est une flèche d’or. Continuez de la transmettre pour que tout le monde connaisse LA FRATERNITE. »

Le dernier discours de BP, peu de temps avant sa mort, au Jamboree de Vogelenzang, en août 1937, nous reste un peu comme son testament : « On nous a appelé une croisade des Jeunes, la croisade de la Paix, c’est très bien nommer la fraternité scoute...J’ai donné aux représentants de tous les pays un bâton de Saint Jacques pour qu’ils le rapportent chez eux comme un témoignage de bonne volonté. Et maintenant, il faut que je vous dise « au revoir ».

Je vous souhaite une vie heureuse; vous savez que beaucoup d’entre nous ne se reverront plus dans ce monde. Je suis dans ma 81e année et j’approche de la fin de ma vie...
Mon message vous dit de répandre l’amitié et la fraternité dans le monde. Au revoir et que Dieu vous bénisse tous ! »

Aucune mention n’est faite de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de la foi que nous devons avoir nécessairement en lui pour être sauvés. Nulle mention de l’appartenance à l’Eglise catholique pour être frère de Jésus-Christ et fils de Dieu, et pour cause !

Cet œcuménisme scout qui veut réunir tous les scouts du monde dans une fraternité qui écarte la différence des croyances et des religions est typiquement maçonnique.
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Le chanoine Cornette
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